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mercredi 15 mai 2030

Editorial

Bonjour à toutes et à tous,

Il est un chemin tellement évident que si peu de gens l'empruntent.
Ce blog est construit le long de cette route, la voie large qui suit l'Univers, en toute simplicité.
Il y a 2500 ans, un homme nommé Lao Tseu a donné un nom au principe de cette voie : le Tao.

Que vous soyez depuis peu sur cette voie ou fidèle depuis toujours, n'hésitez pas à faire part de vos expériences.

Bon Tao à toutes et à tous,

Oliver

Avec plus de 100 articles sur le Tao, les grandes lignes ont été dressées. Aussi, si un sujet particulier motive votre visite, n'oubliez pas la recherche par mots clefs ci-dessus. Les articles fondateurs sont plutôt en fin de liste.
                                                                                      http://www.myannuaire.com 

Lectures


Avant toute chose, signalons à ceux qui passeraient par ce blog pour se renseigner sur le Taoïsme, les lectures incontournables des pères du Taoïsme Chinois.
Le Tao Te King de Lao Tseu taoteking en ligne
L’œuvre de Tchouang Tseu
Le grand classique du vide parfait de Lie Tseu
Les trois oeuvres réunies

Pas plus de commentaire, je ne veux influencer d'aucune manière.

Bonne lecture,

Oliver

vendredi 18 août 2017

Une question de point de vue


Imaginons que vous observiez cette rose dans un coin du jardin.
1) Vous l'observez avec un point de vue égoïste : vous vous dites "comme cette rose est belle ! J'ai eu de la chance de la voir aujourd'hui alors qu'elle est en pleine croissance, et qu'est'ce qu'elle sent bon, je vais la couper pour la mettre dans un vase, et puis je vais couper cette autre rose en bouton, et puis toutes les roses de ce rosier pour faire un magnifique bouquet." Et puis bien sûr, comme vous êtes un peu maladroit, les tiges ne sont pas d'égales longueurs et le bouquet est tout de travers il ne vous plait plus, demain vous le jetterez à la poubelle !
2) Vous l'observez avec le point de vue du Tao : Vous avez vaincu votre moi, vous vous êtes effacé. Ce n'est plus vous qui vous dites que cette rose est belle, et pourtant elle est furieusement belle, alors vous, au nom de l'univers tout entiers, vous
célébrez cette rencontre, vous célébrez l'instant et vous laissez l'univers (le Tao) profiter de ce qu'il est capable de faire : la magie de la beauté d'une rose et la magie de son parfum. C'est de la contemplation. Une fois cet instant passé, vous poursuivez le Tao prêt à faire de nouvelles découvertes, comme cet étonnant coléoptère...
Ce point de vue du Tao n'est pas donné à tout le monde, comme on le voit, il faut s'être effacé, ne plus avoir d'ego, laisser l'Univers être par votre présence, comme je le dit souvent il faut faire vivre l'Univers qui est en soi. Et c'est impossible de le faire si vous êtes accaparés par vos pensées ou rempli de désirs.
A l'inverse, l'homme égoïste ramène tout à lui, il cherche comment il pourrait profiter de la situation. Il n'a pas suffisamment de recul pour voir la beauté du rosier, quand au coléoptère il ne le verra même pas, ou ce dernier lui fera peur, et il cherchera à l'écraser
Saisir le point de vue universel que nous représentons tous est la clef du Tao. Mais il est très difficile de s'établir dans cet état qui est celui de la non dualité. Notre ego est tellement ancré depuis que nous avons fêté nos 2 ans et que nous avons compris ce que représentait l'autre : un potentiel concurrent dont nous convoitons les jouets, que nous ne pouvons nous soustraire à ses bavardages et à son point de vue : les autres sont des étrangers. Pourtant derrière le regard de l'autre se cache le regard de l'Univers, le regard du Tao. Alors me direz-vous pourquoi ne reconnait-on pas le Tao à travers l'autre ? C'est que l'autre est d'ordinaire submergé par son ego. S'il
parle, c'est pour se mettre en valeur. S'il écoute, c'est pour apprendre quelque chose. Ainsi le regard du Tao est, chez l'autre, masqué par les désirs de l'ego. En outre, lorsqu'un Saint Homme s'exprime, l'ego de celui qui écoute parasite son message. Les conditions pour reconnaître l'expression du Tao chez l'autre sont donc très délicates.
Le point de vue de l'homme ordinaire peut varier entre celui du Tao et celui de l'égoïste. Cette alternance entre les deux points de vue est signe d'une plutôt bonne santé mentale. En effet, l'homme ordinaire oscille entre les deux états, il a des accès d'égoïsme comme il a des accès d'altruisme. C'est dans ces moments où il fait plaisir aux autres qu'il peut sentir ce que sont les ailes du Tao, comment le Tao rend léger. Alors, peut-être apprendra-t-il à faire plaisir aux autres pour retrouver cette légèreté et côtoyer le Tao sans rien attendre en retour. Tel est le point de vue du Tao.

