Language

Pour les mélomanes

Un peu de musique hors du Temps
la route...

dimanche 15 mai 2011

Le Tao c'est simple... Mode d'emploi.

Bonjour à toutes et tous,

Contrairement à nombre de religions basées sur des dogmes, des livres ou des traditions, suivre le Tao est théoriquement fort simple. Aucun rite, aucune loi, pas de préjugé, rien, juste l'écoute intérieure. Ainsi, pour reprendre la célèbre phrase de Lao Tseu, "celui qui sait ne parle pas", en effet, il écoute la très faible voix de l'Univers. Celle-ci lui dit en permanence l'attitude à prendre vis à vis de son environnement. Ainsi, aucun savoir n'est nécessaire, ce qui fait dire à Lao Tseu qu'il va comme le nouveau né, sans jamais savoir d'avance ce qu'il fera.
Tao dans le dessin animé les cités d'or.
Mes paroles sont très faciles à comprendre, très faciles à pratiquer. (Lao Tseu)
Oliver

samedi 14 mai 2011

Comment être à l'écoute de l'Univers (du Tao) ?

Pour entendre et comprendre les intentions de l'Univers, il suffit de faire le vide dans ses pensées, faire le silence, c'est à dire stopper le bruit que fait notre mental. Lorsqu'on parvient à ce silence, si l'Esprit de l'Univers se manifeste, il suffit de le satisfaire pour revenir au silence, et ainsi de suite. Le silence recherché est, pour ceux qui connaissent, celui de la méditation.
 Bonne écoute intérieure,

Oliver

vendredi 13 mai 2011

Comment le Tao communique-t-il ?

Comment expliquer que l'être vivant (l'homme) reçoive des informations en provenance de son environnement, c'est à dire de la nature, du Tao, de l'Univers ? La encore, les choses sont simples. L'environnement dans lequel on évolue est plus ou moins équilibré et donc plus ou moins déséquilibré. Les déséquilibres sont autant de manifestations énergétiques potentielles. Nos sens reçoivent ces informations. Si nous sommes nous mêmes déséquilibrés, mental en activité (pensant à des choses aussi bêtes que le repas du soir par exemple), ou corps en souffrance (fièvre, lombago...) il sera difficile de percevoir ces informations.


Mais si le corps et la tête sont détendus, si notre pensée est vide. Les informations concernant les déséquilibres externes vont remonter jusqu'à notre cerveau, et ce à travers les mêmes canaux que ceux qui forment habituellement notre pensée. L'Esprit nous parle... (rien de fantastique donc, ni de surnaturel, mais personnellement je préfère !). Je vous laisse faire l'expérience de cette intuition, de cet instinct, mais sachez que dans un milieux dangereux, comme la circulation urbaine, les informations sont très présentes. En revanche, dans la nature, le cerveau peut être au repos à un niveau voisin de celui de la méditation.

Que l'Esprit soit avec vous (il ne peut pas être contre vous, c'est son côté divin),

Oliver

jeudi 12 mai 2011

L'ego

Comment se fait-il que très peu de gens perçoivent le Tao ?
L'homme de par son existence autonome ne ressent plus de lien avec son environnement qu'il considère plutôt comme hostile. Dès lors, il agit plutôt en solitaire et surtout pour lui-même, éventuellement pour sa famille, rarement pour les autres et presque jamais gratuitement. Ainsi l'homme moyen est égocentrique. Or, pour percevoir le Tao, il faut prendre le point de vue de l'Univers, et non celui de sa petite personne. Il s'agit donc de faire une croix sur son ego.
Et vous pouvez me croire, toute pensée égoïste (une pensée - si vous essayez de ne plus penser, vous vous en rendrez compte - est presque toujours égoïste) vous éloigne irrémédiablement du Tao. C'est ainsi que personne ou presque ne capte le Tao !

Oliver

mercredi 11 mai 2011

Le rôle du vide.

