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samedi 21 avril 2018

Une vie simple


Le bonheur ne vient pas ni des richesses, ni des passions auxquelles on peut vouer sa vie. Et ce même si cela peut donner l'impression d'être "plus vivant". L'homme du Tao est heureux parce qu'il accepte une vie simple. Il s’émerveille d'un lever ou d'un coucher de soleil, d'un oiseau qui s'organise dans un buisson, un rien le captive. Et pourtant, paradoxalement, il n'est captivé par rien. Cela me rappelle cette histoire de Tchouang Tseu que je cite de mémoire :
Tchouang Tseu se promène dans la nature (son activité favorite) et il repère une mente religieuse dont l'attention est captée par une mouche posée sur une branche. De la sorte, la mente religieuse attire l'attention d'une pie qui elle même attire l'attention
d'un chat. Captivé par toutes ces observations, Tchouang Tseu ne voit pas arriver le garde chasse qui le soupçonne de braconnage ! Ainsi l'homme du Tao vit l'instant présent mais ne doit pas se laisser absorber par une quelconque passion. Telle est la leçon de ce passage du Tchouang Tseu. 
Pour le Taoïste, la vie s'écoule simplement sans qu'aucun événement ne prenne le dessus sur l'autre. L'esprit reste alerte prêt à accueillir la vie comme elle vient. Et ce, sans minimiser ni amplifier l'instant présent. Le Taoïste reste neutre. C'est sa force tranquille qui le rend paisible et l'emplie d'un bonheur simple.
L'homme du Tao ne se soucie pas de l'avenir, en effet, si aujourd'hui le Tao est à l'instant t, demain ce sera ce même Tao qui sera à l'instant t+1. Il y a donc de fortes probabilités que la vie simple qu'apprécie le taoïste soit tout aussi appréciable dans le futur. Et du reste, l'homme du Tao s'accommodera des changements, puisque c'est l'univers et donc le Tao qui l'exige. Bien sur, ce qui fait la neutralité du Taoïste, c'est le fait d'être sans désir, sans attachement. Et lorsqu'il fait quelque chose, il ne le fait pas
pour lui, mais pour la grande communauté des êtres vivants et leur environnement. On dirait aujourd'hui qu'il oeuvre pour la planète, sans en être militant. Lao Tseu dit qu'il oeuvre par le Non-Agir. Cela rend la vie simple car on n'exige rien de soi-même, les exigence viennent du Tao, qui lui-même n'exige rien. Il ne reste presque plus rien à faire, on peut alors s'adonner à la contemplation.
L'esprit du taoïste est à l'image de sa vie, son mental ne s’emballe pas, semblable à ce qu'il est lors de la méditation; paisible C'est cette paix intérieure qui le rend simple et heureux. C'est le joyaux recouvert d'un manteau grossier dont nous parle Lao Tseu.

samedi 14 avril 2018

Ne pas jouer sur les mots

En spiritualité comme en tout, un chat est un chat, il n'est pas la peine de jouer sur les mots. Par exemple l'ego, certains dise qu'il existe le vrai et le faux ego, seul le faux étant "mauvais". Or par définition, l'ego se manifeste lorsque l'individu agit pour son intérêt personnel. Bien sur, l'intérêt personnel peut rejoindre celui de la communauté, voire même de la planète et dans ce cas, le Tao n'est pas bien loin, mais la plus-part du temps l'intérêt personnel est à court terme et va à l'opposé de l'intérêt universel, c'est le travers de l'ego. Alors, lorsque l'individu agit pour le bien de tous, on pourrait peut-être parler d'ego, mais selon moi, il vaut mieux parler d'altruisme. 
Nourrir son ego est, qu'on le veuille ou non, dangereux pour son équilibre physique et psychique.Il convient de vivre avec un égo réduit au minimum, c'est à dire faire passer ses intérêts au minimum du possible. Cela ne veut pas dire vivre sans intérêt, mais se mettre totalement au service du Tao. Souvent cela veut dire se mettre au service des autres, mais pas toujours. Je me souviens d'un jour où j'ai fait valoir les intérêt des étudiants devant les intérêts d'un collègue qui voulait à tout prix informatiser des tracés de courbes très importants en électronique. Voyant qu'il allait supprimer ces tracés dans une série de Travaux Pratiques fondamentaux, je l'ai violemment stoppé dans sa démarche en frappant du poing la table et en criant (le mot n'est pas fort) : ARRÊTE ! C'était le cri du cœur, même pas le mien, c'était une voix qui s'était imposée à moi, presque irrationnelle. 
L'autre mot qui fâche parfois est celui du désir. Peut-on vivre sans désir ? Bien sûr que non ! En revanche on peut par le biais de la conscience, observer ses désirs et choisir de ne pas les suivre, c'est cela être sans désir. Il s'agit de laisser filer, de lâcher-prise de ses désirs. Cela peut aller très loin jusqu'à lâcher prise de ses pensées, tant toutes les pensées ou presque, manifestent un désir.
Cela nous amènent naturellement au mental, autre mot qui fâche. Le mental met en oeuvre des concepts basés sur le passé pour prédire un avenir plus ou moins proche, ou il pioche dans la mémoire du passé pour raconter une histoire. En agissant de la sorte, il nous éloigne de l'instant présent, et il est beaucoup moins riche que l'ici et maintenant. "Celui qui parle ne sait pas, celui qui sait ne parle pas" dit Lao Tseu. Ainsi traite-t-il le mental bavard. Et de fait, on vit beaucoup mieux en lâchant prise du mental, tout comme on le fait en méditation.
Enfin, le Non-Agir qui prône l'action désintéressée ne bannit pas toute action mais seulement celles, nombreuses, qui vont à l'encontre du Tao, à l'encontre des intérêts universels. Etre sans-agir, c'est aller dans le sens de la vie, suivre le courant subtil du Tao sans jamais aller contre, ni tirer la couverture à soi.  

