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Pour les mélomanes

Un peu de musique hors du Temps
la route...

dimanche 30 novembre 2014

Merci



Oui, un grand merci à l'inconnu(e) qui m'a offert ce livre (aux éditions Almora).

J'espère qu'il (elle) se reconnaîtra.

Ce livre est d'une pertinence rare : la pertinence de l'impertinence.

Merci donc pour ce présent.  Oliver 

samedi 29 novembre 2014

Le but ultime


Le Tao est une voie qui par la Vertu mène à l'éveil.
Le but ultime de l'éveil est la fusion avec le Tao.
L'être se trouve uni avec le tout, l'un.
Le disciple et l'univers ne font plus qu'un.
Ne faisant plus qu'un, il n'y a plus d'acte égotique.
Ne faisant plus qu'un, il n'y a plus de désir personnel.
Il ne reste que l'action du principe, du Tao qui agit nécessairement avec Vertu.

L'esprit du disciple est alors fixe.
Il est attentif aux mouvements du Tao.
Indifférent, il suit ses mouvements.
Le disciple s'est affranchi de tout attachement.
Il est donc libre, libéré, le Tao est une voie qui libère.
Le disciple parvient à l'immortalité
car son esprit a fusionné avec le principe.
L'esprit ne s'évade plus vers le passé ou le futur.
L'esprit reste vigilent au présent.
Instinctif, intuitif, il construit une vie simple mais pleine.


Le vide est plénitude.
Le rien, le non être devient tout.
L'instant devient grâce.
L'esprit est en paix. Libre de toute émotion.
Le bonheur est atteint.
Avec lui, l'envie de partager du Bodhisattva.



samedi 22 novembre 2014

Sagesse Orientale : en France opus 11



Tout ce que nous pensons et toutes les manières dont nous pensons ont leur origine en Asie. Il est donc intéressant de savoir ce que l'Asie pense encore et comment elle le fait [...].
[Les asiatiques] ont peur de manquer Dieu ou même que Dieu les manque. [...]

Gobineau XIXème siècle



Il est des vérités qu'il est nécessaire de dire et de redire avec insistance, si déplaisantes qu'elles soient pour beaucoup de gens : toutes les supériorités dont se targuent les Occidentaux sont purement imaginaires, à l'exception de la seule supériorité matérielle...
[...]
Le mot "ascèse" désigne proprement un effort méthodique pour atteindre un certain but, et plus particulièrement un but d'ordre spirituel, tandis que le mysticisme, en raison de son caractère passif, implique plutôt,[...] l'absence de toute méthode définie. Le détachement vis-à-vis de l'action, dont nous parlions à propos du "non-agir", est avant tout parfaite indifférence en ce qui concerne les résultats qu'on peut en obtenir, puisque ces résultats, quels qu'ils soient, n'affectent plus réellement l'être qui est parvenu au centre de la "roue cosmique".
[...]
Par contre, les Orientaux ont une tendance très marquée à se désintéresser des applications, et cela se comprend aisément, car quiconque s'attache essentiellement à la connaissance des principes universels ne peut prendre qu'un médiocre intérêt aux sciences spéciales, et peut tout au plus leur accorder une curiosité passagère, insuffisante en tout cas pour provoquer de nombreuses découvertes dans cet ordre d'idées.
[...]
Le bouddhisme n'est pas plus "athée" qu'il n'est "théiste" ou "panthéiste" ; ce qu'il faut dire simplement, c'est qu'il ne se place pas au point de vue par rapport auquel ces divers termes ont un sens ; mais, s'il ne s'y place pas, c'est précisément qu'il n'est point une religion.