On doit comprendre le principe actif du Tao par le biais du vide. On peut concevoir le rien, le vide, par l'absence de matière et l'absence d'énergie (ce qui met en mouvement). En réalité, même dans le cosmos, le vide contient un peu de matière et un peu d'énergie, et bien sur, le "vide" sur Terre contient de la matière (des atomes d'oxygène par exemple) et de l'énergie (agitation thermique notamment). Il n'en reste pas moins qu'entre chaque atome de matière, il y a du "vide" où circule de l'énergie. Ainsi, notre corps baigne dans le "vide". Entre deux atomes, le vide est un lieu où l'énergie est plus basse, comme au fond d'une vallée (image chère à Lao Tseu). Et l'énergie est comme l'eau, elle s'écoule naturellement vers les lieux moins énergétiques. Inlassablement, le vide lisse l'énergie réduisant ainsi les déséquilibres. Dans le corps humain, il explique le pouvoir thérapeutique du repos, la tendance naturelle à la cicatrisation, l'existence de méridiens (rivières énergétiques) dont il convient d'harmoniser le débit.

Aussi, le vide est-il le siège de nombreux flux énergétiques. Si l'on sait y être attentif, on est un peu le spectateur de la vie de l'Univers. Suivre et faire confiance en cette énergie (Qi) c'est vivre le Tao.

Amicalement,

Oliver

mardi 10 mai 2011

La cosmologie taoïste


La cosmologie Taoïste est assez simple (dans son principe). Elle part du vide (l'état primordial) qui contient les germes de l'existence (YANG) et de la non existence (YIN). De la première différentiation nait le souffle (l'énergie), puis la formation du Tai Chi, interaction Yin Yang énergétique. Ensuite sont constitués les cinq éléments (eau, terre, feu, bois, métal), et bien sûr, toutes les choses de l'existence. 
Sur ce deuxième schéma, on observe un parallèle avec les connaissances scientifiques actuelles.
Je pense que l'on peut aller plus loin.

A tout de suite,

Oliver

dimanche 8 mai 2011

Etre non être, matière anti-matière.

A bien y regarder, les (le) principes Taoïstes sont assez proches des connaissances scientifiques actuelles.
Je ne me soucierai pas des questions de l'origine de l'Univers. Les scientifiques savent en effet que la notion du temps est une notion complexe dont il est difficile de discerner la réalité physique. Ce, même si c'est une variable (introduite par Galilée) bien commode pour faire des calculs. Je suis un peu comme les bouddhistes pour qui le présent est le seul temps qui existe, c'est du reste le temps de la manifestation du Tao, et ainsi, l'origine solide c'est le présent et non un hypothétique big-bang. Aussi, une cosmologie n'est pas à mon sens une genèse, mais un modèle permettant de comprendre comment s'organisent les briques de l'Univers. Or dans cet Univers, nous pouvons réduire ce que nous observons à 3 entités : la matière (existence), l'énergie (mouvement), et le vide (espace). Si le vide peut se concevoir comme du Yin et du Yang à un niveau zéro ou faible, et si l'énergie par exemple électromagnétique peut parfaitement être considérée comme Yin / Yang, qu'en est-il de la matière ? Les scientifiques ont dénombré toute une collection de particules élémentaires descendant jusqu'aux quarks. A l'intérieur, c'est l'inconnue, et vous connaissez sans doute la célèbre théorie des cordes pour tenter ce genre d'explication. Ce qui me surprend, c'est que si peu de scientifiques aient exploré la piste de l'anti-matière découverte par Fermi Dirac.
De quoi s'agit-il ? Dirac a établi une équation pour l'électron (et qui fonctionne pour quelques autres particules). Cette équation a une solution positive qui décrit bien le comportement de l'électron. Mais il se trouve qu'il y a aussi une solution négative pour une particule entièrement symétrique (tourne à l'envers, charge opposée...) d'énergie négative (masse négative!). Actuellement, on n'a pas observé de telle particule. L'antimatière que l'on observe est bien symétrique, mais d'énergie positive. Or comment obtient-t-on cette pseudo anti-matière ? En heurtant violemment de la matière par une particule hautement énergétique. Autrement-dit, cette pseudo anti-matière sort de la matière. Dès lors, ne peut-on pas imaginer que la solution de Dirac d'énergie négative (et donc au delà du vide (E=0)) se trouve simplement à l'intérieure de la matière. Ainsi, chaque particule serait fondée sur son antiparticule (la vraie d'énergie négative). L'ensemble formant une association Yin/Yang équilibrée dans le vide car d'énergie totale 0, expliquant par la même occasion l'incroyable stabilité de presque tous les atomes.
Ainsi, l'Univers reposerait entièrement sur un principe Taoïste Yin/Yang. Ou il apparaît que tout est semblable au vide (E=0), même les mouvements énergétiques apparents, car rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, les manifestations étant donc plus ou moins cycliques et donc de bilan énergétique nul. Ce que nous observons serait du vide sous diverses formes.         