samedi 7 avril 2018

Le Tao : l'acteur final


Qu'on le veuille ou non, les choses se passent selon la loi du retour à l'équilibre. Cette loi, un vieille homme chinois l'a mise à jour et lui a donné un nom : le Tao. Lao Tseu en a décrit les principales caractéristiques : non-agir; le Tao ne fait rien de façon spontanée, non-désir; le Tao n'as aucune volonté autre que de revenir à l'équilibre. Ainsi lorsque par un acte nous modifions l'équilibre de notre monde, nous nous exposons au retour du Tao, et, si nous n'y prenons pas garde, cela peut être éprouvant, voir dangereux. De même, être épris de désir nous tend vers un état qui est autre que celui de notre monde, nous voudrions le modifier, mais cela est difficile voir impossible tant le Tao est sans agir.
Désirer nous rend donc malheureux et risque de nous opposer au Tao, dont la force est invincible.
Car c'est le Tao qui a le dernier mot. Bien sûr, je peut tenter d'aller contre le Tao. Une fourchette est tombée par terre, je peux la ramasser, même si cela me pèse. Mais si c'est une vieille dame qui tombe, je l'aiderai à se relever et nous y parviendrons si nos efforts sont conjoints, elle me remerciera et nous serons heureux tous les deux, le Tao y sera gagnant. Même dans le cas de la fourchette, sa position d’équilibre était sur la table, aussi le fait de la ramasser vas dans le sens du Tao. Et c'est le ressenti par rapport à cette notion d'équilibre qui caractérise le Tao, qui nous rend heureux et satisfait de nos actes. Un acte est
accomplis lorsque l'équilibre est retrouvé aller dans ce sens, c'est non-agir avec le Tao, aller à l'encontre, c'est s'attirer les foudres.
Or qu'est-ce donc que l'ego si ce n'est l'acteur par excellence Et cet ego se fiche pas mal du Tao et du retour à l'équilibre. "America first" dit Donald Trump, et pour cela il développe les armes, les gaz de schistes et déclenche des conflits en fonction des intérêts de l'Amérique. L'Ego va dans tous les sens ainsi parfois il rejoint le Tao, mais souvent, il va à son encontre. L'ego, c'est un éléphant dans un magasin de porcelaine. L'éveillé est, au contraire,  le marchand qui se meut et place
avec patience les objets de porcelaine pour parvenir à une certaine harmonie. Mais au final, c'est le Tao qui a le dernier mot : dans le cas de l'objet en porcelaine, si ce dernier choit, l'équilibre est respecté lorsqu'il est en mille morceaux. Et il faudra toute la patience et l'amour du collectionneur pour recoller les morceaux. Mais ce dernier ne sera pas à l'abri d'une nouvelle chute et se met donc en "danger"
C'est pourquoi le sage ne tente rien de scabreux, il ne fait qu'aller dans le sens du Tao. Il n'y a qu'un cas où le sage exécute des actes contraire au Tao, c'est quand il se trouve au sein d'une communauté.. Par exemple, si une corvée est à faire, il préférera la faire plutôt que d'en confier le soin à une personne qui rechigne à la tâche. Ainsi, il le fera dans la joie et la bonne humeur, sans fatiguer le Tao.
Mais pour le reste, le sage n'agit pas, tant il a conscience de l'effet boule de neige que pourrait avoir ses actes. Manger du pain, c'est profiter du travail du boulanger qui utilise la farine sortie du moulin à partir des grains de blé moissonné par un agriculteur qui utilise un tracteur... Ce simple acte de manger déclenche une cascade d'efforts que seul la faim autorise.  
Si le sage mange, c'est qu'il a faim, s'il dort, c'est qu'il a sommeil, s'il marche c'est qu'il doit se dégourdir les jambes. Ce qu'il fait, il le pratique avec économie, parce qu'il a conscience de l'effort que cela demande au Tao. Et le sage se sait être l'un des bras de l'immense être vivant qu'est le Tao, il se met donc à son service, plutôt que de lui tenir tête comme le font les ego insensés.
Mais, me direz-vous, comment savoir si un acte vas dans le sens du Tao ou pas ? En effet les choses étant très intriquées, il est difficile de s'y retrouver. Aussi, il ne faut pas oublier que nous sommes le Tao en mouvement. Nous pouvons donc être notre propre guide. Comment ? En suivant notre instinct, tout simplement. Mais attention, pour trouver son instinct, il faut au préalable s'être lavé des pensées égotiques.