Guénon XXème siècle



[Les ermites] passent la plus grande partie de leur temps à prier dans leur kutiar ; la prière n'est cependant pas toujours religieuse dans le sens chrétien du terme, mais plutôt un exercice spirituel de purification intérieure.
[...]
Un jour, j'ai tenté un swami en lui demandant s'il était nécessaire de s'initier à l'hindouisme pour connaître Dieu. Cette question l'a vivement étonné et il m'a répondu qu'aucune conversion n'était nécessaire, que si j'amais l'hindouisme je pouvais en accepter les idéaux, voilà tout. Il a néanmoins ajouté que si mon amour de l'hindouisme était sincère, cela prouvait une seule chose, à savoir que j'étais Indien dans ma précédente existence...
Ils disent "nous sommes tous Un" et, ce qui est important, ils ne cessent de mettre en pratique cette affirmation. Ils s'entraident, se dépersonnalisent devant leurs amis et pratiquent le seva (service).
[...]
Le yoga aussi bien que la samkhya professent le dualisme : d'une part la matière, et, de l'autre, l'esprit. Cependant, ce n'est pas le dualisme qui m'intéressait, c'est le fait que, dans la samkhya et le yoga, l'homme, l'univers et la vie ne sont pas illusoires. La vie est réelle, le monde est réel. Et l'on peut conquérir le monde, on peut maîtriser la vie. Qui plus est, dans le tantrisme par exemple, la vie humaine peut être transfigurée par des rituels, effectués à la suite d'une longue préparation yogique. Il s'agit d'une transmutation de l'activité physiologique, par exemple de l'activité sexuelle. Dans l'union rituelle, l'amour n'est plus un acte érotique ou un acte simplement sexuel, c'est une sorte de sacrement; exactement comme boire du vin, dans l'expérience tantrique, ce n'est pas boire une boisson alcoolisée, mais partager un sacrement...
[...]
Eh bien, en Inde, il m'est arrivé de vivre dans un village du Bengale, et j'ai vu des femmes et des jeunes filles qui touchaient et décoraient un lingam, un symbole phallique, plus exactement, un phallus de pierre anatomiquement très exact ; et, bien entendu, les femmes mariées, au moins, ne pouvaient ignorer sa nature, sa fonction physiologique. J'ai donc compris la possibilité de "voir" le symbole dans le lingam. Le lingam, c'était le mystère de la vie, de la créativité, de la fertilité qui se manifeste à tous les niveaux cosmiques.
[...]
Cette union sexuelle (maithuna) n'est plus dès lors un acte biologique instinctif, mais un rituel par lequel le couple humain devient un couple divin.

Eliade XXème siècle


Nous avons dit que la non-violence est chose simple. Nous n'avons pas dit qu'elle est facile. Il est déjà beau de savoir et de faire admettre qu'elle est possible. Même si elle coûte de la fatigue, de la peine et surtout de la pensée, elle coûte moins que la violence. Et il ne s'ensuit pas de défaite, d'humiliation et de revanche. C'est la sagesse, et la sagesse est une immense épargne de souffrances et de crimes.
[...]
Pour son bien et pour le bien de tous, [le citoyen] doit donc apprendre aussi la "désobéissance civile".
[...]
Quel est l'avenir de la non-violence en Occident ? La question pourrait aussi bien se poser en ces termes : l'Occident a-t-il un avenir ? Car il est évident que les rivalités nationales et sociales d'une part, l'excroissance de la science et de la technique de l'autre mènent, comme deux rails, tout droit à l'abîme.
La bonne nouvelle, la seule chose éternellement nouvelle, c'est qu'un autre chemin est ouvert.
[...]
Toute connaissance d'autre chose commance par la connaissance de soi et ne va jamais plus profond que cette connaissance.
[...]
La connaissance de soi est une discipline spirituelle, une tradition millénaire aux méthodes universelles et immuables.
Moi je... Presque toutes nos phrases commencent ainsi. Et nous croyons bien savoir de quoi nous parlons. Mais si quelqu'un nous demandait : "Moi ?  Qu'est cela ?" il nous arriverait peut-être de nous apercevoir que nous ne savons pas répondre. Donnez-moi une définition du mot "moi". Cherchez la dans le dictionnaire ou plutôt ne cherchez pas car il n'y en a point. Surtout ne me dites pas que c'est "la première personne du singulier" car cette personne là n'est pas assez première ni assez singulière pour être moi!
[...]
Il y a trois choses qui n'ont pas de définition : moi, l'être et l'odeur des lilas. Serait-ce pour la même raison ?
[...]
Une discipline demande un maître. Il faut suivre un maître vivant ou au moins des règles traditionneles interprétées avec prudence.

"Je pense donc je suis", dit un philosophe qui croit énoncer une évidence. Hum ! Je ? Qui pense, qui mène la pensée ? Si c'est alle qui m'entraîne où il lui plaît, je suis le jouet de ma pensée, je n'en suis pas l'auteur. Je ne peux pas dire "je pense" mais seulement "il pense" comme on dit "il pleut";
Mais toute action commence par la pensée, aucun de mes actes ne m'appartient et toute ma vie est livrée au hasard.

