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samedi 15 décembre 2018

De droite ou de gauche ?


Quel est le programme politique que propose Lao Tseu ? Vers quel idéal politique nous conduit la voie qu'est le Tao ?
La politique est l'affaire des hommes, le Tao est l'affaire du Ciel nous dirait Tchouang-Tseu. Certes, mais le Saint Homme de Lao Tseu est définitivement libre presque solitaire. Cet idéal nous rapproche du libéralisme des hommes de droite. Et le fait est qu'il faut être libre de toute attache pour suivre le Tao.
Néanmoins, le Saint Homme est doué d'une Vertu naturelle qui lui confère une bonté intrinsèque qui rayonne sur l'humanité toute entière. Le Saint Homme ne fait pas de différence entre le nanti et le SDF. Cette humanité confère au Saint Homme un idéal proche des valeurs de gauche.

La différence fondamentale qui existe entre la politique et le Tao, vient du fait que le Tao est sans but, alors que la politique, comme chacun le sait, vise à organiser les affaires du pays. Or le but est l'affaire de l'homme ordinaire, pas du Saint Homme. C'est l'ego qui se fixe des objectifs et agit en conséquence. L'homme sans ego n'a pas d'objectif et n'agit donc pas autrement qu'en suivant le Tao.

D'une certaine manière le Tao et sa Vertu réconcilient la droite et la gauche, mais à une seule condition : l'abandon de l'ego. En effet, l'homme sans ego s'est libéré de lui-même et ne peut donc être plus libre. De plus, l'homme sans ego est à hauteur d'âme d'autrui et possède ainsi une bonté qui embrasse l'humanité et même la Terre entière.

Le Tao réalise la quadrature du cercle qui consiste à réconcilier la droite et la gauche, avec une position centrale riche de paradoxes. La clef pour parvenir à cet idéal est donc de faire fi de l'ego. C'est une tâche délicate mais pas totalement
impossible, un petit pays bouddhiste, le Bhoutan s'est fixé ce noble objectif en instaurant le BIB (bonheur intérieur brut) dont la croissance (du bonheur) est le seul but du pays.

L'homme sans ego et sans but rejoint la Vertu de Lao Tseu, il embrasse les valeurs de gauche et de droite sans s'y attacher. Il est naturellement libre et aime aussi son prochain. Toute son attitude humaniste et son goût de la solitude en découle. Cette situation paradoxale ne l'est qu'en suivant le prisme de l'ego. Enlevez l'ego, et tout devient clair. Le Satori en quelque sorte.

vendredi 7 décembre 2018

La vie est un jeu


La vie est ce qui caractérise le Tao, la vie est le fruit du Tao. Le Tao organise l'Univers et donne naissance aux êtres, à la vie. Parmi cette grande mouvance, on trouve l'homme. Celui-ci n'est pas au centre de l'Univers, même si les sages en conçoivent les enjeux. Et le Tao n'a comme terrain de jeu que le Tao lui-même ! Pour vivre, une espèce doit en manger d'autres, et les espèces doivent accepter de mourir pour laisser la place à d'autres. L'homme ne fait pas exception, et, après la mort, il doit accepter de se décomposer et de laisser ainsi la place à une multitude de micro-organismes. 
Alors dans ce vaste flux, où le Tao mange le Tao donnant naissance a un incessant ballet, sacraliser la vie, c'est sacraliser le Tao. Or quelque soit le point de vue où l'on se place, c'est toujours le Tao qui est vainqueur, et la vie continue. Même si
l'homme parvenait à détruire son environnement, par je ne sait quelle guerre nucléaire, la vie sous une autre forme, reprendrait le dessus, car on n'arrête pas le Tao. Le Tao est présent partout dans l'Univers, et nul doute qu'il a donné vie à de nombreuses formes d'intelligences sur d'autres planètes que la Terre. Et comme au final, le Tao perdure, peu importe le sens que nous donnons à notre vie. Conscient que désirer est contraire au Tao, on peut se laisser bercer par celui-ci et observer les bienfaits que le Tao a sur nous. Car le Tao nous porte, il ne veut que le meilleur pour lui-même. Alors, si nous parvenons à le suivre dans son non-désir, nous sommes de humbles gagnants. C'est le jeu de la vie, le jeu du Tao. Les règles de ce jeu changent en permanence tant le Tao dépend du contexte, et dans cette mouvance le sage peut faire de nombreuses expériences pour voir où le Tao le mène. Ce jeu auquel il se livre lui permet de toujours mieux connaître le Tao, même si celui-ci demeure à jamais mystérieux.
Donc, dans une certaine mesure, la vie est un jeu. La vie est une vaste plaisanterie organisée par le Tao. Mais attention, pour profiter pleinement de cet aspect du Tao, il convient d'être humble, sans désir et de suivre le Non-Agir du Tao. Car sinon le jeu peut se transformer en tragédie de l'ego. Mais ce qui est sûr, c'est que la vie et le Tao ne se prennent pas au sérieux.