Le Mystère...

Le principe Taoïste est la forme la plus aboutie de ce qu’ait découvert la conscience humaine (ce propos est le mien et n'engage bien sur que moi, et attention, il ne veut pas dire que d'autres formulations soient fondamentalement différentes). J'ai envie d'ajouter, comment je sais cela ? Comme ça...
L'homme ou la femme qui découvre l'étendue des implications de ce principe est tenté de le faire sien et peut croire en la limpidité du monde dans lequel il vit.
Ce sont là deux erreurs.

On ne peut s'approprier le Tao, car on ne peut d'aucune manière avoir une emprise sur le vide.
Aussi efficace, soit la compréhension du Tao, cela ne change en rien la face du Monde.
Enfin les raisons qui ont conduit le Tao à se manifester restent et resteront sans doute inconnues. Qu'est-ce qui donne au vide toutes ses vertus ? Tout cela reste un mystère. Et Lao Tseu a raison d'insister sur cet aspect, car de plus, le Tao poussant l'Univers, à évoluer sans cesse, à toujours changer de forme, aucune forme, aucun nom, ne peut définir le Tao.
Pour ma part, je reste "philosophe", en me disant ceci :
Statistiquement (un taoïste qui fait des statistiques c'est un peu curieux, je vous l'accorde), il n'y a pas plus de raisons que le monde existe, plutôt qu'il n'existe pas. Sauf si la non existence fait partie de l'existence.
Ce serait possible avec l'anti-matière décrite plus  haut. Mais qu'y a-t-il alors au delà du vide ? Le mystère reste entier, continuera à nous faire douter, et c'est heureux.

Oliver

samedi 7 mai 2011

Les robots

Peut-être vous êtes-vous posé la question : pourquoi des robots sur cette page ?

Alors voilà, un jour mon instructeur en Qi Gong m'a dit que l'homme ne voyait pas la vie de l'Univers, parce que la vie est un trésor, sans doute le plus précieux de tous. Et comme tous les trésors, il cherche à se l'approprier. Aussi, pas question de reconnaître qu'il y ait un principe de vie partout à l'oeuvre. Cela m'a considérablement ouvert l'esprit, et un jour, je me suis demandé quelle était la différence entre l'homme et le robot. Et ma conclusion est la suivante. L'homme, comme le robot disposent d'une structure capable de mouvement, de réflexion et même d'intelligence. Seulement il y a une différence essentielle : l'homme est le fruit de la patiente évolution de l'Univers, et à ce titre, il y est totalement connecté, chaque atome, chaque cellule de son corps est en contact avec le vide où des échanges d'énergie s'opèrent en permanence autorisant entre autre l'intuition. Le robot lui aussi baigne dans le vide, mais sa structure créée par l'homme n'autorise pas (en tous cas pas pour les robots actuels) d'échanges énergétiques entre ses organes vitaux et son environnement (sauf lorsqu'il revient à sa borne pour une recharge électrique). Il est donc totalement démuni d'instinct, d'intuition. Un robot ne pourrait pas suivre le Tao.

Mes petits robots font de la méditation... Je crois qu'on peut dire que le jour ou un robot sera capable de méditer, ce jour là, le robot aura quelque chose, peut-être pas d'humain, ni d'animal, mais au moins de vivant.

Oliver

vendredi 6 mai 2011

Le couteau du boucher

Bonjour, voici une petite histoire de Tchouang Tseu (pour faire plaisir à Alex)
Le boucher du prince Hoei de Leang dépeçait un bœuf. Sans effort, méthodiquement, comme en mesure, son couteau détachait la peau, tranchait les chairs, disjoignait les articulations.