Lanza del Vasto  XXème siècle

Tous ces textes sont issus du livre : "Les plus grands textes de la philosophie Orientale" de Denis Huisman et Marie-Agnès Malfray chez Albin Michel


vendredi 14 novembre 2014

Sagesse Orientale : Le Judaïsme opus 10



Avant d'avoir créé aucune forme dans ce monde ; avant d'avoir produit aucune image, il était seul, sans forme, ne ressemblant à rien. Et qui pourrait le concevoir comme il était alors, avant la création, puisqu'il n'avait pas de forme ? Aussi est-il défendu de le représenter par quelque image et sous quelque forme que ce soit, même par son saint nom, même par une lettre ou par un point. Tel est le sens de mots : Vous n'avez vu aucune figure le jour où l’Éternel vous parla ; c'est à dire vous n'avez vu aucune chose que vous puissiez représenter sous une forme ou par une image.
[...]
Dans toute l'étendue du ciel, dont la circonférence entoure le monde, il y a des figures, des signes au moyen desquels nous pourrions découvrir le secrets et les mystères les plus profonds. Ces figures sont formées par les constellations et les étoiles, qui sont pour le sage un sujet de contemplation et une source de mystérieuses jouissances... Celui qui est obligé de se mettre en voyage dès le matin n'a qu'à se lever au point du jour et à regarder attentivement du côté de l'orient, il verra comme des lettres qui marchent dans le ciel, l'une montant, l'autre descendant. Ces formes brillantes sont celles des lettres avec lesquelles Dieu a créé le ciel et la terre ; elles forment son nom mystérieux et saint.

Le Zohar XIIIème siècle



Iahvé, notre Dieu, a conclu une alliance avec nous, à Horeb : ce n'est pas avec nos pères que Iahvé a conclu cette alliance, mais avec nous, nous qui sommes ici aujourd'hui, tous vivants.
[...]
Tu ne te prosterneras pas devant eux [d'autres dieux] et tu ne les serviras pas. Car moi, Iahvé, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, punissant la faute des pères sur les fils, sur la troisième et la quatrième génération, pour ceux qui me haïssent, et faisant grâce jusqu'à la millième pour ceux qui m'aiment et qui observent mes commandements.
[...]
Acclamez son peuple, ô nations,
car il venge le sang de ses serviteurs
et il retourne la vengeance contre ses adversaires,
tandis qu'il purifie le sol de son peuple.
[...]

Moïse   XIVème ? VIème siècle av JC


La raison et l'intelligence exigent que l'homme se soumette à Dieu. Mais entre le moment où apparaissent les bontés dont l'homme bénéficie et celui où il est susceptible de reconnaître son devoir s'écoule un temps considérable.
Un avertissement doit éclairer l'homme dans ses œuvres et sa foi pour qu'il ne demeure pas sans religion au temps où sa raison se forme. Cet avertissement est double. L'un implanté dans l'intelligence est inné à l'homme. Le second s'acquiert par voie traditionnelle : c'est la Torah, transmise aux hommes par les prophètes pour leur montrer le chemin de la soumission, qu'ils ont le devoir de suivre.
[...]
Toutes les lois, les ordres, les peines promulgués par nos Livres prouvent avec évidence que les actes de l'homme sont libres. Ainsi la gloire du Seigneur est innocente du bien et du mal, de la droiture comme de la perversité de chacun.

Ibn Paquada   XIème siècle



[Le ptophète], disant : "Le loup demeurera avec l'agneau et le léopard se couchera avec la chèvre, etc. ; la vache et l'ours iront paître ensemble, etc. et le nourrisson jouera, etc." (Isaïe, XI, 6-8). Il en indique ensuite la cause, en disant ce qui fera cesser ces inimitiés, ces discordes, ces tyranies, c'est que les hommes posséderons alors la vraie connaissance de Dieu. Il dit donc : "Ils ne feront aucun mal, aucun ravage, sur toute la montagne sainte; car la terre sera remplie de la connaissance de Dieu, comme les eaux couvrent le fond de la mer" (ibid., v.9). Sache bien cela.
[...]
Voici donc le résumé succinct de ces différentes opinions : toutes les conditions variées dans lesquelles nous voyons les individus humains, Aristote n'y reconnaît que le pur hasard ; les Ascharites y voient l'effet de la seule volonté [divine]; les Mo'tazales, l'effet de la sagesse [divine], et nous autres [Israélites], nous y voyons l'effet de ce que l'individu a mérité selon ses oeuvres.   