Attention, le Jeu du Tao en vente dans toute bonne librairie au rayon spiritualité est basé sur les désirs des joueurs, quel contre-sens !

vendredi 30 novembre 2018

Traditions


Il n'est pas un seul chapitre dans le Tchouang Tseu où l'on ne critique les rites et les traditions. Selon Tchouang Tseu, les rites et les flon-flons de la musique sont utilisés de manière hypocrite, les hommes qui les pratiquent ne sont pas sincères. Plus de deux millénaires plus tard, nos vies sont toujours rythmées par les traditions.
Le 15 août nous ne savons plus bien ce que nous fêtons, et si nous nous souvenons de Marie, nous ne savons plus très bien ce qu'il lui est arrivé à cette date. A Noël nous fêtons la naissance de Jésus Christ alors que c'est l'ancienne fête du renouveau du Soleil qui a été prise pour fêter le Christ, sa date de naissance étant trop proche de la date de sa mort fêtée à Pâques.
En réalité on s'intéresse plus à la forme qu'au fond qui est l'enseignement du Christ. Les Taoïstes ne sont pas en reste avec les traditions, ils se laissent pousser les cheveux et les coiffent en tresse, ils ont
un panthéon de Dieux et un rituel associé.
De ce point de vue, je suis bien aise d'être un Taoïste isolé perdu dans le fin fond de la France. Et ces traditions ne me font pas envie. Car cela revient à vivre dans le passé, alors que c'est le présent qu'il convient de célébrer. Le Tao est au cœur de l'instant présent ! Adopter une posture relative au traditions, c'est perdre le fil du Tao qui est lié au contexte de la vie, et à la vie elle même. Et les traditions n'apportent rien d'autre que le souvenir, un souvenir qui dévie de la vie intuitive régie par le Tao.
Alors pourquoi les traditions sont-elles si importantes aux yeux de certains ?
Et bien, l'homme aime bien se souvenir, se commémorer. Il se rend bien compte qu'il y a quelque chose d'important dans l'enseignement du Christ, l'enseignement de Bouddha ou encore dans le Tao, alors, pour attirer l'attention, on organise des fêtes, on revêt des costumes, on joue de la musique. Mais cela devient vite une mascarade, car le trait est forcé et l'on ne vit plus l'instant présent !
Au contraire, le Tao est dans la vie quotidienne, dans le bonheur simple de l'ici et maintenant. Il convient de s'adapter au contexte, de vivre le moment sans se soucier de ce que m'imposent les traditions.
Certains sont très attachés aux traditions, il faut dire qu'elles sont très souvent festives (cela attire plus le chaland). C'est un bon moyen d'attirer le curieux mais cela ne fait pas progresser sur la voie, cela ne convertit en rien. C'est en effet une effervescence autour de la voie, mais pas la voie elle-même. Comment le touriste pourrait-il retrouver l'essentiel dans ce débordement de festivité. Par
exemple à Pâques on a développé la tradition de cloches et des œufs de Pâques, quel rapport avec le chemin de croix ?
Non décidément les traditions sont trop souvent éloignées du cœur de l'enseignement, trop souvent éloignés de la voie. Pire, elles écartent du Tao qui est dans l'instant présent. Aussi, il faut en user avec parcimonie, sans perdre de vue le contexte, les événements simples de notre vie.  

vendredi 16 novembre 2018

Se torturer l'esprit




Tchouang-tseu écrit :
"Qui se torture l'esprit pour sublimer sa conduite, s'écarte du monde et a des habitudes excentriques, se fait une haute opinion de lui-même et dénigre les autres, celui-là n'a que de l'orgueil. Il n'est qu'ermite des monts et des vallées, homme qui condamne le monde. Tel est l'idéal de ceux qui aspirent à se dessécher par ascèse et à se jeter dans le gouffre.
Qui discourt sur la bonté et la justice, la fidélité et la bonne foi, la politesse et la frugalité, l'effacement et le renoncement, celui-là ne cherche que la perfection morale. Tel est l'idéal de ceux qui veulent assurer la paix du monde et améliorer les hommes en leur faisant la leçon soit en voyageant, soit en lieu fixe.
Qui se propose une haute entreprise pour acquérir un grand nom, fixe les rites entre les souverains et ses sujets, normalise les rapports entre les supérieurs et leurs subordonnés, celui-là ne veut que gouverner les hommes. Tel est l'idéal des gens de cour, qui veulent honorer l'autorité de leur prince et renforcer leur principauté, accomplir des exploits et annexer les autres pays au leur.
Qui hante les étangs ou les lacs et se plaît dans la solitude en recherchant un coin tranquille pour pêcher à la ligne, celui-là n'a pour objet que de ne rien faire. Tel est l'idéal des gens des fleuves et de la mer, qui fuient le monde et trouvent leur bonheur dans l'oisiveté.
Qui expire et aspire en soufflant fort et en soufflant faible, qui crache l'air vicié et absorbe l'air frais, qui se suspend comme l'ours et s'étire comme l'oiseau, celui-là ne cherche que la longévité. Tel est l'idéal de ceux qui veulent nourrir leur corps en l'étendant et le contractant. Peng-tsou en fournit le meilleur exemple.*
Qui a une conduite sublime sans se torturer l'esprit, qui se perfectionne sans s'attacher à la bonté et à la justice, qui se tient dans l'oisiveté sans vivre au bord des fleuves et de la mer, qui atteint un grand âge sans étendre et contracter son corps, celui-là oublie tout et possède tout. Il est paisible et immense. Il réunit en lui toutes les perfections du monde. C'est en lui que réside la voie de l'univers et la vertu du saint."

