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Pour les mélomanes

Un peu de musique hors du Temps
la route...

samedi 25 février 2017

La douleur et l'éveil

L'éveillé vit dans un monde de Bisounours où tout est plénitude, ou tout est paisible. Il est vrai qu'un esprit calme et serein facilite la gestion du corps opérée par le cerveau. Et en particulier, le travail du cerveau reptilien qui a en charge cette gestion. Ainsi, le corps peut s'épanouir en harmonie et éviter un certain nombre de maladies. L'ennui est que l'on ne baigne pas dans le Nirvana depuis la naissance. Il est difficile d'éviter de tomber dans le piège de l'ego dans la petite enfance. Dès lors, on développe un karma plus ou moins agressif en allant à l'encontre du Tao. Et ainsi, on s'expose aux maladies. La douleur physique peut alors surgir que ce soit à la suite d'un cancer, ou d'une simple lombalgie. Et là, l'éveillé ne peut pas grand chose. Même s'il
facilite la tâche de son système immunitaire, il subit de plein fouet la douleur. Il ne peut espérer qu'une seule chose, que la douleur se dissipe plus rapidement. Aussi, l'éveil n'est pas une garantie contre la maladie et la douleur, c'est juste la façon la moins mauvaise de traverser ces épreuves. Il est vrai, cependant que l'Eveil est un rempart contre la douleur psychologique, contre la déprime, le stress et autres souffrances psychologiques. Et ce n'est déjà pas si mal. En effet, par la méditation, et par une vigilance consciente l'éveillé ne tombe plus dans les pièges d'une Samsara mal maîtrisée. Il vit la paix et la plénitude, mais ceci, à condition de ne pas souffrir d'une maladie physique. De celle-ci il ne peut que tenter de se détacher dans la limite de son seuil de tolérance. 

dimanche 19 février 2017

Tao vide

Nous sommes tous connectés au Tao. Au plus profond de nous-même, nous avons cette connexion à l'indicible. Mais pour nous laisser un total libre-arbitre, la connexion opère sur "rien", "le vide". Certains seront déçus, pas de quoi faire un scoop ! Pourtant cette connexion au vide relève de la plus grande intelligence. Car confronté à une situation bien précise, le vide finit toujours par proposer non pas une solution (ce qu'aurait pu faire le mental) mais LA SOLUTION, celle qui s'impose au Tout. En effet, le Tout est à l'équilibre ou alors recherche l'équilibre. En se connectant au Tao, au vide en soi, on va sentir ce qui équilibrerait le tout, ce vers quoi va le Tao. Une fois que cette perception devient une évidence, alors l'action, que l'on peut qualifier de Non-Agir, se produit d'elle-même. Pour que cette action soit automatique, il faut attendre que le contexte la fasse mûrir. Quand le fruit est mûr, on le cueille, quand l'action est mûre, elle se produit, avec ou sans nous. En effet, il n'est pas toujours nécessaire d'agir, quelqu'un d'autre peut le faire à
notre place, ou même, l'action peut se produire d'elle-même. Prenons l'exemple d'un promeneur qui voit passer un cycliste au bord d'un chenal, et voici que le cycliste tombe à l'eau ! Il crie au secours, la situation est mûre, notre promeneur Taoïste se jette à l'eau et viens au secours du cycliste... Deuxième cas de figure, un autre passant se jette à l'eau, notre promeneur peut alors superviser l'opération, et n'a rien à faire... Enfin, le cycliste s'en sort très bien tout seul, et notre promeneur n'a plus qu'à s'enquérir que tout va bien. Dans tous les cas, attendre que la situation soit mûre pour intervenir. Dans chaque cas le promeneur ne s'enorgueillit pas de la situation, c'est du Non Agir, il n'a rien fait d'autre que suivre le Tout dans ses pérégrinations.
Ainsi, du vide naît l'évidence ! Et il est important d'avoir un esprit calme et paisible (non perturbé par un mental hyper-actif) pour capter les nécessité du Tout. Car si le mental pourrit vos perceptions vous risquez par vos actes inconsidérés de déclencher des chaines de réactions de cause à effet dont vous ne parviendrez plus à vous dépêtrer... C'est ce que les Bouddhistes appellent le karma.
Quoi qu'il en soit, le Taoïste prend souvent l'initiative de l'action. Cela peut paraître surprenant pour quelqu'un qui est sensé attendre que la situation mûrisse. En fait, Lao Tseu explique très bien ce fait, en disant que lorsqu'il doit partager un contrat avec quelqu'un, il en accepte toujours la mauvaise part. Pourquoi ? Parce qu'il va de soit que lorsque quelque chose doit être entrepris, il vaut mieux que ce soit quelqu'un fidèle au Tao qui l'accomplisse plutôt que quelqu'un qui "traîne la patte". Aussi, lorsqu'une action s'impose, le Taoïste s'y atèle de bonne grâce. C'est là la force du Non-Agir issu du vide de l'esprit.
Lorsque la boue du mental s'est totalement déposée au fond du vase de l'esprit, l'eau claire est prête a accueillir les vicissitudes de l'Univers.   