samedi 8 novembre 2014

Sagesse Orientale : Terres de l'Islam opus 9



Comme à l'égard des Principes, on ne peut se représenter une proximité locale, mais une proximité qui consiste dans les qualifications, plus les hommes se séparent des Ténèbres, plus aussi ils se rapprochent des Principes.
[...]
Et ces trois êtres : Beauté, Amour, Nostalgie, éclos d'une même source originelle, sont frères l'un de l'autre. Beauté, qui est le frère aîné, se contempla soi-même. Elle eu vision d'elle même comme étant le bien suprême ; l'allégresse naquit en elle et elle sourit. Alors des milliers d'Anges du plus haut rang furent manifestés, éclos de ce sourire. Amour, le frère moyen, était le compagnon familier de Beauté. Il ne pouvait détacher d'elle son regard, et restait serviteur assidu à son service. Lorsque lui apparut le sourire de Beauté, il fut pris d'un vertige de folie ; il fut bouleversé. Il voulut faire un mouvement, s'en aller. Mais Nostalgie, le plus jeune frère, se suspendit à lui. Et c'est de cette suspension de la nostalgie étreignant l'amour que prirent naissance le ciel et la terre.
[...]
La perception de l'intellect est plus puissante que la perception des sens, parce que les sens ne perçoivent que les apparences des choses, tandis que l'intellect perçoit aussi bien l'apparence que l'invisible des choses. L'intellect perçoit davantage, parce que les objets perceptibles par l'intellect sont sans limites, tandis que les sens ne perçoivent que des choses limitées. L'intellect est incommensurablement plus noble et plus essentiel aussi, puisque les sens sont destructibles, tandis que l'âme est indestructible.

Sohravardi XIIème siècle


Si l'on dit : Je suis Un,
Son Être l'est aussi !
Si on affirme mon être,
La dualité en résulte !

Bien que composé
Il est subtil et pur.
On visionne un unique
La raison pourtant admet un second !
[...]
On a proposé des définitions de l'amour, mais je n'ai connu personne qui ait pu définir ce qu'il est en soi. On ne peut même pas concevoir qu'elles soient valablement données.
Quiconque tenterait de le définir ne le ferait qu'à l'aide des fruits qu'il produit, des traces qu'il laisse et des conséquences qui lui sont inhérentes puisqu'il demeure un attribut de la parfaite et inaccessible Puissance qui est Dieu lui-même.[...][Comme on questionnait Abu-l-Abbas al-Dahajj, sur l'amour,] il répondit : "La jalousie est un des traits de l'amour et elle dédaigne tout sauf de se voiler pudiquement. Aussi ne peut-il être défini."
[...]
Connaît [l'amour] celui en qui il s'établit et dont il est l'attribut sans toutefois que cet être soit en mesure de connaître sa nature et de nier sa réalité.
[...]
Ô mon ami, considère les désirs de ton âme et vois quel est leur statut au regard de la Loi. Si celle-ci te prescrit de les accomplir, alors accomplis-les. Si en revanche elle te prescrit de n'en rien faire, alors renonce.
[...]
1. Celui qui marchait dans les ténèbres des nuits observa les étoiles et alluma la lampe.
2. Jusqu'au moment où la pleine lune dirigeant sa lumière, il délaissa les étoiles et attendit d'être au matin.
3. Jusqu'au moment où, l'obscurité s'étant entièrement dissipée et ayant vu l'aurore briller à l'horizon.
4. Il délaissa les lampes, toutes les étoiles et la pleine lune, et guetta la lumière éclatante.