*Ce passage décrit l'expérience des hygiénistes chinois qui s'inspirent des phénomènes de la nature pour conserver leur santé et atteindre leur âge dans sa limite naturelle. 

vendredi 9 novembre 2018

Immortalité


Le temps n'existe pas, il n'est qu'un moyen de mesure  : entre deux lever de soleil, on dit qu'il s'est écoulé 24 h. Mais en réalité c'est la Terre qui a fait un tour sur elle même : où est le temps ?
Rien ne se perd, rien ne se crée, cette formule reprise par Lavoisier au Grec Anaxagore est d'une réalité jamais remise en cause. L'Univers ne fait que se transformer, rien ne disparaît, seule la forme évolue. Ainsi, tout est éternel. A l'échelle de l'Univers, rien n'es perdu. A l'échelle de l'atome tout est éternel. car la majorité des atomes ont une durée de vie infinie. A notre échelle, nous avons l'
impression d'être mortels. C'est que notre forme se transforme depuis la conception, la naissance, la vie et la mort. L'ennui est que nous nous attachons à ce corps qui se transforme. C'est la partie de nous même qui s'attache à ce corps qui craint la mort, mais si nous n'y voyons qu'une transformation nécessaire, un moyen pour l'Univers de se renouveler, nous ne nous attachons pas à ce corps. Aussi le sage cherche, contrairement à l'homme ordinaire, à se détacher de tout; des biens matériels, du savoir, des sensations, de tout. 
Ce qu'il reste, c'est la conscience, celle que nous avions à notre naissance. Et cette conscience vide de tout attachement, source de toutes les intuitions, cette conscience est la même d'individu en individu. Cette conscience est  universelle, éternelle. C'est pourquoi Lao Tseu parle d'Immortalité. Le Bodhisattva, Bouddha parvient aussi à l'éternité. Et ce Nirvana est accessible à tout un chacun, et à tout âge. Mais pour cela il faut être prêt à un lâcher-prise total.
Quand on ne vit plus pour soi, mais pour l'humanité, pour la vie, pour l'Univers lui-même, on ne se soucie plus des maigres intérêts de l'ego. Et l'Univers aime bien le repos, naturellement il retourne à l'équilibre. C'est pourquoi le sage Taoïste n'agit pas, ou plutôt agit par non-agir, en suivant
le retour à l'équilibre de l'Univers. Il ne va à l'encontre de rien, il ne force rien, il lâche prise.
Et ce qui reste n'est pas rien, au contraire c'est insondable, mystérieux ; le Tao. C'est le mystère de la vacuité Bouddhiste. Ce n'est autre que le mystère de la vie. Car sur Terre, la vie a développé des myriades de formes distinctes. Nous les côtoyons tous les jours, et ainsi ne sommes plus émerveillés par cette diversité. La vie est d'une intelligence rare, parce qu'elle fonctionne. Et ce qui fonctionne est ce qui suit le Tao. Cette intelligence de la vie est éternelle. La rejoindre est la clé de l'immortalité. Ne plus se centrer sur sa petite personne en est le moyen.

vendredi 26 octobre 2018

Savoir


Voici ce que Tchouang-Tseu dit du savoir :
"La vie humaine est limitée; le savoir est illimité. Qui subordonne sa vie limitée à la poursuite du savoir illimité va à l'épuisement; épuisé, il veut savoir encore et meurt ainsi d'épuisement. Qui fait le bien s'attire le renom; qui fait le mal se voue au châtiment. Seul celui qui prend pour règle la modération peut conserver son corps et sa vie, remplir ses devoirs envers ses parents et atteindre la limite naturelle de son existence."
Ainsi, même à l'époque de Tchouang-Tseu qui est à des années lumières de celle actuelle d'internet, on reconnaissait volontiers que le savoir était illimité. Que dire alors du savoir au jour d'aujourd'hui ? Et que dire de ceux qui courent après le savoir ? Ces monstres d'éruditions se rendent-ils heureux par leur savoir ? Et ce savoir peut
être aussi bien scientifique que culturel ou même portant sur des anecdotes du passé.
La recherche du savoir n'est autre qu'un désir déguisé, et à ce titre elle mène à l'épuisement. Même à son époque, Tchouang Tseu avait remarqué qu'elle était contraire à une vie longue et saine. On sait (oh! le vilain mot) désormais que l'activité trop intense du cortex perturbe le cerveau reptilien qui a en charge toutes les régulations du corps.
Mais que substituer au savoir ? Car en face d'une situation, il faut "savoir" comment se comporter. Certes le mental cherche à tout prévoir et pioche dans la mémoire pour trouver le comportement adéquat. Sommes nous donc voués à accumuler des "savoirs" pour faire face à chacune des situations de la vie ? Heureusement que non ! La plus-part du temps, c'est instinctivement que nous nous comportons.
Aussi, comme le dit Tchouang-Teu, le savoir est à user avec modération, face à certaines situations, il
sera utile, mais face à d'autres, il faudra ne pas avoir peur de faire appel à son instinct. Car c'est le cerveau reptilien qui est à l'origine de l'instinct et c'est lui qui est le garant de notre santé. L'usage de l'instinct et du cerveau reptilien sont donc les clés d'une longue vie, et c'est aussi ce que conclue Tchouang-Tseu.
A l'inverse, si vous faites confiance au mental et au savoir, vous risquez de vous fier à un conseiller qui a tendance à tout exagérer. Pourquoi exagère-t-il ? Tout simplement, pour attirer votre attention. C'est tout le contraire de l'instinct qui lui est (trop) discret.
Et puis, rappelons nous le non savoir ultime dont Lao-Tseu nous dit : "Celui qui parle ne sait pas, celui qui sait ne parle pas."