— Vous êtes vraiment habile, lui dit le prince, qui le regardait faire.
— Tout mon art, répondit le boucher, consiste à n’envisager que le principe du découpage. Quand je débutai, je pensais au bœuf. Après trois ans d’exercice, je commençai à oublier l’objet. Maintenant quand je découpe, je n’ai plus en esprit que le principe. Mes sens n’agissent plus ; seule ma volonté est active. Suivant les lignes naturelles du bœuf, mon couteau pénètre et divise, tranchant les chairs molles, contournant les os, faisant sa besogne comme naturellement et sans effort. Et cela, sans s’user, parce qu’il ne s’attaque pas aux parties dures. Un débutant use un couteau par mois. Un boucher médiocre, use un couteau par an. Le même couteau me sert depuis dix‑neuf ans. Il a dépecé plusieurs milliers de bœufs, sans éprouver aucune usure. Parce que je ne le fais passer, que là où il peut passer.
— Merci, dit le prince Hoei au boucher ; vous venez de m’enseigner comment on fait durer la vie, en ne la faisant servir qu’à ce qui ne l’use pas.
Cette histoire nous enseigne avec simplicité que la vie est un parcours dont il est possible d'éviter les obstacles. Si nous allons dans le sens du Tao, nous sommes portés par l'énergie. Si l'on n'en fait qu'à sa tête, la dépense énergétique nous use inexorablement. Tel est le "secret" de longue vie.
Oliver

jeudi 5 mai 2011

Immortalité

Lao Tseu dit de l'Empire (l'Univers) : C'est toujours par le non-agir que l'on devient le maître de l'empire.
Autrement dit, en imitant le vide qui accomplit par non agir, on devient l'égal du vide, et l'on découvre ses "pouvoirs" sur l'Univers. Dès lors, il s'opère une fusion avec l'Univers. 
C'est en réalité une prise de conscience qui coïncide avec la mort de l'ego. L'ego étant mort, vous n'existez plus, vous incarnez le non désir et le non agir, vous êtes mort en tant qu'individu, mais toujours vivant, un bras de l'Univers, un bras du vide. Ce faisant, vous êtes devenu immortel tout comme l'Univers.
Remarque : L'Univers ne peut absolument pas faire disparaître quoique ce soit, puisque rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme (confère Anaxagore le Grec et Lavoisier). 


Amicalement,
Oliver

Le non désir

Plus de quinze messages postés, et je m’aperçoit que je n'ai toujours pas parlé du désir !
Or dès le premier chapitre, Lao Tseu parle d'une dualité taoteking-chapitre1. Si le Tao, par le biais du vide, se manifeste essentiellement comme une force de rappel (à la source qu'est le vide), il doit bien exister une autre force qui pousse l'Univers à se mettre en mouvement. Ces forces physiques existent, notamment, l'électromagnétisme (dont une forme est la lumière). De cet antagonisme naît le mouvement (souffle) puis toutes les choses de l'Univers (en physique quantique, on arrive à ces conclusions à propos du vide, d'où peuvent émerger particule et antiparticule).

A l'autre bout de la création, on trouve l'homme. Celui-ci peut bien évidemment suivre le Tao et ainsi revenir à la source, mais c'est très rare !  La plus-part du temps, il suit ses passions (l'autre force, plus attrayante, plus lumineuse), il est plein de désirs. Désirs matériels, professionnels, de pouvoir, intellectuels (savoir),  et parfois même spirituels (fausse spiritualité), et bien sûr le plus fort de tous, désir sexuel. Tous ces désirs, si on regarde de près poussent l'homme à la vie, mais ils le poussent surtout aux bêtises. A l'inverse l'homme qui parvient à modérer ses désirs au maximum, jusqu'à ne plus s'attacher à rien (pas même à ses proches), rejoint petit à petit le Tao, ne désirant plus rien, il n'a pas d'autre raison d'agir que ce que lui suggère le Tao, il pratique donc aussi le non agir (dont il faut que je parle également).
Cette technique (réduire ses désirs) est très puissante. C'est elle qui m'a permis de percevoir le Tao. Je trouve remarquable que le Tao Te King soit ainsi un "mode d'emploi" pour rejoindre l'absolu...
Lorsque l'on pratique le non désir, on prend conscience que toute pensée construite relève du désir. On apprend alors à penser au minimum. Ceci permet d'approcher le non savoir, c'est à dire le savoir intuitif en provenance du Tao. Dès lors, ne désirant plus rien, n'étant plus rien, on est prêt à recevoir le cadeau du vide, le Tao se donne à vous.