Ibn Arabi XIIème siècle


Acharné jour et nuit à scruter mon destin,
Je ne sais d'où je viens, je ne sais où je vais.
Pourquoi mon existence ? Pour quel exil ?
Mais non, je suis venu de là-haut, je dois y retourner.
Je sius le rossignol du paradis, en cage pour quelques jours.
Joie ! Un jour viendra où je m'envolerai vers le bien-aimé,
Mes ailes battront dans sa demeure !
Mais quel est celui qui à la fois m'écoute et parle avec mon souffle ?
Quel est celui qui me regarde avec mes yeux et dont la vie est ma vie ?
C'est Toi, Seigneur, mon âme c'est Toi.
Tu es là, je Te trouve.
Plus de repos pour moi, ma voix ne pourra plus se taire.
Guide-mo, montre-moi le chemin de Ta demeure,
Je veux goûter l'ivresse de l'Union.
[...]
Que dois-je donc faire, ô croyants ? Je ne me connais pas moi-même : je ne suis ni chrétien ni juif, ni mazdéen ni musulman, ni d'orient ni d'occident, ni de la mer ni de la terre, ni des cieux en rotation ni des mines de la Nature... Ma place est de n'en point avoir, mon signe est de n'en point montrer. Ne possédant âme ni corps, j'appartiens à l'Esprit suprême. Bannissant la dualité, je n'ai plus vu qu'un univers. Lui ! Je le cherche et le connais ; je le perçois et je l'appelle. Lui ! c'est l'alpha, c'est l'oméga.
[...]
L'amour, c'est s'envoler au ciel, à tout instant fendre cent voiles, d'abord renoncer à soi-même et, pour finir, se perdre en Dieu, considérer comme irréelle la vision de ce bas-monde, ne pas voir effectivement ce qui tombe sous le regard. "Ô mon cœur ! dis-je, quel bonheur ! entrer au cercle des mystiques, voir au delà de ce qu'on voit, descendre au gouffre intérieur ! D'où vient cet élan, mon âme ? Ô cœur !  d'où te vient cet émoi ? Prends le langage des oiseaux : je puis comprendre ton secret". Et l'âme dit : "Je demeurai tout près de Dieu tant qu'Il pétrit le corps humain ; puis je voulus m'enfuir du monde qu'Il créa ; mais j'y fus captive, épuisée, et comme au moule façonnée."
[...]
L'un mange et ne donne naissance qu'a lavarice et à la haine ; l'autre fait de même, et de lui naît tout l'amour spirituel. L'u ressemble à un terrain pur, l'autre au mauvais terrain salé. Celui-ci c'est un ange pur ; l'autre un diable, une bête brute. Or ils se ressemblent tous deux par l'apparence, c'est admis ; l'onde amère est limpide aussi bien que l'eau douce; mais qui saura les distinguer hormis l'homme de goût ?

Rumi  XIIIème siècle


Celui qui ne se sert pas de son argent et de son or pour faire la charité sacrifie sa vie future à son désir d'amasser l'or, l'argent. Si tu désires les richesses de ce monde, sois généreux envers tes semblables comme Dieu a été généreux envers toi.
[...]
Partout où l'arbre de la générosité prend racine il dresse ses branches vers le ciel. Si tu espères jouir de ses fruits, je te supplie de n'y pas mettre la cognée.
[...]
Sois un homme en réalité ; sinon tu n'es qu'un perroquet qui dira les mêmes paroles dans la langue d'un être humain. Tu as vu l'oiseau s'envoler ; donc, des entraves du désir échappe-toi car tu verras l'essor de ton humanité. N'étais-tu pas un être humain qui restait captif du démon.[...]L'homme peut atteindre au degré où il ne voit plus rien que Dieu : considère à quelle grandeur parvient l'état d'humanité !
[...]
Le mystique Chibli, sortant de la boutique d'un commerçant en blés, emportait au village, sur son épaule, un sac bien empli de froment. Or, regardant de près, il vit parmi les grains une fourmi courant éperdue en tous sens. Plein de pitié, n'ayant pu dormir de la nuit, il rapporta l'insecte à sa demeure.[...]"Ne tourmente pas la fourmi qui traîne son grain de froment, car elle vit ; et l'existence est une chose bonne et douce". Celui qui veut que la fourmi soit malheureuse possède une âme noire, et son cœur est de pierre. De ton bras vigoureux, sur la tête du faible ne frappe pas ; peut-être, un jour, tu tomberas sous ses pieds, écrasé, faible comme fourmi.
[...]
L'homme de Dieu n'est étranger ni au levant ni au ponant, car en quelque endroit qu'il se rende, le royaume de Dieu est sien. Celui qui devient étranger à grandeurs, honneurs et richesses rencontrera des compagnons en quelque pays qu'i arrive. Tous les mortels à courte vue ne demandent que leur repos ; mais l'unité cherche l'épreuve car il y trouve son bien-être.[...]A tout être humain que frappa le glaive de l'amour divin, dis donc : "Ne te chagrine pas ! l'empire de l'éternité compensera ton sacrifice." De la main de l'Ami céleste, tout ce que tu reçois est doux ; cherche donc à le satisfaire, ô Saadi ! sans penser à toi.

Saadi  XIIIème siècle


"Louange à Dieu, dont les bienfaits devancent nos désirs ; qui inspire la reconnaissance de Ses dons à ceux qu'Il a guidés ; qui accorde en récompense aux bienfaiteurs Son amour : le bien le plus précieux.

Ibn Khaldoun XIVème siècle

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