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mercredi 15 mai 2030

Editorial

Bonjour à toutes et à tous,

Il est un chemin tellement évident que si peu de gens l'empruntent.
Ce blog est construit le long de cette route, la voie large qui suit l'Univers, en toute simplicité.
Il y a 2500 ans, un homme nommé Lao Tseu a donné un nom au principe de cette voie : le Tao.

Que vous soyez depuis peu sur cette voie ou fidèle depuis toujours, n'hésitez pas à faire part de vos expériences.

Bon Tao à toutes et à tous,

Oliver

Avec plus de 100 articles sur le Tao, les grandes lignes ont été dressées. Aussi, si un sujet particulier motive votre visite, n'oubliez pas la recherche par mots clefs ci-dessus. Les articles fondateurs sont plutôt en fin de liste.
                                                                                      http://www.myannuaire.com 

Lectures


Avant toute chose, signalons à ceux qui passeraient par ce blog pour se renseigner sur le Taoïsme, les lectures incontournables des pères du Taoïsme Chinois.
Le Tao Te King de Lao Tseu taoteking en ligne
L’œuvre de Tchouang Tseu
Le grand classique du vide parfait de Lie Tseu
Les trois oeuvres réunies

Pas plus de commentaire, je ne veux influencer d'aucune manière.

Bonne lecture,

Oliver

samedi 23 mai 2020

Non Agir et Non Désir selon H.W.L.Poonja



Extrait du Réveil du Lion de H.W.L. Poonja

Que faire ?

Faire quelque chose implique un but. Cela débute dans le passé avec un concept et se projette dans un fantasme du futur. "Faire" ne peut que vous emmener dans le connu ou dans ce que vous pouvez concevoir. Remontez à la racine de l'idée qui en est à l'origine. Là, vous trouverez la fin du voyage qui n'a jamais commencé. "Faire" ne peut jamais vous amener à ce que vous êtes déjà. "Faire", c'est s'en éloigner, non s'en approcher.

Question du public : Y a-t-il encore des désirs après l'éveil ?

Avant l'éveil, l'objet du désir doit être l'éveil. Ce n'est pas un vrai désir, mais l'attraction du Soi. Afin de permettre à ce désir de s'élever, les autres désirs doivent mourir. Les désirs ordinaires doivent faire place à la création de l'espace pour le véritable désir d'éveil.
Après l'éveil toutefois, le Soi-réalisé est au-delà de la forme, au-delà des sens et par conséquent, n'est pas affecté par les désirs ordinaires. Le dynamisme de vos désirs peut se poursuivre, mais ceux-ci n'affectent pas le Soi.

Fin de l'extrait.

Il est intéressant de voir qu'ici, Poonja ne fait pas totalement disparaître le désir chez l'être éveillé. Le Soi, la Nature de Bouddha (pour les Bouddhistes), l'Immortel (chez les Taoïstes), n'est pas affecté par les désirs qui peuvent surgir. Le Soi les reconnaît comme tels et les laisse passer comme on le fait avec des pensées. 
L’Éveillé quelle que soit la tradition spirituelle qui l'a mené à cet état, réside dans le vide qui est en deçà des pensées. Son ego est comme mort, il est inébranlable, et certainement pas par des désirs ou autres plans du mental.  
Enfin, pour revenir au Faire, Poonja nous fait très justement remarquer, que Faire quelque chose c'est automatiquement suivre un plan qui s'enracine dans le passé, ou faire une projection dans le futur. De ce fait, Faire nous écarte du moment présent. Seul lieu où se joue la vie.