vendredi 30 mars 2018

Les exagérations du mental

Le terrain de jeu du mental n'est pas l'instant présent. Face à l'ici et maintenant, il ne peut rien dire. Car face au présent, il n'y a rien à redire, tout est là en évidence. Le moment présent peut juste être décrit, savouré, parfois subi, mais combien de fois apprécié. Les gens qui se plaignent de leur vie passent souvent à côté de l'instant présent, ils vivent de regrets ou d'espoirs et ne sont pas dans l'acceptation du présent. Ils s'estiment malheureux et pensent que la vie ne leur apporte pas le fruit de leur désir. Et leur désir est toujours plus beau, toujours plus grand que ce que la vie leur apporte. Car le mental, qui est l'outil du désir, fonctionne sur le passé, ou fantasme l'avenir. Il ne se base que très peu sur l'ici et maintenant, de sorte que la caricature, le forcement du trait, l'exagération sont la règle.

Je vous demande ici de faire l'expérience suivante. Avant votre prochain départ en vacances, alors que vous êtes dans les préparatifs complètement tendus vers ces vacances, fermez les yeux, allongez-vous si c'est possible, et visualisez vos prochains jours à la montagne. Des pensées du type "ai-je bien pris les chaînes ?" ne tarderont pas à venir. Vous les repoussez car oui, c'est sûr, elles sont dans le coffre, mais votre mental n'en a pas fini, vous visualisez la mésaventure de l'an dernier où les chaînes mal tendues avaient glissé autour de la roue sectionnant un flexible de frein. Vous vous dites, mais non il ne m'arrivera rien de tel ! Mais le mental enchaîne vous remémorant le froid sur les doigts nus dans la neige, la neige qui tombe à gros flocons se glissant jusque dans le cou etc... De fil en aiguille le mental vous emmènera loin dans vos vacances, mais sans en montrer le bon côté.
Souvent, la conscience est nécessaire pour sortir de ce qui vire au cauchemars. Car, fort de votre expérience de la réalité, vous dites stop ! Et vous repartez sur une vision plus agréable : en train de réaliser des courbes parfaites à ski. Ici, c'est votre désir de skier qui vous guide, mais très vite le mental est son côté catastrophiste reprend le dessus, les bosses se font plus grosses, elles deviennent verglacées et votre style de ski se dégrade jusqu'à la chute. Et le mental continue, vous voilà à l'hôpital avec une jambe enturbannée de blanc. Embarqué dans l'histoire, vous tentez d'y mettre fin en vous levant, où au contraire vous succombez au sommeil.
Toujours est-il que j'ai pu constater au combien le mental sait imaginer le pire. Bien sûr, il sait aussi imaginer le meilleur. Mais, il semble que ce soit un peu plus compliqué. Essayez ainsi de fermer les yeux et de visualiser le visage de l'être aimé. C'est très difficile. D'une manière général, conceptualiser son désir demande de gros efforts, et c'est peut-être ce qui complique la vie de l'ego.
Ces exagérations du mental nous poussent à essayer de le contredire et un combat inconscient en résulte qui risque de nous épuiser. Le moyen de sortir de cette épreuve souvent inconsciente, c'est justement de la rendre consciente en se disant "attention, là encore c'est le mental qui m'entraine !"
Et le mental est si fort dans l'exagération de par sa non emprise sur le présent. Il peut très facilement raconter une histoire. Et comme il cherche à exister, il cherche à vous impressionner en forçant le trait. De la sorte, il parvient à exister. Le ramener à sa juste dimension par la conscience est une clé de l'éveil.

samedi 24 mars 2018

Efficacité du Non Agir


Le Non Agir est une notion qui n'est pas évidente de prime abord. Il s'agit de ne pas agir... L’inaction ! Est-ce cela que recommande Lao Tseu ? Oui et non. L'action qui est redoutée par le grand maître est celle de l'ego. Si vous agissez pour votre petite personne, cela va contre le Tao, et c'est d'une certaine manière voué à l'échec. Si, par contre, vous agissez pour aider la communauté, de façon altruiste, alors ce n'est pas de l'action, car c'est le Tao qui vous guide vous n'êtes que son corps, ses bras, un terminal... 
Par exemple, si une corvée doit être faite, il vaut mieux que je m'y atèle plutôt que de la laisser à autrui. En effet, sachant que je suis mu par le Tao, je vais m’acquitter de cette corvée dans la joie et la
bonne humeur. Si c'est quelqu'un d'autre qui s'y attache, il y a de forte chance qu'il rechigne à la tâche, traîne les pieds et aille contre le Tao. Par contre, si d'autres viennent m'aider, alors les choses se feront dans une apparente inaction, sans gros efforts. C'est cela le Tao, une efficacité ne nécessitant que peu d'effort, car on va dans le sens de la vie, le cours normal des choses.
A l'inverse, si on laisse l'ego nous piloter, on va par exemple s'accaparer des richesses, et celles-ci sont ainsi soustraites à la communauté. De la sorte, on va contre l'idée de partage qui est bien sûr celle du Tao, ce dernier se sépare alors de vous, vous n'êtes plus porté, vos richesses deviennent un poids. Celles-ci sont d'autant plus lourdes que vous vous y attachez, d'autant plus lourdes que le prix que vous y accordez est grand. C'est pourquoi l'attachement, le désir vont contre le Tao. L'Univers est tout ce qui existe, et par conséquent il possède tout ce qui existe, il n'a pas besoin de richesse, il est riche de tout. Aussi, si vous acceptez d'aider l'Univers, vous devenez en retour riche de tout. C'est là le trésor du Saint Homme, qui ne veut rien et qui ainsi est propriétaire de tout.
On voit donc que non-désir et non-agir sont des notions connexes. L'une ne va pas sans l'autre, les deux sont liées. En réalité c'est le non-ego qui est à la racine de ces deux notions. Et, pour paraphraser Kalou Rimpoché :"vidant votre ego, vous apprenez à devenir rien, et n'étant rien, vous êtes tout".
Aussi, le non-agir est-il terriblement efficace. Car la force qu'il met en jeu ne provient pas de vous mais directement du Tao, qui, lui-même ne met aucune force en jeu si ce n'est celle d'un retour à l'équilibre. 
Par exemple faire le ménage dans une pièce n'a de sens que dans le cadre d'un retour à un équilibre harmonieux des meubles et des sols de cette pièce. Le sens de l'harmonie me guide dans l'agencement des chaises autour de la table, dans le dépoussiérage du dessus de la commode et ainsi de suite. Avec un cœur léger cette tâche s'accomplit dans la joie. Si par contre vous avez en tête un rendez-vous auquel vous attachez beaucoup d'importance, auquel vous vous attachez, ou toute autre chose, vous bâclerez la tâche ménagère et les choses commenceront à aller de travers, vous n'êtes plus dans l'ici et maintenant.
Ainsi, le non agir de l'homme vidé de son ego va vers l'équilibre de l'univers et suit le Tao. C'est l'art de l'harmonie abordé de la plus simple des façons.