vendredi 19 octobre 2018

Qui a tort, qui a raison ?


Tchouang-Tseu s'interroge ainsi :
"Si je discute avec toi et que tu l'emportes sur moi au lieu que je l'emporte sur toi, as-tu nécessairement raison et ai-je nécessairement tort ? Si je l'emporte sur toi, ai-je nécessairement raison et toi nécessairement tort ? ou bien l'un de nous deux a raison et l'autre tort? ou bien avons-nous raison tous les deux ou tort tous les deux? Ni toi ni moi nous ne pouvons le savoir, et un tiers serait tout autant dans l'obscurité. Qui peut décider sans erreur? Si nous interrogeons quelqu'un qui est de ton avis, du fait qu'il est de ton avis, comment peut-il décider? S'il est de mon avis, du fait qu'il est de mon avis, comment peut-il décider ? Il en sera de même s'il s'agit de quelqu'un qui est à la foi de ton avis et du mien, ou d'un avis différent de chacun de nous deux. Et
alors ni moi ni toi, ni un tiers ne peuvent trancher. Faudra-t-il attendre un quatrième?"

On pourrait poursuivre de nos jours par:" Faudra-t-il attendre un référendum démocratique ?" Mais bien entendu on sait que le référendum n'est pas une science exacte non plus. Du reste, lorsque je m'exprime sur un sujet, je m'exprime par la parole. Et celle-ci, quels que soient les efforts que je puisse faire n'est pas exacte. Seul le Tao dans sa spontanéité est exact, c'est pourquoi il est si difficile à suivre. Mais ma parole, elle, manque systématiquement son but - Lao Tseu estime : "Celui qui sait ne parle pas, celui qui parle ne sait pas". 
Aussi, la leçon que l'on peut tirer de ces propos de Tchouang-Tseu, est qu'il est bien vain de se quereller ! Et cela commence par les points de vue spirituels, qui, de l'expérience que l'on peut en faire convergent tous vers le bien-être de l'homme. Ce sont les rites et les pratiques religieuses qui dénaturent les messages spirituels. 

Mais comment pourrais-je en être sûr ? 

samedi 13 octobre 2018

Liberté


En méditation, on est souvent assailli par un flux de pensées : "ai-je bien pris mes clés ce matin? Vais-je prendre des clémentines ou des mandarines au marché? N'oublie pas de passer la serpillière dans la cuisine - elle est très sale..."
Heureusement, nous sommes doués d'un outil pour stopper ce phénomène des pensées : la conscience. Car nous pouvons nous laisser prendre au jeu des pensées (c'est le plus facile), mais nous pouvons aussi prendre conscience que nous sommes en train de penser et laisser filer ces pensées : lâcher-prise. Avec cette pratique, vous allez devenir spectateur du jeu du mental, et petit à petit lui accorder de moins en moins d'importance.
Mais au final qu'est-ce qui compte ? Si le jeu du mental est d'une importance relative, qu'est-ce qui
compte vraiment dans nos vies ? D'ordinaire, on se laisse déborder par la pression du mental, et on finit par laver le sol de cette cuisine qui était définitivement très sale. Le mental a donc certes son importance, mais on sent bien que ce n'est pas la pierre angulaire de notre personnalité.
Alors des sages, des maîtres se sont penchés sur la question et ont sondé le mental et la conscience pour tenter de découvrir ce qu'il y avait de fondamental au delà. Et la réponse est unanime, vous pouvez vous-même en faire l'expérience : la vacuité. Le vide, rien, le néant. Rien ne nous gouverne, nous avons un total libre arbitre de nos vies. Mais si nous nous laissons guider par notre mental, nous perdons ce libre arbitre et notre liberté. D'où l'importance du lâcher-prise pour apprendre à côtoyer cette vacuité si riche et si
foisonnante. Car c'est bien là le paradoxe, cette vacuité est le creuset de notre imaginaire et de notre mémoire. C'est à partir d'elle que tout naît dans notre tête. Aussi, les sages tentent de lâcher-prise pour revenir à la racine des pensées. Ils essayent de détecter la première pensée émergeant de la vacuité. Et ils préfèrent s'y fier plutôt que de se laisser chahuter par les pensées successives du mental. C'est une question de priorité, la pensée émergente de la vacuité est intuitive, elle dépend directement du contexte tant intérieur à notre corps qu'extérieur, c'est d'elle que dépend notre faculté d'adaptation. A
l'inverse, le mental élabore des pensées qui sont construite sur notre mémoire ou sur notre imaginaire. Elles sont donc nettement moins adaptées à ce qui nous convient dans l'ici et maintenant. C'est pourquoi elles peuvent devenir dangereuses pour notre liberté.
L'homme du Tao ne désire rien et n'agit pas pour lui-même, ce faisant, il n'est l'esclave d'aucune pensée et jouit d'une totale liberté. 