vendredi 4 août 2017

Le Tao au quotidien

Vivre le Tao, c'est être sans désir, sans ego, sans aucun attachement, sans plus de mental que nécessaire et sans agir autrement qu'à l'instinct. Le tout dans une honnêteté naïve presque puérile. Le Tao est ce qui nous guide, mais comment suivre quelque chose d'indicible ? Et bien justement en s'effacent devant lui, pour qu'il devienne une évidence. Si aucun désir ne vous anime, si vous laissez votre moi de côté, si aucune cogitation ne vous habite, si vous n'êtes retenu par aucune possession, ni aucune fierté, il ne vous reste que la proposition du Tao, c'est à dire l'instinct. D'ailleurs,
classiquement, le Tao vous incitera à ne rien faire, car le Tao préfère l'économie à toute autre activité. Pour le Tao, l'homme sage est celui qui économise l'Univers. Et ceci commence ici et maintenant. Avec un peu d'entrainement, on repère assez vite les déséquilibres dans le monde qui nous entoure. En cette période de fortes chaleur, par exemple, ouvrir une porte pour créer un courant d'air, n'est qu'un geste anodin, pourtant, il permet à l'Univers de s'équilibrer localement. En réunion de travail il peut arriver que les collaborateurs soient obligés de conclure une affaire. Tout l'art consiste alors à faire formuler l'avenant par la partie adverse et se contenter d'être d'accord pour que l'affaire se conclue. Mais attention cette affaire doit aller dans l'intérêt du Tao et non celui de l'entreprise uniquement. Mais souvent ces intérêts pourront être communs. Si les intérêts du Tao et d'autrui ne sont pas communs, le Taoïste défendra le point de vue de l'Univers, au risque de perdre sa place dans l'entreprise.
Ainsi vivre le Tao, c'est savourer des instants où il ne se passe rien, et où l'on peut être en communion avec soi-même, avec sa conscience. Nous sommes les témoins vivants de l'Univers, c'est déjà énorme ! Cela devrait nous suffire ! Au lieu de cela, certains se plaignent  sans arrêt qu'ils pourraient avoir plus. J'étais de ceux-là il n'y a encore pas si longtemps. Je me disais : "ah si j'étais plus jeune... Ah si j'avais une plus grosse voiture... Ah si j'avais le courage de faire une marche... Ah si je réussissais à dormir un peu cette nuit..." Bref je me lamentais tout le temps au point de devenir franchement dépressif. Il faut dire qu'en réalité j'étais plein de désirs. La moindre occasion était bonne pour faire remonter un désir inassouvi. Et ça, je peux le dire maintenant, c'est une terrible souffrance. Car
c'est une souffrance qui mène à la dépression. Le désir est un cercle vicieux, le Tao un cercle vertueux. Mon Maître et ami dit : "l'Ego, c'est la maladie, le Tao c'est la guérison". En fait, il me fallait lâcher prise de mon Ego qui en voulait toujours plus.
Le Tao nous relie au reste du Monde, avec lui, on apprend à faire passer les intérêts communs avant ses propres intérêts. Avec lui, on vit cette relation intime entre soi et le grand Tout, rien ne peut être plus précieux. Lao Tseu dit du sage que sous des habits grossiers il cache un joyau. C'est exactement cela, le Tao, c'est la richesse intérieure, et on sait bien qu'elle surclasse toute les richesses matérielles.  