samedi 17 mars 2018

Stagnation Spirituelle


Les satori, les prises de conscience spirituelles, qui vous font soudainement voir le monde sous un jour neuf, éclatant, incroyablement pur, ces satori ne durent qu'un temps. Rien n'est comme avant, on ne reviens pas en arrière en matière de spiritualité, mais parfois les prises de conscience ralentissent, se font plus rares, sans doute que l'ego reprend le dessus, il est tellement prêt à reprendre les commandes, et alors on replonge dans l'ignorance, plus question de voir clair dans le Tao, on redonne la priorité à sa petite personne, le Tao et sa clairvoyance se met en retrait. Pour retrouver le Tao il faudrait mettre au jour les verrous de l'ego, seulement voilà, il est difficile d'être conscient de ses propres défauts. Pour les vaincre, il faut faire fonctionner sa conscience. Il faut l'ouvrir et passer au crible les défauts de
l'ego. La colère, pourquoi je me met dans cet état ? L'énervement, pourquoi me laissais-je emporter, la jalousie etc. Et lorsqu'on est complètement Zen, que l'on retrouve le Tao, le satori n'est pas loin. 
Alors pourquoi y a-t-il des périodes creuses ? Certes quand il y a des hauts, il y a nécessairement des bas. Lao Tseu n'en aurait pas dit moins. Aussi, il faut se montrer patient. Le lâcher-prise est important. Ce à quoi l'on s'attache est ce qui nourrit l'ego. C'est pourquoi il faut ne rien désirer, le désir, l'attente, l'attachement sont ce qui nous pourrit la vie. Pire, cela pourrit la vie des autres aussi ! Nos désirs de consommation d'occidentaux entraînent le monde dans une
infernale frénésie ! Le moindre yaourt nécessite le travail d'un agriculteur, une vache qui ait déjà vêlé, une usine de conditionnement, des robots, des ouvriers etc. Tout-ça, pour un désir gourmand ! 
Et puis, il y a le désir de retrouver le satori lui-même. Comme tous les désirs il éloigne de la prise de conscience que peut apporter le Tao. Là encore, il convient de lâcher-prise. Il convient d'accepter la traversée du désert, de rester humble devant la destinée. Ce que le Tao nous apporte est ce qui nous convient. Et si l'on attend rien, cette équation est toujours vérifiée. C'est là la force de
l'enseignement de Lao Tseu, c'est simple et efficace: sans désir, vous ne laissez pas de prise à l'ego, vous restez humble, zen, vous ne laissez pas de prise au malin.
Alors à la prochaine traversée du désert, ne perdez pas patience, concentrez vous sur votre conscience pour mettre à jour vos désirs les plus secrets, et lâchez prise, vous retrouverez le satori et tout rentrera dans l'ordre.    