samedi 6 octobre 2018

Sécurité


D'aussi loin que vous vous en souvenez, essayez de compter le nombre d'années, de mois, de jour, d'heures, de minutes, de secondes où vous n'avez pas été en sécurité. Vous y êtes ? Quand je dis pas de sécurité, je veux dire en présence d'un danger réel.
Pour ma part, je compte un accident de vélo où le danger a bien failli me coûter la vie, le danger a été présent quelques secondes. Une chute à ski le long d'un ravin de 30 m à Lagrave, le danger a la encore été présent quelques secondes. Et puis, il y a ma maladie, car je souffre de trouble bipolaire, je peux déprimer très profondément pendant des mois, puis pendant une semaine ou deux me taper des délires qui pour moi n'en sont pas, mais qui paraissent dangereux ou loufoques pour mon entourage.
Cette maladie m'a donné le sentiment d'être en danger, mais à vrai dire c'était mon mental qui me faisait croire à un danger qui en fait n'était pas réel. J'ai par exemple cru que j'étais devenu un vampire, que ma fille allait mourir, ce genre de choses.
Bref, en tout et pour tout quelques jours de danger réel, sur toute une vie, cela représente bien peu. Alors pourquoi diable le mental nous fait sans arrêt croire que nous courrons un grave danger ? Vous n'êtes pas convaincus ? Essayez de laisser divaguer votre mental, vous allez vous imaginer dans certaines situations. Par exemple en faisant cette expérience à l'instant, je me suis vu au volant de ma voiture puis à la station service, où au lieu de mettre du gazole, je mettait de l'essence, et paf! la voiture en panne. Bien sûr il ne s'agit pas d'un grave danger, mais la voiture est immobilisée.
Alors pourquoi notre mental agit-il de la sorte ?
Je crois que la réponse tient en quelques mots. Le mental veut nous venir en aide, il veut nous préparer au pire. En nous montrant le pire, il parie sur le fait que nous serons aguerris et que tout se passera bien. C'est bien joli, mais à force de voir le verre à moitié vide, nous pouvons être l'esclave de notre mental et très vite stresser voir déprimer.
Alors que faire ?
Le mieux est de devenir conscient, de prendre du recul. De voir le jeu du mental, et de le démonter. Non, il n'y a aucune raison que je mette autre chose que du gazole dans le réservoir de ma voiture. Non, il n'y a aucune raison que je me claque un muscle lors de notre prochaine randonnée.
Non, il n'y a aucune raison...
Ainsi, petit à petit, on fait réapparaître un climat de sécurité dans notre vie.
Car leTao est par nature générateur de sécurité. C'est en effet lui qui a vu naître tous les êtres. Et c'est grâce à l'adaptation entre les espèces et leur environnement que la vie a pu cheminer. Et n'ayant pas de prédateur, nous sommes en sécurité.
Mais que dire alors des autres animaux qui ont des prédateurs ? Sont-ils eux en danger ? La réponse
est ni oui ni non. S'il se fie à son instinct l'animal n'est pas en danger, en effet, le tigre prédateur sera averti par son instinct de la présence de gibier, mais la gazelle attentive à son instinct sera avertie de la présence d'un prédateur. Ainsi, l'un comme l'autre, si ils sont vigilent, seront en sécurité.
L'homme pour être en paix et en sécurité doit suivre son instinct, être à l'écoute du Tao. Cela m'aurait par exemple évité de me retrouver nez à nez avec cette voiture lors de mon accident. Cela aurait évité a Tchouang Tseu d'être sermonné par le garde chasse...
Mais qu'est-ce qui nous empêche, nous les êtres vivants d'être à l'écoute du Tao ? Car si c'était si simple, nous serions toujours en paix ! Et bien ce qui nous sort du Tao, c'est le désir. Ceux qui suivent leurs désirs ne sont absolument pas attentifs, et se mettent en situation de danger. C'est vrai pour l'écureuil qui convoite un gland, pour le tigre qui convoite une gazelle, pour le petit garçon qui convoite une glace... La liste est tellement longue que cela représente presque la totalité des instants d'une vie. 
Soyons donc sans désir et nous serons en paix.