Vous vivez dans l'illusion et l'apparence des choses. Il y a une réalité mais vous ne la reconnaissez pas. Quand vous la réalisez, vous voyez que vous n'êtes rien. Et n'étant rien, vous êtes tout. Voilà.
Kalou Rinpoché

Non agir

Après le non désir, quoi de plus naturel que d'aborder le non agir. En fait, le principe est le même que pour les désirs. Le pratiquant du non désir abandonne ses désirs propres, pour embrasser ceux de l'Univers. Il écoute ces volontés par le biais de l'Esprit dont on a déjà évoqué le fonctionnement (rééquilibrage permanent des énergies dans l'environnement et dans le corps puis dans le cerveau de l'homme induisant des informations sur l'état local, et indique comment équilibrer l'entourage).
De la même manière le pratiquant du non agir, n'agit plus pour lui même ni par lui même. Toujours à l'écoute de l'Esprit (qui n'ordonne pas mais suggère), le Saint Homme agit sans agir. Il ne fait rien d'autre qu'aider le Tao à revenir à l'équilibre. Mais attention, cela peut passer par une vie apparemment trépidante et  très active. En cas de guère, de conflit, de situations dangereuses, l'Esprit suggère une solution qu'il est impossible de prédire sans contexte) et souvent, cette solution est décisive, donnant l'impression d'un grand charisme, d'un grand courage. Mais en fait le Saint Homme n'a rien fait par lui-même.
Essayez, c'est magique.

Oliver

mercredi 4 mai 2011

Le concours des peintres

Voici une histoire qui a marqué mon adolescence. C'est à la radio que je l'entendis à 15 ans, et bien sûr j'en ai oublié la source. Depuis, je l'ai retenue, mais je ne l'ai jamais retrouvée. Si quelque lecteur de ce blog en connait l'auteur ou la provenance, pitié, laissez ces précieuses informations en commentaire.
A l'époque, j'écoutais l'émission "Mystères" de Jacques Pradel, et celle-ci portait sur les mystères de la Chine ancienne.

En ce temps là régnait sur la Chine un Empereur dont l'ambition allait grandissante. Ses armées faisaient sans cesse de nouvelles conquêtes, les hommes rentraient épuisés, mais ils devaient sur le champ repartir et explorer au delà des nouvelles frontières. La notoriété de l'Empereur s'étendait à toutes les provinces, pourtant, il n'avait de cesse de faire ériger de nouvelles statues et de faire frapper de nouvelles monnaies à  son effigie. Mais cet empereur mégalomane vivait dans un palais dont les plans dataient d'une époque qu'il jugeait révolue. Ce palais n'était décidément pas à son image. Aussi, il décida de construire un nouveau Palais sur le plus beau et le plus vaste cite de la capitale. Il s'agissait d'une colline sur laquelle on pourrait voir l'auguste demeure sur des lieues à la ronde. Il fit venir pour cela les meilleurs ouvriers et artisans de l'Empire. Ces hommes étaient tellement habiles que les travaux avancèrent bon train. Cependant, l'Empereur était aussi un homme mondain, et il organisait souvent de fastueuses réceptions. Aussi, son Palais se devait-il d'offrir en son centre le plus beau des joyaux : une salle de réception qui soit la plus vaste de l'Empire, mais qui soit aussi la plus belle. N'étant pas satisfait des artistes peintres qu'on lui avait recommandé, il imagina de lancer pour tout le vaste empire un concours qui réserverait au meilleur peintre la gouvernance d'une province. Mais les artistes qui craignaient la toute puissance de l'Empereur, ne furent pas nombreux à se présenter. Seul le grand, le très grand peintre de l'empire accepta de relever le défi. L'empereur rentra alors dans une colère furieuse. Et ses conseillers ne savaient plus que faire. C'est alors qu'un moine osa dire qu'il avait entendu parler d'un peintre d'une qualité exceptionnelle, mais qu'il doutait qu'il soit intéressé. Celui-ci peignait ses œuvres dans diverses monastères de sa province. Une missive lui fut envoyée, mais son refus ne tarda pas à parvenir à l'Empereur. Aussi, ce dernier décida d'envoyer le moine en personne pour convaincre le jeune peintre de venir au Palais. On ne sait pas la teneur de leurs échanges, mais toujours est-il que le peintre accepta. Le style du jeune peintre tranchait avec celui du vieux peintre classique.