vendredi 3 février 2017

La liberté

Quand il est question de liberté, on évoque souvent le libre arbitre. Ce libre arbitre donne à celui qui en jouit l'impression d'être maître de son destin. Quel est le mécanisme ? Face à une situation, plusieurs choix sont possibles, notre mental réfléchit, envisage les conséquences de chaque choix, et opte pour la solution qu'il préfère. Mais comment savoir si le choix est bon, puisqu'une seule solution a été adoptée ? Pour pouvoir réellement juger de la pertinence de la solution, il faudrait pouvoir mettre en oeuvre toutes les solutions, et seulement ensuite conclure. Comme nous ne pouvons pas le faire, nous nous basons sur la pré-étude de notre mental, sur le libre-arbitre. J'ai très longtemps fonctionné comme cela, sans que cela ne me satisfasse pour
autant. En fait, j'étais fier de mes choix, j'étais donc fier de moi, et ne voulais surtout pas revenir en arrière. Mais, j'étais frustré, car les faits ne comblaient que rarement les attentes de mon mental.
Un beau jour, suite à la lecture de Lao Tseu, je me suis mis à pratiquer le Non-Désir. J'ai commencé par lâcher prise de mes désirs. Je me rappelle très bien de ma première expérience : ma fille avait perdu son manteau et commençait à s'énerver... Je me suis mis à chercher son manteau, mais sans désir, ce n'est pas évident, et me voilà montant et descendant les escaliers... sans succès. Au final j'ai lâcher-prise, tout compte fait, peu importe que je trouve ou non ce satané manteau ! Et là, incroyable j'avais le manteau sous les yeux !
Si j'avais pratiqué le libre arbitre, j'aurais commencé par questionner ma fille, puis imaginé les endroits où aurait pu  se trouver le manteau, et je serais peut-être encore en train de chercher à cette heure ! Quand on cherche sans désir, c'est très différent, on part à gauche, à droite, ou tout droit, à l'instinct, et on se met ainsi à fouiller la maison de fond en comble, c'est très efficace, même si objectivement, on ne sait pas où l'on va.
Alors, qu'est-ce qui me permet de dire que le Non-Désir est supérieur aux autres méthode ?
Ce sont les clins d’œil de la vie. Par exemple un jour je me rendais à mon travail, sans désir, mon instinct me fit prendre à droite alors que mon trajet habituel était tout droit. Ma voiture s'engage donc sur le chemin d'un petit parc fort agréable. Je me dis, tiens c'est l'occasion de faire un peu de Qi Gong (ici on voit comment le désir est sournois...)
Mais non, avant le petit parc, je croise un automobiliste en panne, capot ouvert. Je lui demande si je peux l'aider, il me demande si j'ai des câbles, je réponds par l'affirmative et en deux temps trois mouvements on démarre sa voiture... Et l'homme de me remercier à n'en plus finir, il va pouvoir être à l'heure à son rendez-vous ... Voilà donc comment se manifeste le Tao, ses ficelles jouent à un autre niveau que notre pauvre mental. Son jeu est celui de l'absolu, et nous ne sommes que
peu de chose. Se fier à l'instinct, c'est se mettre entre les mains du Tao, et lui faire une confiance
aveugle pour qu'il nous offre le meilleur. Et la récompense est ce que j'appelle les clins d’œil de la vie... Sans désir, les choix que l'on fait n'en sont pas vraiment, puisque jusqu'au dernier moment, on ne sait pas quelle option on va prendre, c'est l'inverse du libre arbitre, mais le chemin suivi nous fait de nombreux clins d’œil au fil de la voie (du Tao) qui nous confirme que les Non Choix ont été les bons et font grandir en nous la confiance dans le Tao. 
Ainsi la Non Liberté (qui n'est autre qu'un asservissement total au Tao) est le chemin qui procure le plus de joie.  C'est le pinacle de la liberté.

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