vendredi 28 septembre 2018

Les autres et le Tao


Le Tao se manifeste à l'intérieur de soi, et c'est par une écoute intérieure que l'on parvient peu à peu à une paix intérieure et profonde. Cette démarche est individuelle, et ne peux en aucun cas être imposée à autrui. En effet, l'autre ne suit que rarement le Tao, et ce d'autant plus qu'il est doué d'un fort ego. Et malheureusement, l'éducation de nos pays occidentaux pousse nos enfants à toujours plus de compétition, ce qui isole le caractère et renforce l'ego. Ainsi, le dialogue entre le Taoïste et la personne égotique risque fort de tourner au dialogue de sourd. Le moi-je de l'ego aura du mal à trouver un écho  dans le néant du Taoïste.
Lorsque l'on se désintéresse des choses désirables de ce monde, on remarque très vite les excès que font les personnes égotiques. On peut, comme le fait Tchouang-tseu, les remettre vertement à leur place, mais cela ne fait que les faire vaciller sur leur piédestal, ils n'en tombent pas, bien au contraire. Pourtant, aussi grand soit leur ego, ils sont, comme vous et moi, traversés par le flux qu'est le Tao, et ils remarquent le naturel qui
caractérise le Taoïste. S'ils laissent un tant soi peu leurs désirs de côté, ils vont prendre conscience de la beauté des choses simples de la vie. Cette prise de conscience s'accompagnera de ce que les Bouddhistes Zen appellent un Satori. C'est à dire une vision soudainement éclatante du Monde, comme si un brouillard se dissipait soudainement pour laisser place à un paysage magnifique. S'ils parviennent à ce stade, c'est qu'ils ont entamé leur chemin spirituel. Et comme je le dis souvent, sur ce chemin, on ne revient jamais en arrière. La prise de conscience laisse une trace indélébile.
Aussi, l'autre doit-il être considéré avec tout son potentiel. Il peut, par des prises de consciences multiples rejoindre ce grand flux qu'est le Tao. Cette petite étincelle de vie qui ne demande qu'à  croître est bel et bien présente en son fort intérieur. Le Tao est Universel, il est présent dans toute
chose, dans tour être, c'est la trame Universelle. Quel dommage que l'ego ait le pouvoir de le masquer à ce point. Car vouloir quelque chose pour son propre profit est contraire au Tao, pire, cela rend aveugle. Le désir rend aveugle, c'est bien là son plus dangereux défaut. On dit aussi que l'amour rend aveugle, à choisir, la voie médiane du Tao , est à coup sûr la plus simple.  Lao Tseu dit d'elle que c'est la voie la plus grande, mais que les hommes aiment à emprunter des chemins de traverse !

vendredi 21 septembre 2018

Enseignement par l'exemple

Qui n'a pas entendu le discours d'un enseignant, d'un maître ou même d'un sage, rentrer dans des considérations alambiquées et faire appel à des notions tellement subtiles que la compréhension se perd et que le fruit de l'enseignement est flétri avant même d'avoir été transmis.Pour éviter cela, une solution est de prendre des exemples qui illustrent le propos. Tchouang-Tseu est maître en la matière.
Ses aphorismes mettent en scène des personnages qui lui sont contemporains et à qui il arrive des aventures face au Tao. Il va même jusqu'à se mettre en scène lui-même. Les lecteurs que nous sommes perdent une parti de la profondeur de ces textes car n'étant plus contemporains de ces personnages, nous perdons la caricature faite par Tchouang-Tseu. Il nous faut en effet imaginer ce que deviendraient ces histoires si les personnages principaux étaient Donald Trump, Nicolas Hulot, ou encore Pierre Rabbi.
Confucius qui a traversé les âges est vertement critiqué par Tchouang-Tseu, connaissant le personnage et son oeuvre, ces histoires nous distillent toutes leurs saveurs. En voici un exemple :

"Confucius dit à Yen Houei : "Houei, viens donc m'écouter. Ta famille est pauvre, ta situation est humble. Pourquoi ne chercherais-tu pas à obtenir quelque charge ?
- Non, dit Yen Houei, je n'en veux pas. J'ai cinquante arpents de champs hors de la banlieue, qui me fournissent ma bouillie, et deux arpents dans la banlieue qui me fournissent soie et chanvre; jouer du luth suffit à mon plaisir. Non, je ne chercherai pas à obtenir une charge.
- Excellente est ton idée, dit Confucius qui avait changé de visage. J'ai entendu dire ceci :"Qui sait se contenter de peu ne s'embarrasse pas de profit; qui ne se préoccupe que de se trouver lui-même, ne s'afflige d'aucune perte; qui recherche sa perfection intérieure ne s'afflige pas d'être sans situation sociale." Depuis longtemps j'ai récité ces paroles de sagesse. Mais maintenant seulement je viens de les voir appliquées par Houei.