L' Empereur déclara ouvert le concours à l'occasion d'une grande cérémonie. Il leur montra la vaste salle, et leur expliqua que chacun devrait peindre un mur. Le classique le mur ouest, et le jeune le mur est. Pour ne pas que les peintre se copient, une tenture avait été dressée de part et d'autre au centre de la pièce. La règle était simple, le premier qui terminait son œuvre sonnait la fin du concours. Les peintres se mirent au travail, ils avaient le droit de se faire assister de quelques ouvriers. Le peintre classique ne s'en priva pas, le jeune travailla seul. Les peintres étaient réguliers, sur le chantier dès les premiers rayons du soleil. Au bout de trois mois, le peintre classique déclara avoir fini son œuvre. On demanda au jeune, s'il comptait respecter la règle et dévoiler son œuvre même inachevée. Celui-ci déclara que son œuvre était également achevée.
Le lendemain, la cérémonie d'inauguration eu lieu, l'Empereur arriva avec toute sa suite... La coutume de l'ancienneté fut respectée, et l'on commença à admirer l’œuvre du peintre classique. Et l'empereur fut forcé de constater que le spectacle qu'il avait sous les yeux était grandiose. Le peintre avait reproduit une scène de chasse dans un décors à la nature luxuriante d'une incroyable réalité. Le souci du détail était tel que l'on aurait cru pouvoir toucher les oiseaux, les arbres, les plantes. Subjugué par tant de beauté, l'Empereur déclara : Cher Maître, votre œuvre est incomparable, je ne sais ce qu'à réalisé votre adversaire, mais je peux d’ors et déjà vous dire que vous avez gagné la province du Shanxi, je vais demander que l'on fasse le nécessaire. Fort satisfait, le vieux peintre remercia l'Empereur dans de multiples courbettes. Puis vint le moment de regarder l’œuvre du perdant, et de faire tomber la tenture. C'est alors que la stupéfaction put se lire sur tous les visages. Car ce qu'ils avaient sous les yeux leur paru inconcevable. L’œuvre ressemblait étonnamment à celle du vieux peintre, mais dans le même temps, elle était d'une transcendance irréelle. Ce n'était plus la nature qui était figurée, mais l'ensemble des convives de l’inauguration étaient tout bonnement plongés dans la nature. Ainsi, le jeune peintre avait réussi à recréer la nature au sein du palais. Mais comment est-ce possible demanda l'empereur ? J'ai passé les trois mois du concours à polir le mur, c'est maintenant un miroir dit sobrement le jeune peintre. Loin d'être déçu, l'Empereur dit au jeune peintre, "vous me voyez confus, car je ne puis désormais vous offrir la province du Shanxi. En revanche, votre œuvre est tellement merveilleuse et ce sera à coup sûr le clou de ce Palais, que je me doit de vous offrir une province, je vous offre celle de votre choix". Le jeune peintre fit simplement cette réponse. "Votre majesté, toutes vos provinces ne valent pas mon royaume." Puis il disparu dans son œuvre, sans que personne ne puisse comprendre cette magie.

La légende raconte que le peintre est toujours vivant de nos jours dans un monastère, toujours aussi jeune.

Oliver   

mardi 3 mai 2011

Le Temps

Qu'est-ce que le temps ?
Le temps fait partie de ces notions indéfinissables, comme l'énergie, le vide , l'espace. Et pourtant, il est tellement facile à mesurer, à quantifier !
En physique, par exemple, si on ne sait pas bien le définir, on sait très bien à quoi il sert. C'est une variable que l'on reporte sur l'un des axes d'un repère. Il est donc comparable aux axes de coordonnées d'espace, au final, on parle d'espace-temps (ce qui n'en dit pas beaucoup plus) mais permet de décrire à partir d'équations, puis de prédire ce qui se passe dans ce repère.
Le temps biologique est celui de l'homme, on a coutume de dire qu'il passe moins vite pour les enfants, moyennement vite pour les adultes et qu'il s'accélère pour les personnes âgées.
Quelle est la réalité ?
Lorsque vous vous déplacez d'un point A à un point B, de Montpellier à Monaco par exemple, il y a 350 km par la route. Pourtant à vol d'oiseau, il n'y a que 320 km. Si vous passez par les villes et les villages de la côte cela fera près de 400 km. Imaginez que vous décidiez de faire le trajet par la plage, en contournant bien chaque galet, chaque grain de sable, la distance devient énorme. Aussi, contrairement à ce que l'on croit, on ne sait jamais quelle distance exacte on a parcouru. On a souvent au mieux un ordre de grandeur.
Pour le temps, c'es exactement pareil. On a une référence régulière comme le soleil qui passe trois fois dans le ciel, ce qui donne trois jours. Mais vous pouvez avoir passé ce temps à dormir dans une chambre d'hôpital, ou avoir fait la fête avec vos amis étudiants, rencontré une belle fille et être tombé amoureux. Il est normal que la perception ne soit pas la même !
Pour être plus précis, le passé, comme le futur n'ont pas de réalité. Le passé s'est enfui, il est impossible d'y revenir, c'est juste un souvenir, parfois un regret. Le futur peut s'envisager, notre mental est très fort à ce jeu, mais la réalité est systématiquement autre, même si parfois proche. En revanche, le présent (ici et maintenant) est LA réalité. Le fait de frapper les touches de ce clavier ne peut être soustrait à la réalité. Aussi, celui qui sait limiter l'action de son mental au seul présent vit de façon intensive.
En méditation (Da Mo), on dit (sutra) : le présent est le seul temps qui existe.