dimanche 11 mars 2018

Non Savoir et ouverture d'esprit


Celui qui suit le Tao est comme le Tao, il est sans attente. Il ne fait que ce que la nature lui suggère. Il ne se formalise pas si quelque chose contrecarre ses plans, tout simplement parce qu'il n'a pas de plan ! Et de ce fait il est totalement ouvert, totalement attentif à son environnement, il est, pour reprendre une expression à la mode, totalement connecté à l'instant présent, à l'ici et maintenant. N'ayant pas de plan, il accueille cet instant, ce qui vient totalement, sans réticence. A la limite, même la mort ne lui fait pas peur, il est prêt à l"accueillir.
Mais le Tao le guide, un chemin s'offre à lui. Et le Tao rend chaque instant merveilleux. De telle sorte que chaque instant est inoubliable. Ainsi la vie du Taoïste est riche de plaisirs simples. L'ouverture d'esprit du Taoïste le rend érudit sans avoir nullement cultivé ce savoir. Lao Tseu nous dit que le sage fait du non-savoir son étude. En effet, le savoir acquis dans l'instant est la meilleure école. Les pépites que nous offre la vie se gravent à jamais dans nos cœurs, c'est cela le Non-Savoir, c'est le Savoir qui nous est inculqué par la Vie. Aucun savoir ne lui est supérieur, car le savoir ordinaire détourne le "savant" de la Vie et du Tao, qui constitue la meilleure école qui soit.
Sans attente, sans "savoir", le Taoïste est libre de toujours faire le choix de la Vie. Ce sont des non-choix, car il n'y a aucune préméditation aucun a priori, tout glisse librement autour de l'homme du Tao.
A contrario, l'homme cultivé a passé des heures dans les livres et est passé à côté de sa vie pour une bonne part. Ses connaissances sont superficielles, car il ne les a pas vécues dans sa chair, il ressemble plus à un perroquet lisant une encyclopédie qu'à un homme digne de confiance. Qui n'a pas rencontré un tel homme délivrant son
discours tout prêt pour étaler sa science (un peu comme je le fait en écrivant ces lignes...) ? A la limite, il ne se soucie même pas de savoir si oui ou non vous captez quelque chose de son discours. L'essentiel étant de se montrer savant. Ces hommes sont comme des arbres sans racines. Leur savoir est purement intellectuel, ils sont complètement coupés de l'ici et maintenant. Cela fait si longtemps qu'ils sont coupés de la sorte, qu'ils perdent toute notion de bon sens, ils perdent l'ouverture d'esprit de l'homme ordinaire. Et l'homme ordinaire est plus proche du Tao que l'homme érudit.
Cela n'empêche pas le Taoïste de lire des livres, mais ce derniers restera attentif aux signes de la vie, et il quittera sa lecture au moindre appel du Tao. Rappelons-le, il est sans attente, il ne lui est pas imposé de terminer sa page. 

vendredi 2 mars 2018

Mon cher désir


Vous avez pu le constater, je suis le premier à prôner le Non Désir. Rien de révolutionnaire à cela, je me contente de suivre l'enseignement de Lao Tseu. 
Pourtant, il y a environ un an de cela, j'ai failli à la règle, je me suis autorisé un désir. Et pas n'importe lequel, le désir d'acquérir une voiture... Et pas n'importe laquelle, un coûteux  4x4. Rien de très bon pour la planète, bref un vrai désir. J'ai observé le désir monter en moi, constaté mes recherches compulsives sur internet pour en apprendre plus sur l'auto, les autos, devrais-je dire car tant que l'achat n'était pas fait, il y avait concurrence de plusieurs modèles. J'ai été le spectateur des excès que pouvaient faire naître le désir. Je voulais tous les modèles ! De plusieurs marques !
Et puis est venu le temps d'acheter. Ma fille devant passer le permis dans les mois qui viennent, je vais lui céder ma voiture. Le feu de l'achat est passé au vert. Et j'ai acheté l'un des plus coûteux 4x4
que j'avais convoité. Le jour de l'achat, à peine rentré du concessionnaire, j'ai été pris d'une peur panique presque irrationnelle. Ne venais-je pas de foutre en l'air une bonne partie de mes économies ? (encore le désir d'avoir le beurre et l'argent du beurre !). Je n'ai pas encore l'auto, le désir va donc pouvoir encore monter d'un cran. Mais la voiture, lorsque je l'aurai pourra-t-elle répondre à toutes mes attentes ? A toutes les spécificités qu'il y avait dans le catalogue des options ? A ce sujet, les constructeurs sont très forts pour vous faire miroiter monts et merveilles à travers une liste sans fin d'options toutes très coûteuses. L'auto va venir et avec elle, surement des désillusions, Lao Tseu m'avait prévenu, je n'aurai qu'à m'en prendre à moi-même. Peux-t-être qu'elle m'offrira de belles échappées hors des sentiers battus, mais il s'agit d'espoir, un autre nom du désir.
Le fait est, je m'en rend compte avec cet achat, qu'il est très dangereux d'avoir des attentes. Cela revient à demander la lune au Tao. Quand on pense au travail que cela demande sur les chaines de montage et d'assemblage de l'auto. Tous ces robots et ces ouvriers qui assemblent plus ou moins péniblement les pièces qui constituerons ce qui fût le rêve de plusieurs ingénieurs. Que de contraintes imposés au Tao pour nourrir le Désir.
Quoi qu'il en soit, il va falloir que j'assume, et que je me prépare aux revers que le Tao ne manquera pas de mettre sur ma route. Ainsi, je me prépare aux diverses pannes et défauts qui attendent toute voiture neuve, et pire aux options qui ne fonctionneront pas correctement.. Il faudra être d'un calme olympien. Bref, retrouver le Non-Désir...    

