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mercredi 15 mai 2030

Editorial

Bonjour à toutes et à tous,

Il est un chemin tellement évident que si peu de gens l'empruntent.
Ce blog est construit le long de cette route, la voie large qui suit l'Univers, en toute simplicité.
Il y a 2500 ans, un homme nommé Lao Tseu a donné un nom au principe de cette voie : le Tao.

Que vous soyez depuis peu sur cette voie ou fidèle depuis toujours, n'hésitez pas à faire part de vos expériences.

Bon Tao à toutes et à tous,

Oliver

Avec plus de 100 articles sur le Tao, les grandes lignes ont été dressées. Aussi, si un sujet particulier motive votre visite, n'oubliez pas la recherche par mots clefs ci-dessus. Les articles fondateurs sont plutôt en fin de liste.
                                                                                      http://www.myannuaire.com 

Lectures


Avant toute chose, signalons à ceux qui passeraient par ce blog pour se renseigner sur le Taoïsme, les lectures incontournables des pères du Taoïsme Chinois.
Le Tao Te King de Lao Tseu taoteking en ligne
L’œuvre de Tchouang Tseu
Le grand classique du vide parfait de Lie Tseu
Les trois oeuvres réunies

Pas plus de commentaire, je ne veux influencer d'aucune manière.

Bonne lecture,

Oliver

vendredi 16 novembre 2018

Se torturer l'esprit




Tchouang-tseu écrit :
"Qui se torture l'esprit pour sublimer sa conduite, s'écarte du monde et a des habitudes excentriques, se fait une haute opinion de lui-même et dénigre les autres, celui-là n'a que de l'orgueil. Il n'est qu'ermite des monts et des vallées, homme qui condamne le monde. Tel est l'idéal de ceux qui aspirent à se dessécher par ascèse et à se jeter dans le gouffre.
Qui discourt sur la bonté et la justice, la fidélité et la bonne foi, la politesse et la frugalité, l'effacement et le renoncement, celui-là ne cherche que la perfection morale. Tel est l'idéal de ceux qui veulent assurer la paix du monde et améliorer les hommes en leur faisant la leçon soit en voyageant, soit en lieu fixe.
Qui se propose une haute entreprise pour acquérir un grand nom, fixe les rites entre les souverains et ses sujets, normalise les rapports entre les supérieurs et leurs subordonnés, celui-là ne veut que gouverner les hommes. Tel est l'idéal des gens de cour, qui veulent honorer l'autorité de leur prince et renforcer leur principauté, accomplir des exploits et annexer les autres pays au leur.
Qui hante les étangs ou les lacs et se plaît dans la solitude en recherchant un coin tranquille pour pêcher à la ligne, celui-là n'a pour objet que de ne rien faire. Tel est l'idéal des gens des fleuves et de la mer, qui fuient le monde et trouvent leur bonheur dans l'oisiveté.
Qui expire et aspire en soufflant fort et en soufflant faible, qui crache l'air vicié et absorbe l'air frais, qui se suspend comme l'ours et s'étire comme l'oiseau, celui-là ne cherche que la longévité. Tel est l'idéal de ceux qui veulent nourrir leur corps en l'étendant et le contractant. Peng-tsou en fournit le meilleur exemple.*
Qui a une conduite sublime sans se torturer l'esprit, qui se perfectionne sans s'attacher à la bonté et à la justice, qui se tient dans l'oisiveté sans vivre au bord des fleuves et de la mer, qui atteint un grand âge sans étendre et contracter son corps, celui-là oublie tout et possède tout. Il est paisible et immense. Il réunit en lui toutes les perfections du monde. C'est en lui que réside la voie de l'univers et la vertu du saint."

*Ce passage décrit l'expérience des hygiénistes chinois qui s'inspirent des phénomènes de la nature pour conserver leur santé et atteindre leur âge dans sa limite naturelle. 