C'est la mon gain."
Vous prendrez bien la charge de mon ministère, mon cher Edouard.

vendredi 14 septembre 2018

Mère Nature

Lao Tseu était archiviste à la cour du Roi. Pourtant, dans ses écrits on sent l'influence qu'a sur lui la nature. Il en va de même pour Tchouang Tseu et Lie Tseu qui écrivent leurs liens directes avec la nature, le dernier allant même jusqu'à s'essayer à une petite genèse délicieusement truffée d'erreurs: on ne peut pas avoir le savoir de notre 21ème siècle quand on est du 3ème siècle avant Jésus-Christ.
Aussi dame Nature semble fortement inspirer le Tao et réciproquement, le Tao est à l'origine de dame Nature.
Dans l'Univers, le désordre croit. Ou plus précisément, dans une portion fermée de l'Univers, on dit que l'entropie croit. Par exemple, lorsqu'on fait une omelette, on casse les œufs, et on ne voit jamais un œuf remonter de lui-même dans sa coquille, pourtant la probabilité pour que ce scénario se produise existe mais elle est infime. Le
phénomène va dans le sens du désordre et pas l'inverse.
Or il est un phénomène qui va dans le sens de l'ordre et qui défie quelque peu les lois physiques, c'et le phénomène de la vie. En effet, la vie permet de passer du gland au chêne majestueux, et du spermatozoïde et de l'ovule aux individus que nous sommes. 
Et sur Terre, la vie est partout grouillante de mouvements et de phénomènes toujours renouvelés. Cet état du Monde vivant, nous lui donnons le nom de Dame Nature. 
Et Dame Nature ne se construit pas de manière égoïste, on se serre les coudes chez elle. Les oiseaux profitent des arbres, les arbres profitent de l'humidité de la rivière, rivière qui profite aux poissons, poissons qui profitent aux ours, des ours qui se nourrissent aussi de baies des bois, bois qui profitent aux écureuils...  
On dit que la nature est bien faite. Mais qu'est-ce qui peut expliquer cet état de fait ? D'où vient l'intelligence de la nature ? D'aucun dirons que c'est Dieu qui l'a créée. L'intelligence de la nature étant alors le reflet de l'intelligence divine. Je ne peut me résoudre à un tel scénario, car dans ce cas,
qui a créé Dieu ? Lao Tseu nous dit que si les Dieux ont existé, alors le Tao les a précédé. Et, c'est bien cela, le Tao préside à la vie.
Si on regarde bien, on s'aperçoit que le temps n'existe pas, dans le sens où rien ne se crée et que bien sûr rien ne se perd. Le Tao d'il y a 24 siècle est le Tao d'aujourd'hui, et il nous guide, nous qui sommes dénué d'ego, vers toujours plus d'expériences de vie gratifiantes, gratifiantes car sans désir, non prédatrices. 
Ainsi, l'intelligence est un gène de la vie. Le Tao est porteur d'intelligence. Je dirais même que c'est ce qui le caractérise, c'est le dénominateur commun de la vie. Lorsque l'on fait le vide en soi, lâchant prise de toute pensée égotique, on se
soumet aux intuitions provenant du vide de la pensée. Souvent ces intuitions nous suggèrent une micro action, ranger la pièce, faire à manger, faire un cadeau à sa fiancée... Si vous vous mettez en mouvement et que vous "suivez le Tao" alors vous aurez immanquablement un "retour sur investissement" c'est à dire que vous saurez pourquoi vous avez agit. Et, comme vous êtes sans désir, cela vous comblera de joie. Ainsi, ce que propose le Tao, c'est l'intelligence même, c'est l'intelligence de l'amour, l'intelligence de la vie, l'intelligence de Mère Nature.  