vendredi 23 février 2018

Le Bonheur


Tous les êtres aspirent au Bonheur
Mais le Bonheur les fuit parce que leur attente est trop grande.
Etre sans attente est la clef du Bonheur.
Le sans désir retrouve la racine de la vie
Il se débarrasse de tout le superflu
Ce qui reste est la vie originelle, la vie dans son ensemble, le Tao.
Le Tao est attentif à la vie de tous les êtres,
L'homme sans désir vit à ce niveau, au niveau du Tao.
Ainsi, il voit l'attente de la vie, il voit ce que veut le grand Tout, ce que veut l'Univers.
Aussi il apporte avec joie sa pierre à l'édifice, il favorise la vie.
Et comme son action va dans le sens du Tao, il ne s'en glorifie nullement.
Et ainsi cet acte que Lao Tseu qualifie de Non Agir dure plus que les actes des individus ambitieux.
Suivre son Ego ne paye pas.
La vie est dans l'instant présent.
L'homme sans désir en profite, il va dans le sens de la vie pas après pas.
Et la vie est source de joie, de bonheur simple.
Il n'attend rien, aussi tout est beau, tout est source d'émerveillement.
Plus il lâche prise, plus il est heureux.
Lové au cœur de la vie, il se tait sur les sources de son bonheur.
Il sait que l'autre doit être mûr pour accepter le partage de son précieux savoir.
Et l'autre est rarement mûr.
Mais quand c'est le cas, il révèle avec joie la source de son bonheur.
Au fond, être sans désir n'est ni sorcier ni difficile...
Mais il faut être prêt.  

vendredi 16 février 2018

Les Symboles


Les Symboles ! C"est par leur attrait que je me suis éveillé à une sensibilité qui devait peu à peu devenir une voie spirituelle. Le mystère qui enveloppe la symbolique des choses m'attirait à l'époque. Je croisait alors la route des Francs Maçons et des Rosicruciens. Or certes, il y avait un mystère, celui de ma conscience encombrée de l'Ego. Mais ce mystère était en moi, et les symboles Alchimiques étaient-ils de nature à m'aider dans ma quête de simplicité ?. Qu'apporte le Yi King ? Qu'apportent les Tarots de Marseille ? Certes, ils reflètent comme un miroir notre sensibilité psychologique, ils sont l'occasion de faire un travail sur soi, mais il ne délivrent pas du désir. Prenons le symbole du Saint Graal, il représente une quête d'un but ultime qu'il faut conquérir de haute lutte habillé d'une armure à l'épreuve du glaive. Dans cette quête, on part dans toutes les directions de son être menant
des combats contre soi-même et pour finalement se soumettre à Dieu, au Tao. Car après toutes ces luttes, il ne reste plus qu'une solution; le lâcher prise. Aussi, si les symboles vous conduisent à ce lâcher prise, c'est très bien et fort simple, mais si ceux-ci apportent de la confusion, ce n'est que perte de temps. J'en veux pour preuve les multiples symboles du Bouddhisme Tibétain. On en voit représentés sur la roue du samsara, que de complexité ! On pourrait croire que la vie est un enfer et que le Nirvana n'est réservé qu'à une certaine élite. On est, je trouve, loin de l'enseignement de Bouddha. Les symboles sont là pour nous montrer la complexité du monde de l'ego. Mais il faut savoir sortir de cette complexité. Plus on approche de la pureté originelle plus la vie devient simple. Plus on s'éloigne du désir, plus on est entouré de ce que l'on chérit. Après la crainte de la mort, vient l'amour. Les
symboles ne peuvent apporter cette profondeur à un esprit pur. On peut donc dire que les symboles sont une étape sans doute nécessaire à la révélation de Soi. Nécessaire pour montrer de façon détournée la vilenie de l'ego. Car les symboles nous montrent soit la beauté de l'amour soit la laideur de l'ego et ainsi nous facilitent nos choix. Mais à la fin du parcours, il n'y a plus de choix, plus personne pour faire ces choix. Seul le Tao demeure, seul le Tao agit par son Non-Agir.
Il n'en demeure pas moins que la symbolique tisse en nous les liens du Tao, et qu'il faut être sensible à ce mystère, à cette réalité. Car il y a une certaine magie dans le symbole. Il montre sans nous forcer, il évoque sans contraindre, bref il agit comme le Tao, sans agir... Globalement, je ne saurais dire si les symboles m'ont beaucoup apporté, ou m'ont fait perdre mon temps. Sans doute sont-ils une étape nécessaire. Toujours est-il que j'y suis aujourd'hui beaucoup moins sensible...   

vendredi 9 février 2018

Impermanence ou éternité ?