Oliver

lundi 2 mai 2011

L'homme transcendant

Voici maintenant une histoire attribuée à Lie Tseu. Elle est un peu longue, mais j'ai un faible pour celle-ci tant elle montre les effets incroyables de celui qui se laisse conduire par son instinct universel.
La conclusion de Confucius est à se tordre de rire !  
Un membre au clan Fan, nommé Tzeuhoa, très avide de popularité, s’était attaché tout le peuple de la principauté Tsinn. Le prince de Tsinn en avait fait son favori, et l’écoutait plus volontiers que ses ministres, distribuant à son instigation les honneurs et les blâmes. Aussi les quémandeurs faisaient­-ils queue à la porte de Tzeuhoa, lequel s’amusait à leur faire faire devant lui assaut d’esprit, à les faire même se battre, sans s’émouvoir aucunement des accidents qui arrivaient dans ces joutes. Les mœurs publiques de la prin­cipauté Tsinn pâtirent de ces excès.

Un jour Hocheng et Tzeupai, qui revenaient de visiter la famille Fan, passèrent la nuit, à une étape de la vil­le, dans une auberge tenue par un certain Chang‑K’iou‑k’ai (taoïste). Ils s’entretinrent de ce qu’ils venaient de voir. Ce Tzeuhoa, dirent‑ils, est tout-­puissant ; il sauve et perd qui il veut ; il enrichit ou ruine à son gré.
Chang‑K’iou‑k’ai que la faim et le froid empêchaient de dormir, entendit cette con­versation par l’imposte. Le lendemain, emportant quelques provisions, il alla en ville, et se présenta à la porte de Tzeuhoa. Or ceux qui assiégeaient cet­te porte, étaient tous personnes de condition, richement habillés et venus en équipages, prétentieux et arrogants. Quand ils virent ce vieillard caduc, au visage halé, mal vêtu et mal coiffé, tous le regardèrent de haut, puis le mé­prisèrent, enfin se jouèrent de lui de toute manière. Quoi qu’ils dissent, Chang‑K’iou‑k’ai resta impassible, se prêtant à leur jeu en souriant.
Sur ces entrefaites, Tzeuhoa ayant conduit toute la bande sur une haute terras­se, dit :
— Cent onces d’or sont promises à qui sautera en bas !
Les rieurs de tout à l’heure eurent peur. Chang‑K’iou‑k’ai sauta aussitôt, descendit dou­cement comme un oiseau qui plane, et se posa à terre sans se casser aucun os.
— C’est là un effet du hasard, dit la bande.
Ensuite Tzeuhoa les con­duisit tous au bord du Fleuve, à un coude qui produisait un profond tourbil­lon.
— A cet endroit, dit‑il, tout au fond, est une perle rare ; qui l’aura retirée, pourra la garder !
Chang‑K’iou‑k’ai plongea aussitôt, et rapporta la perle rare du fond du gouffre. Alors la bande commença à se douter qu’elle avait affaire à un être extraordinaire.
Tzeuhoa le fit habiller, et l’on s’attabla. Soudain un incendie éclata dans un magasin de la famille Fan.
— Je donne, dit Tzeuhoa, à celui qui entrera dans ce brasier, tout ce qu’il en aura retiré !
Sans changer de visage, Chang‑K’iou‑k’ai entra aussitôt dans le feu, et en ressortit, sans être ni brûlé ni même roussi.
 Convaincue enfin que cet homme possédait des dons transcendants, la bande, lui fit des excuses.
— Nous ne savions pas, dirent‑ils ; voilà pourquoi nous vous avons manqué. Vous n’y avez pas fait attention, pas plus qu’un sourd ou qu’un aveugle, confirmant par ce stoïcisme votre transcendance. Veuillez nous faire part de votre formu­le !
— Je n’ai pas de formule, dit Chang‑K’iou‑k’ai. Je vais comme mon instinct naturel me pousse, sans savoir ni pourquoi ni comment. Je suis ve­nu ici pour voir, parce que deux de mes hôtes ont parlé de vous, la distance n’étant pas grande. J’ai cru parfaitement tout ce que vous m’avez dit, et ai voulu le faire, sans arrière‑pensée relative à ma personne. J’ai donc agi sous l’impulsion de mon instinct naturel complet et indivis. A qui agit ainsi, au­cun être ne s’oppose, (cette action étant dans le sens du mouvement cosmi­que). Si vous ne veniez de me le dire, je ne me serais jamais douté que vous vous êtes moqués de moi. Maintenant que je le sais, je suis quelque peu ému. Dans cet état, je n’oserais plus, comme auparavant, affronter l’eau et le feu, car je ne le ferais pas impunément.
Depuis cette leçon, les clients de la famille Fan n’insultèrent plus personne. Ils descendaient de leurs chars, pour saluer sur la route, même les mendiants et les vétérinaires.
Tsai‑no rapporta toute cette histoire à Confucius.
— Sans doute, dit celui‑ci. Ignorais‑tu que l’homme absolument simple, fléchit par cette simplicité tous les êtres, touche le ciel et la terre, propitie les mânes, si bien que rien absolument ne s’oppose à lui dans les six régions de l’espace, que rien ne lui est hostile, que le feu et l’eau ne le blessent pas ? Que si sa simplicité mal éclairée a protégé Chang‑K’iou‑k’ai, combien plus ma droiture avisée me protègera‑t­-elle moi. Retiens cela ! (Bout de l’oreille du chef d’école.)

