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Pour les mélomanes

Un peu de musique hors du Temps
la route...

samedi 26 mars 2016

Adaptation


Celui qui comprend vraiment la vie ne se préoccupe pas de ce sur quoi sa vie ne peut rien faire ; celui qui comprend vraiment le Destin ne se préoccupe pas de ce sur quoi son intelligence ne peut rien faire. Pour nourrir le corps, il faut se procurer des biens matériels, certains en possèdent en abondance et cependant leur corps n'est pas nourri. La vie repose sur les soins du corps ; mais il y a ceux dont le corps est bien soigné et dont la vie est prématurément détruite. Quand la vie apparaît en ce monde, personne ne peut la repousser ; quand elle s'en va, personne ne peut la retenir, malgré cela, les gens persistent à croire que nourrir son corps peut conserver la vie. Si la nourriture ne peut pas conserver la vie, qu'est-ce qui mérite d'être fait en ce monde ? Ce qui ne mérite pas d'être fait, mais qu'on ne peut pas faire, on dit que c'est inévitable.
Qui veut se dispenser de travailler pour son corps fait mieux que rejeter le monde. Qui rejette le monde n'a pas de lien. Qui n'a pas de lien conserve son équilibre et sa paix. Qui conserve son équilibre et sa paix participe à une vie toute nouvelle et atteint ainsi son but. 
Pourquoi les occupations quotidiennes méritent-elles d'être abandonnées ? Pourquoi la vie mérite-t-elle d'être délaissée ? Qui abandonne ses occupations ne fatigue plus son corps. Qui délaisse la vie n'altère plus son âme. Qui garde l'intégrité de son corps et de son âme fait un avec le ciel.
Le ciel et la terre sont le père et la mère de tous les êtres. Par leur union, ils forment le corps ; par leur séparation, on retourne à l'origine. Ainsi, qui garde l'intégrité de son corps et de son âme sait s'adapter à toute circonstance changeante. S'il perfectionne son art d'adaptation, il deviendra le collaborateur du ciel.

Tchouang-tseu

Du haut de ses 24 siècles d'existence, le Tchouang-tseu nous donne une leçon de vie toujours actuelle bien que méconnue...
Il s'agit de l'art d'adaptation de l'individu. 
En physique, et en particulier en électricité, on sait qu'un générateur d'énergie doit être de même résistance que le récepteur pour qu'un maximum d'énergie passe du générateur vers le récepteur.
Pour que cette énergie passe harmonieusement, il faut que les impédances du générateur et du récepteur soient conjuguées l'une de l'autre (Yin et Yang).
De fait, celui qui sait s'adapter aux conditions de la vie peut espérer récupérer un maximum d'énergie vitale avec un minimum d'effort. Mieux, cette osmose avec la vie se double d'une sensation d'harmonie qui semble transcendante, mais qui n'est autre qu'une loi méconnue des personnes étrangères à l'Amour. En effet, l'harmonie des choses et des êtres n'est autre qu'un effet de la loi Universelle qu'est l'Amour.
Aussi, celui qui cultive l'art de s'adapter, sans jamais rien désirer par lui-même, vit une vie pleine et harmonieuse. C'est l'illumination, l'éveil.

samedi 19 mars 2016

La mort


Lorsque Tchouang-tseu se rendait au pays de Tch'ou, il vit un crâne décharné mais intact. Il le frappa du bout de sa cravache et l'interrogea ainsi : "Est-ce parce que tu as trop aimé la vie et négligé ainsi la loi de la nature que tu es parvenu à cet état ? Est-ce parce qu'on a ruiné ton pays et qu'on t'a retranché par la hache ? Est-ce parce que tu as commis des actes infâmes et que tu es mort de honte, de peur de laisser une mauvaise réputation à ton frère, à ta mère, à ta femme et à tes enfants ? Est-ce parce que tu as subi la misère du froid et de la faim, ou encore parce que tu avais atteint l'âge où l'on meurt naturellement ?"
Après avoir terminé son interrogatoire, Tchouand-tseu tira le crâne près de lui, s'en fit un oreiller et s'endormit. A minuit, le crâne lui apparut en songe et lui dit : "Vous m'avez parlé comme un sophiste, vos paroles ne concernent que les peines de l'homme vivant; ces peines n'existent plus pour l'homme mort. Voulez-vous que je vous dise les plaisirs de la mort ?
- Volontiers, dit Tchouang-tseu.
- Après la mort, dit le crâne, on n'a plus de prince au dessus de soi, ni de subordonnés au dessous; on n'a plus les travaux des quatre saisons; tout à son aise, on a le même âge que le ciel et la terre; la joie même d'un roi ne saurait surpasser celle de la mort."
Tchouang-tseu ne voulant pas le croire, lui dit : "Si j'obtenais du gouverneur du Destin que ton corps avec ses os, ses tendons, sa chair, sa peau, te soit rendu et que tu puisses retrouver ton père, ta mère, ta femme, tes enfants, ton village et tes connaissances, le désirerais-tu ?"
Fronçant les sourcils et retroussant le nez, le crâne répliqua : "Comment pourrais-je renoncer à ma joie royale pour rentrer dans les misères humaines ?"


Tchouang-tseu

samedi 12 mars 2016

La Prudence


Pour protéger les coffrets, les sacs, les malles contre les voleurs, on les attache avec des cordes, on les munit de solides serrures. C'est ce que le monde appelle la prudence. Survient alors un bandit qui emporte la malle sur le dos, le coffret à la main et le sac sur les épaules. Il emporte son butin précipitamment et n'a d'autre crainte que de voir les cordes se rompre et les serrures se briser. Ainsi, ce que le monde appelle la prudences ne sert-il pas le bandit ?

Tchouang Tseu   

mercredi 2 mars 2016

Tchouang Tseu



L'homme parfait est sans moi, l'homme inspiré est sans oeuvre; l'homme saint ne laisse pas de nom.

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