Les Bouddhistes nous disent que le monde est impermanent, pour autant, Lao Tseu a atteint l'immortalité, alors que dire du Tao  ? Impermanent ou éternel ?
Il faut reconnaître que la vie, la vie terrestre, est impermanente, tout bouge, tout se transforme en permanence, même les montagnes sont sujettes à l'érosion et à la dérive des continents. L'homme n'y échappe pas, depuis la naissance jusqu'à la mort il n'a de cesse de se transformer. Mais comme le dit le vieil adage Grec (Anaxagore), "rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme". Autrement dit, derrière ces apparentes transformations, un socle perdure reste éternel. Doit-on y reconnaître le Tao ? Lao Tseu nous dit que si les Dieux ont existé, le Tao les a précédé...  Effectivement, la durée de vie d'un atome de matière est très longue, pour ne pas dire infinie, seul le cœur des étoiles sont à même de les broyer en particules élémentaires et de recréer des atomes plus lourds. Et nous sommes nés de ces poussières d'étoiles très stables.
On sait que le mouvement perpétuel n'est pas de ce monde, celui qui découvrirait un tel mouvement serait riche comme Crésus ! Pourtant, l'Univers est en perpétuel mouvement, rien ne semble pouvoir arrêter le mouvement des planète et des astres, avec comme conséquence, les marrées, le cycle de l'eau sur Terre, la vie. Il faut dire qu'à l'instar des étoiles, l'Univers est son propre carburant, il se transforme sans jamais se perdre, il se métamorphose sans jamais n'avoir rien créé. Tout au plus, la matière peut se transformer en énergie, et l'énergie peut se transformer en matière.
Et l'homme dans tout cela ?
L'homme dispose d'un corps qui change, qui vieillit, qui meurt, mais il est aussi doué d'un esprit, il se
crée un moi, un ego. De ce fait, il dévie l'esprit qui lui fut donné à la naissance. Le monde tel qu'il le perçoit est extérieur à lui-même, sa personne est extérieure au monde, il y a lui et le monde, les deux sont deux entités séparées. Et là commence ce que les Bouddhistes appellent l'ignorance. De là une souffrance grandit, car l'ego veut toujours plus de richesses personnelles et n'est jamais satisfait. La seule chose qui comblerait cet ego serait de retrouver un esprit vierge, celui donné à la naissance, le Tao. Autrement dit la voie de l'ego est la voie de l'impermanence, de la souffrance, la voie du Tao, de l'esprit vierge, est la voie de l'humilité, la voie du bonheur.
Vivre l'impermanence en suivant le Tao éternel est donc un paradoxe de la vie spirituelle, c'est la voie de l'immortalité.

samedi 3 février 2018

Sophocle


"Il n'y a pas de plus grande joie que celle qu'on n'attend pas."

Sophocle.
-495,  -406  av J.C. Dramaturge Grec dont quelques œuvres nous sont parvenues.

Sophocle aurait-il lu Lao Tseu ? Celui qui n'attend pas la joie, qui est sans désir est rempli d'un bonheur immense, tout lui va, tout le rempli de joie. Ne rien attendre, lâcher prise du désir, telle est la philosophie de Lao Tseu et donc de Sophocle.
Ce matin, il neige à Montpellier, c'était inattendu, c'est un petit bonheur, je ne me lasse pas de voir les flocons tomber... 
Lorsqu'on attend rien, on est prêt à tout. Et on ne passe pas à côté de ces petits bonheurs qui font la vie. Et si par malheur, les choses se passent mal, on les accepte avec philosophie. Ainsi Tchouang
Tseu doit faire face à la disparition de son épouse. Comme tout un chacun, cette disparition l'attriste, mais au bout de quelques temps, il prend des écuelles, fait de la musique avec et se met à chanter comme un gai pinson. Il dit à ses disciples qui s'étonnent de ne pas le voir porter le deuil : "Quand ma femme n'était pas née, personne ne l'aurait pleurée, puisqu'elle n'existait pas. Maintenant qu'elle est morte, elle a rejoint cet état de néant, la vie suit son cours, voila pourquoi je chante !" 
Sans désir, la vie est une joie, pourquoi demander plus ?
La joie est une caractéristique du Tao. Ce dernier est joyeux de se retrouver toujours différent,
perpétuellement renouvelé. Comment vit-il ? A travers chaque être vivant. Comment se retrouve-t-il ? A travers les êtres qui abandonnent leur ego. Et par notre regard, il se voit dans l'état dans lequel on le voit. C'est un mystère, c'est le mystère de l'éveil.
Vivons donc sans attente, lâchons prise, et laissons la joie s'emparer de notre être, accueillons la vie comme elle vient, ne déformons pas, et n'ayons pas d'orgueil à profiter de ce qu'elle nous apporte, car tout vient d'elle, tout vient du Tao. Il est là, tapi, humble, toujours prêt à se révéler aux
cœurs simples. Et sa manière à lui de se manifester est d'apporter la joie. Ainsi, pour être heureux, il n'est besoin de rien, et c'est heureux, car sinon, les plus démunis seraient exclus du bonheur. Et il n'y a qu'a voir le sourir des habitants des quartiers pauvres des villes africaines comparée aux mines défaites des occidentaux dans le métro pour comprendre que l'argent ne fait décidément pas le bonheur !      