vendredi 9 novembre 2018

Immortalité


Le temps n'existe pas, il n'est qu'un moyen de mesure  : entre deux lever de soleil, on dit qu'il s'est écoulé 24 h. Mais en réalité c'est la Terre qui a fait un tour sur elle même : où est le temps ?
Rien ne se perd, rien ne se crée, cette formule reprise par Lavoisier au Grec Anaxagore est d'une réalité jamais remise en cause. L'Univers ne fait que se transformer, rien ne disparaît, seule la forme évolue. Ainsi, tout est éternel. A l'échelle de l'Univers, rien n'es perdu. A l'échelle de l'atome tout est éternel. car la majorité des atomes ont une durée de vie infinie. A notre échelle, nous avons l'
impression d'être mortels. C'est que notre forme se transforme depuis la conception, la naissance, la vie et la mort. L'ennui est que nous nous attachons à ce corps qui se transforme. C'est la partie de nous même qui s'attache à ce corps qui craint la mort, mais si nous n'y voyons qu'une transformation nécessaire, un moyen pour l'Univers de se renouveler, nous ne nous attachons pas à ce corps. Aussi le sage cherche, contrairement à l'homme ordinaire, à se détacher de tout; des biens matériels, du savoir, des sensations, de tout. 
Ce qu'il reste, c'est la conscience, celle que nous avions à notre naissance. Et cette conscience vide de tout attachement, source de toutes les intuitions, cette conscience est la même d'individu en individu. Cette conscience est  universelle, éternelle. C'est pourquoi Lao Tseu parle d'Immortalité. Le Bodhisattva, Bouddha parvient aussi à l'éternité. Et ce Nirvana est accessible à tout un chacun, et à tout âge. Mais pour cela il faut être prêt à un lâcher-prise total.
Quand on ne vit plus pour soi, mais pour l'humanité, pour la vie, pour l'Univers lui-même, on ne se soucie plus des maigres intérêts de l'ego. Et l'Univers aime bien le repos, naturellement il retourne à l'équilibre. C'est pourquoi le sage Taoïste n'agit pas, ou plutôt agit par non-agir, en suivant
le retour à l'équilibre de l'Univers. Il ne va à l'encontre de rien, il ne force rien, il lâche prise.
Et ce qui reste n'est pas rien, au contraire c'est insondable, mystérieux ; le Tao. C'est le mystère de la vacuité Bouddhiste. Ce n'est autre que le mystère de la vie. Car sur Terre, la vie a développé des myriades de formes distinctes. Nous les côtoyons tous les jours, et ainsi ne sommes plus émerveillés par cette diversité. La vie est d'une intelligence rare, parce qu'elle fonctionne. Et ce qui fonctionne est ce qui suit le Tao. Cette intelligence de la vie est éternelle. La rejoindre est la clé de l'immortalité. Ne plus se centrer sur sa petite personne en est le moyen.

vendredi 26 octobre 2018

Savoir


Voici ce que Tchouang-Tseu dit du savoir :
"La vie humaine est limitée; le savoir est illimité. Qui subordonne sa vie limitée à la poursuite du savoir illimité va à l'épuisement; épuisé, il veut savoir encore et meurt ainsi d'épuisement. Qui fait le bien s'attire le renom; qui fait le mal se voue au châtiment. Seul celui qui prend pour règle la modération peut conserver son corps et sa vie, remplir ses devoirs envers ses parents et atteindre la limite naturelle de son existence."
Ainsi, même à l'époque de Tchouang-Tseu qui est à des années lumières de celle actuelle d'internet, on reconnaissait volontiers que le savoir était illimité. Que dire alors du savoir au jour d'aujourd'hui ? Et que dire de ceux qui courent après le savoir ? Ces monstres d'éruditions se rendent-ils heureux par leur savoir ? Et ce savoir peut
être aussi bien scientifique que culturel ou même portant sur des anecdotes du passé.
La recherche du savoir n'est autre qu'un désir déguisé, et à ce titre elle mène à l'épuisement. Même à son époque, Tchouang Tseu avait remarqué qu'elle était contraire à une vie longue et saine. On sait (oh! le vilain mot) désormais que l'activité trop intense du cortex perturbe le cerveau reptilien qui a en charge toutes les régulations du corps.
Mais que substituer au savoir ? Car en face d'une situation, il faut "savoir" comment se comporter. Certes le mental cherche à tout prévoir et pioche dans la mémoire pour trouver le comportement adéquat. Sommes nous donc voués à accumuler des "savoirs" pour faire face à chacune des situations de la vie ? Heureusement que non ! La plus-part du temps, c'est instinctivement que nous nous comportons.
Aussi, comme le dit Tchouang-Teu, le savoir est à user avec modération, face à certaines situations, il
sera utile, mais face à d'autres, il faudra ne pas avoir peur de faire appel à son instinct. Car c'est le cerveau reptilien qui est à l'origine de l'instinct et c'est lui qui est le garant de notre santé. L'usage de l'instinct et du cerveau reptilien sont donc les clés d'une longue vie, et c'est aussi ce que conclue Tchouang-Tseu.
A l'inverse, si vous faites confiance au mental et au savoir, vous risquez de vous fier à un conseiller qui a tendance à tout exagérer. Pourquoi exagère-t-il ? Tout simplement, pour attirer votre attention. C'est tout le contraire de l'instinct qui lui est (trop) discret.
Et puis, rappelons nous le non savoir ultime dont Lao-Tseu nous dit : "Celui qui parle ne sait pas, celui qui sait ne parle pas."

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