vendredi 21 juillet 2017

Non solitude


Moi seul vais comme le déshérité dit Lao Tseu.
Tellement peu de gens suivent le Tao, comment ne pas être seul ? Seul a être le digne représentant de l'Univers. Autour de soi vont et agissent de multiples Ego: "moi je suis allé en Grèce pour ces vacances, et toi tu as fait quoi ? - Moi j'ai suivi le Tao !" Non bien sûr, on ne peut pas répondre ça! Alors forcément, on reste un peu en retrait, et on savoure l'expérience du Tao en solitaire. L'homme du Tao est bien sûr attentif aux autres, mais il est aussi tourné vers l'intérieur à l'écoute de cette vacuité qui le guide. Et ce trésor, il ne peut le partager avec autrui. Car même si il essaye, il se heurte à une levée de boucliers ! "Non, je ne crois pas au Tao", sous entendu : "c'est moi qui décide, pas le Tao".
Lao Tseu, lui, s'est retiré dans les montagnes de l'ouest. Mais était-il vraiment seul ? Non ! Car il était plus que jamais connecté au Tao, connecté à l'Univers lui-même. Ainsi, le Tao s'il nous coupe du vulgaire, il nous relie à tout le reste. La solitude dans laquelle se trouve le Taoïste est donc toute relative, c'est une Non-Solitude. Et puis, lorsque l'homme du Tao croise un être spirituel, la complicité est telle qu'elle vaut plusieurs rencontres. De plus, les grandes discussions entre amis ne sont pas très compatibles avec le Tao, car ce dernier réclame une attention non polluée par le mental, et lors d'une discussion entre amis, le mental est en effervescence cherchant à alimenter la discussion pour "faire l'intéressant". Faire le fanfaron, voilà le propre des discussions entre amis, tous le contraire de l'attitude naturelle du Taoïste qui reste humble en toutes circonstances
Communiquer avec autrui sur le sujet du Tao nécessite d'être seul à seul. Il n'est déjà pas facile d'aborder le sujet en privé, l'aborder en groupe est pour ainsi dire suicidaire et dans tous les cas fort maladroit. En tête à tête, si le sujet est quelque peu enclin à la spiritualité, c'est jouable, surtout si c'est lui qui aborde le sujet. Or il se trouve que le Taoïste est d'ordinaire ouvert à ce type de discussion, et si l'interlocuteur le ressent alors la brèche s'ouvre, et c'est gagné, l'échange peut avoir lieu.
J'avais un oncle spirituellement très ouvert qui me disait qu'il recueillait souvent les confession des gens. D'après lui, après avoir discuté de la pluie et du beau temps, il suffisait de baisser la main droite à plat un peu à la façon des saints sur les icônes pour que l'autre se répande en confession. J'ai testé, et j'y suis arrivé une fois ou deux, mais lui n'avait pas son pareil pour le faire.
La solitude que le Taoïste ressent tient aussi au contraste qui existe entre la richesse de la vie intérieur et la pauvreté des échanges avec nos semblables. Le Taoïste étant sans désir s'en accommode très bien, mais se tourne dès qu'il le peut vers sa richesse intérieure. Du reste, l'homme sans désir se satisfait très bien de la solitude quelle qu'elle soit. Celle-ci est pour lui objet de méditation et lui procure paix, joie, plénitude et sérénité.
Mon premier souvenir remonte à une époque où j'étais très jeune, peut-être 1 ou 2 ans. J'étais dans mon berceau et je scrutais la pièce tout autour de moi. Celle-ci était blanche, immaculée. Je ne distinguais pas bien la porte, blanche elle aussi,
mais je savais que l'objet de mon attente (ma mère) devait venir de cette direction. Dans cette pièce j'étais seul, mais pourtant je me sentais relié. Pas à ma mère, car elle n'était pas là. Mais j'étais calme et serein, une force tranquille m'accompagnait, elle m'aidait à supporter ma solitude. Aujourd'hui, je crois que je peux l'identifier comme étant celle de ma conscience.
Le Taoïste a pour compagnon sa propre conscience, grâce à elle, il n'est jamais seul.  

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