samedi 27 janvier 2018

Effacement de l'ego

L'homme éveillé est sans ego. Il ne peut en être autrement. Si quelqu'un se prétend éveillé et que vous le voyez agir pour sa petite personne, c'est que son éveil est imparfait. L'homme du Tao sait prendre la dernière place, et il la prend de bonne grâce, naturellement, sans effort, et le Tao le gratifie par un retour en grâce qui ne tarde pas à se manifester. On pourrait dire que l'Univers apprécie qu'on lui cède la place, et qu'en retour il sait être magnanime.Car c'est bien ce dont il s'agit, se mettre en retrait face à ses amis, face à ce qu'il reste d'ennemis et face au Tao lui-même. N'agir que lorsque cette hiérarchie est respectée. Autrement dit c'est le Non-Agir de Lao Tseu. L'humilité nécessaire ne laisse pas place à un ego fusse-t-il modeste.
Ainsi, l'homme du Tao n'a plus aucun désir personnel, il met ses "désirs" au service des autres et au service de la situation. Lao Tseu nous donne un très bon exemple de cette attitude lorsqu'il nous dit que le Saint Homme brigue la dernière place et
que de cette position il peut gouverner le peuple. En fait, il le gouverne par non-agir et non-désir. Ce qui signifie que son action, et les désirs qui la gouvernent, ne viennent pas de lui, mais des impératifs de la situation.
Mais notre mental est puissant, et il a pris l'habitude de se nourrir de nos désirs. Désirs gourmands, désirs sexuels, désirs liés à la survie, désirs de confort...  Tous les désirs nous poussent à l'action, et notre mental ne prend en général que quelques secondes pour nous mettre en action. C'est pourquoi, il convient d'être très vigilant pour ne pas tomber dans le piège des désirs. En effet notre mental est très prompt à vous donner la solution pour céder à nos désirs. Par exemple, votre mental peut vous inciter à ouvrir la porte du Frigo pour accéder à une part de tarte qui vous fait rêver. Sans le contrôle des désirs qui font passer votre petite personne avant tout le reste, vous ne serez pas en paix.
Tchouang-Tseu nous donne une belle image de l'homme sans ego, c'est l'image de la barque vide. Des pêcheurs traversent un fleuve, quand soudain surgit une barque qui dérive maladroitement vers eux. Les pêcheurs, qui croient reconnaître un homme à la barre, hurlent et vilipendent le pauvre homme jusqu'à s'apercevoir que ce qu'ils avaient pris pour un homme n'est qu'un gros sac de légumes. Ils cessent aussitôt leurs reproches et laissent la barque suivre son chemin. Cette image montre bien que ce à quoi s'attaquent vos détracteurs est votre ego, et que si vous parvenez à effacer cet ego, alors l'autre n'a plus d'emprise, ni en bien, ni en mal, vous lui êtes devenu indifférent. Cette place, celle du Non-Ego est celle de l'entière liberté.  

vendredi 19 janvier 2018

Une spiritualité à deux vitesses


Quand on lit des ouvrages de spiritualité, force est de constater qu'ils ne présentent pas tous la même qualité, la même profondeur. Je les range en deux catégories : ceux qui me tombent des mains, et ceux qui me font vibrer.
Ceux qui me tombent des mains sont souvent descriptifs, ils utilisent des mots savants pour décrire des phénomènes qui participent à la culture considérée. Par exemple dans le Bouddhisme on parle des 4 nobles vérité, de l'octuple sentier, du nirvana, du samsara, du dharma... Et, connaitre l'octuple sentier vous rend savant mais ne vous avance pas sur le plan spirituel. L'auteur peut aussi décrire des faits sociétaux ou scientifiques pour appuyer ses dires en
citant par exemple ce qui se produisit lors du massacre des Tutsis  par les Hutus au Rwanda. C'est très accrocheur, on ne peut que regretter ces faits, mais cela ne nous dit pas que faire pour progresser sur la voie.
Sont aussi pénibles, ceux qui partent dans de grandes envolées décrivant des processus psychiques dont on ne voit pas la fin, et qui surtout restent très théoriques, éloignés de ce que l'on peut pratiquer au jour le jour.
D'autres mettent en oeuvre une symbolique savante, comme si parler par le biais de symboles rendait le discours plus crédible. Pire, certains cachent leur propos derrière un phrasé ésotérique, rendant impossible l'accès au mystère pour le
profane. Car on sent bien, à travers ces tentatives, parfois savantes mais souvent maladroites que le but est de toucher du doigt le mystère de cette vie spirituelle qui leur échappe.

A l'inverse, d'autres vous font vibrer, parlent vrai, et vous touchent en plein cœur. Vivre sans ego, au jour le jour, sans aucun autre désir que d'accueillir la vie comme elle est, n'est pas compliqué en soi, mais nécessite une prise de conscience que l'on acquiert par la pratique de la pure conscience, accessible, entre autres, par la méditation. Certains, donc, vous accompagnent dans le retrait de l'ego qui laisse place à la pleine
conscience, à l'éveil. Ils vous expliquent le mécanisme du désir, et les moyens de s'en défaire. Et là, cela ne sonne pas creux, cela fait vibrer le Tao qui est déjà en vous, époussetant, dépoussiérant, le précieux miroir qu'est la conscience. Ainsi, lavée des désirs de l'ego, la conscience, libérée des affres du mental, achoppe sur la Vertu, le Te du Tao Te King de Lao Tseu; vous êtes sur la voie, immortel. Ainsi, certains vous parlent sans détour, de cette chose simple qu'est l'éveil, d'autres vous compliquent la tâche.
Souvent, la démarche est sincère, mais, si elle est polluée par le mental de l'auteur, cela polluera notre lecture

Par exemple, les paraboles du Christ vont droit au cœur. Elles me font vibrer. A l'opposé, le récit des miracles de Jésus comme la marche sur l'eau font que la Bible me tombe des mains.On sent bien que le premier exemple vient directement de l'éveillé, alors que le second est un rapport maladroit de ses disciples. Une spiritualité à deux vitesses !

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