Pour Lie Tseu, Oliver.

dimanche 1 mai 2011

La Vertu

Le grand thème de Lao Tseu, lié au Tao est la Vertu (le Te de Tao Te King). Il ne s'agit pas bien sûr de dresser une liste des petites et grandes vertus qui changent au fil des siècles. Non. Il s'agit de bien mieux que cela. Il s'agit d'une Vertu universelle. Une Vertu qui est le sens de l'Esprit. C'est cette Vertu qui garantit à l'Esprit d'être hors des atteintes du mal. Car voyez-vous le Tao est comme un fleuve qui coule. Ses flots ne peuvent remonter le courant. L'Esprit ne fait qu'indiquer (sous forme intelligible) le sens du courant. La Vertu, c'est être dans le sens de ce courant, et donc se conformer à l'Esprit.
Cela fait une différence importante comparé à certains courants dogmatiques. Car avec la Vertu, une même action, pourra être qualifiée de vertueuse dans certains cas, et de vil dans d'autres. Tout dépendant du contexte. Car c'est du contexte que vont dépendre les transferts énergétiques et donc le sens du Tao. Ainsi, circuler vite en voiture pourra être "bien" ou "mal". Faire l'amour avec une prostituée "bien" ou "mal"...

Pour conserver sa Vertu, le Saint Homme doit se débarrasser de son savoir personnel, et se fier totalement au savoir de l'Esprit, qui lui est omniscient. Avec comme corollaire (l'Esprit ne se manifestant que dans l'instant, ou à très court terme) que le Saint Homme ne sait jamais d'avance ce qu'il va faire...

Voyons comment Lao Tseu en parle au chapitre 8 :
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L'homme d'une vertu supérieure est comme l'eau.
L'eau excelle à faire du bien aux êtres et ne lutte point.
Elle habite les lieux que déteste la foule.
C'est pourquoi (le sage) approche du Tao.
Il se plaît dans la situation la plus humble.
Son cœur aime à être profond comme un abîme.
S'il fait des largesses, il excelle à montrer de l'humanité.
S'il parle, il excelle à pratiquer la vérité.
S'il gouverne, il excelle à procurer la paix.
S'il agit, il excelle à montrer sa capacité.
S'il se meut, il excelle à se conformer aux temps.
Il ne lutte contre personne ; c'est pourquoi il ne reçoit aucune marque de blâme.

Oliver

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