samedi 16 mai 2020

En chemin



Nous avons tous en commun le fait d'être né avec une conscience. La conscience d'être dans l'instant présent, on pourrait même ajouter la conscience d'être l'instant présent et ce de manière naturelle sans aucune envie ni nécessité de se l'accaparer. Et puis petit à petit le désir fait son oeuvre : c'est mon sein, celui de ma mère, c'est mon jouet, c'est mon biberon etc. Petit à petit l'enfant se constitue un ego à grand coup de réflexion de son mental, et quitte lentement mais sûrement le confort  et l'insouciance de l'instant présent.
Certains d'entre nous ont une part de nostalgie de l'enfance et remettent en question leur vie, ce qu'ils ont, ce qu'ils sont. D'autres vivent dans le toujours plus d'avoir, de pouvoir, de savoir. Aussi, même si c'est relativement rare, il est des femmes et des hommes qui à un moment de leur vie vivent une remise en question profonde et décident plus ou
moins brusquement de lâcher prise de l'avoir du pouvoir et du savoir et d'aller vers cet état d'abandon dans lequel ils se trouvaient étant bébé.
Et ce faisant, ils amorcent une trajectoire plus ou moins directe vers l'éveil. Bien sûr le but n'est pas gagné d'avance, il faut avant cela cheminer sur une voie sans route, le Tao.
Pour cela, il va nous falloir lâcher prise, et pour commencer lâcher prise de notre ego, rejoindre le non être de Lao Tseu: je ne suis plus rien implique je suis avec tout. Je fais corps avec ce qui est.
Il va nous falloir aussi lâcher prise des désirs, et même du désir de ne plus désirer. Etre sans désir, sans convoitise, cesser ce regard prédateur qui nous fait convoiter la plus grosse part de gâteau ! Fini l'envie d'être riche comme Crésus, fini l'envie de tout savoir comme Diderot, fini l'envie d'être un homme politique influant ! Rien, revenir à l'essence de l'être, l'essence du Tao.
Et ce chemin peut être long, car même si en définitive, il n'y a rien à atteindre, le Tao étant là offert à tous, l'ego et le mental peuvent avoir la peau dure. Or quel est le lieu à atteindre ? Qu'est-ce qui me permet de dire je suis ? Est-ce les pensées ? Est-ce réellement une pensée qui me permet de dire je suis ? Non, les pensées vont et viennent, je ne suis pas cela ! Est-ce la conscience ? Et si oui, de quoi est faite cette conscience ? 
Avant même d'ouvrir les yeux, j'ai conscience de ce paysage qui s'offre à moi par la fenêtre de mon bureau, et j'ai conscience de tout un tas de choses, pourtant, si j'essaye de décrire ce qui constitue cette conscience, je me heurte à une difficulté, car la conscience
n'est pas pleine, ou plutôt elle est pleine mais de vide ! Et ce vide, c'est précisément le lieu à atteindre, celui qui nous connecte instantanément à l'instant présent. C'est le moyeux central et vide de la roue duquel rayonne chaque instant présent de notre vie, comme ce paysage dont je prend conscience.
Que reste-t-il à faire ? Rien ! Car le Tao est sans désir, donc il n'y a rien à faire pour le satisfaire.
Ainsi, quand nous nous sommes confondus avec le vide du Tao, que  nous reconnaissons ce vide en chaque point et en chaque instant, nous sommes au bout du chemin. L'aventure commence.

vendredi 8 mai 2020

La méditation en action



Comment progresser sur la voie, sur le chemin spirituel ?
La méditation traditionnelle est un bon moyen pour apprendre à lâcher prise, pour apprendre à faire le vide, à "écouter le Tao". Car au fond, ce qui importe c'est de savoir comment se placer dans l'instant présent, et même si souvent il n'y a rien de mieux à faire que de méditer, certaines situations imposent l'action. Et par la même impliquent une sortie de l'état méditatif.
Cependant, avec l'habitude, on apprend à avoir les mêmes réflexes de méditation et a les garder même en phase active. On continue de lâcher prise de nos désirs, et ce même dans l'action. De la sorte, on laisse aux autres une grande marge d'agir, ce qui a le don d'être appréciable par autrui et attire naturellement la sympathie.
Mais souvent, il y a des actions dont personne ne veut, des corvées... Eh bien nous avons intérêt à
nous charger de ces corvées. Elles sont en effet de très bonnes occasions pour apprendre à lâcher prise. Mieux, on rentre alors dans l'acceptation, on prend les difficultés et par la même un aspect du Tao à bras le corps. Les contrariétés n'en sont plus, elles sont acceptées, digérées et l'action devient tout de suite plus légère. Et le Tao apprécie qu'une corvée soit réalisée avec légèreté quand une autre personne aurait traîné les pieds.
Le disciple du Tao, qui progresse sur la voie se prend souvent à céder à une émotion, comme par exemple la colère. Mais tout de suite l'habitude qu'il a prise de lâcher prise le rend observateur de ce début d'émotion, de telle sorte qu'elle redescend aussi vite qu'elle est venue. Il en va de même pour les émotions positives comme la joie. Celle-ci est observée par le disciple et est appréciée à sa juste valeur.
En lâchant prise et par l'observation, le disciple permet à l'émotion d'être une avec lui-même. Cette unicité de l'être est celle de la non dualité
orientale. Aussi, ce à quoi conduit la méditation fonctionne aussi bien dans la position du lotus que dans la vie de tous les jours.
Faire le vide, s'abandonner au Tao permet de vivre au quotidien dans les meilleures dispositions qui soient. C'est ce qui s'appelle méditer en action. Et le vide est propice à l'éclosion de nouvelles idées. Si on en met une en oeuvre dans l'action, l'idée elle même disparaît et peut de nouveau laisser place au vide. Et ainsi de suite, d'instant en instant, le vide guide notre conduite. C'est ce que l'on peut appeler la plénitude du vide. Car le vide en nous-même favorise la naissance de nouveaux états, de nouvelles attitudes.
Au début, la méditation en action exige que notre conscience soit le témoin de nos attitudes, il y a deux : l'observateur et l'observé. Mais comme ces deux personnes ne font qu'une, avec un peu d'entrainement, l'observation se fond dans l'action et réciproquement. Dès lors le disciple s'unifie dans la non-dualité.

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