vendredi 7 septembre 2018

Amour


L'amour est un sentiment naturel pour qui suit le Tao. Etant une part du Tao, ne désirant rien d'autre, il est naturel de s'aimer soi-même. Et, croisant la part de Tao chez l'autre, il est naturel d'aimer autrui. Seul un ego entêté parviendrait à venir à bout des élans d'amour de l'homme du Tao. Car l'homme ordinaire voit les différences entre individu et porte un préjugé défavorable souvent définitif. Le sage, lui sait que derrière les différences existe une racine commune entre nous tous, non seulement les hommes, mais aussi tous les êtres et même les objets. Si nous concevions en permanence que l'autre n'est autre qu'une autre facette de nous-même, nous serions d'une bienveillance infinie envers lui. Or c'est bien sous cet angle que le Tao présente les choses. Un
être aux multiples têtes.
Que la vie serait simple, si nous pouvions avoir en permanence cette vision à l'esprit. Imaginons un monde où tous les ego disparaissent où chacun œuvrerait pour aider la communauté. Et ce au rythme naturel dicté par le Tao. De nombreuses utopies ont déjà fait ce rêve, en vain !
Alors pourquoi cela ne fonctionne-t-il pas ? Et bien tout simplement parce que le Tao ne désire rien. Le Tao n'est pas un meneur, c'est sans doute pour cela qu'il est si difficile de le suivre. Lorsque vous entrez en méditation, vous apprenez à connaitre la vacuité qui est au delà des pensées. Votre mental désire des choses, mais au delà, il n'y a aucun but, aucun dessin, rien. Et c'est ce rien qu'il convient d'apprivoiser. Quels sont mes actes si je ne désire rien ? Aucun.
Aucun, sauf si je suis mu par le sentiment naturel du Tao, qui est l'Amour. Car la vacuité qui est le creuset dans lequel on communie avec le Tao, cette vacuité est toujours prête à mettre en mouvement la pensée sous forme d'intuitions diverses. Dès lors, il suffit de suivre ces intuitions, en laissant bien l'ego de côté; et de voir où nous conduit le Tao. En agissant de la sorte, il n'est pas rare de réaliser après coup tout le bien-fondé d'un acte intuitif fait par amour sans aucune attente. Car celui qui est sans attente est tout de suite comblé, le moindre résultat, le moindre signe le transporte de bonheur.
Pour reconnaître ces intuitions, il suffit de mettre tout désir de côté. Vos impératifs sont alors mis au second plan et ceux de l'Univers peuvent s'inviter chez vous. Parfois, souvent, les intentions du Monde ne seront pas très claires, peu importe, suivez les, et voyez où cela vous conduit. Ce qui est bien pour le Tao est toujours bien pour vous, c'est pourquoi on peut avoir une foi aveugle envers la découverte de Lao-Tseu. Et puis, une foi que l'on s'est fondu dans le Tao, rien ne nous empêche de nous aimer nous-même, ce qui nous réconcilie avec l'ego.


samedi 7 juillet 2018

Pourquoi est-ce si difficile de parler du Tao ?


Le Tao est, c'est certain, mais c'est aussi un mystère. Donc, dès qu'on le qualifie, le mystère s'estompe, et l'on manque, par la même occasion la cible. Car le Tao demeure un mystère quelque soit la justesse des termes employés à son propos. C'est pourquoi il est difficile d'en parler, et ce, même avec des paroles simples tout autant qu'avec des paroles compliquées. Le Tao est un principe, le principe même de la vie, et un principe cela ne se démontre pas, cela s'énonce. Tout au mieux peut-on dire que c'est le principe du retour à l'équilibre universel. Aller contre, c'est s'assurer les foudres de l'Univers, aller dans le sens du retour se fait le plus souvent en douceur, mais aussi avec une certaine efficacité. 
Il est aussi difficile d'en parler, car le Tao dérange. Il dérange même tous les ego de la planète. Et Dieu sait s'il sont nombreux, sans doute plus de 90% d'hommes et de femmes qui agissent en fonction de leurs désirs propres. Comment leur faire comprendre la subtilité du Tao, quand cela va à l'exact encontre de leur désir ? Et pourtant, se libérer du désir, lâcher prise est le meilleur moyen de se contenter de ce que l'on a. Et l'homme du Tao possède l'Univers dans son intégralité, telle est la force du non-désir.
Le Tao se reflète dans tout, il est donc aussi en nous. Et trouver notre reflet dans tout nous emplie de compassion, d'amour pour tout ce qui existe. Le Tao est là où nous l'avons laissé, ce bureau, avec son désordre apparent, cette chaise, cette armoire, ces gens à l'extérieur, cette sirène de pompiers, tout est là tel que nous l'avons laissé, mais tout est aussi en devenir, car le Tao est vivant. La Terre est soumise à des forces et des énergies, les forces telluriques , l'énergie en provenance du Soleil, la gravitation... tout cela agit et crée la vie telle qu'on la connait, et le retour à l'équilibre est ce qu'il y a de plus simple, mais l'énergie solaire rebat en permanence les cartes de telle sorte que certains pensent qu'il est bon d'accumuler des richesses, de l'amour, du savoir...
Or le Tao ne s'accumule pas, il se suit, c'est la vie qui nous montre la Voie. Alors, arrêtons de désirer toujours plus de richesses, de vouloir toujours plus de biens matériel, toujours plus de savoir, de chercher ce que l'on pourrait bien grignoter, d'en vouloir plus en amour, de vouloir élargir son savoir, d'en demander toujours plus à la vie, bref stoppons nos désirs, et remettons nous en entièrement au Tao. Car lui sait toujours ce qui est bon pour l'Univers, et par voie de conséquence, ce qui est bon pour nous.

vendredi 29 juin 2018

Comment trouver le Tao ?


Le Tao est en lui-même un Mystère. Le conceptualiser est donc impossible. Il est là présent dans tout, mais invisible. Vous le montrer est donc tout bonnement impossible. Lao Tseu ne le montre pas non plus, mais en en parlant, il permet petit à petit au lecteur de le cerner. Et lire à propos du Tao ne suffit pas, il faut pratiquer. Il ne suffit pas de lire ce qu'est la vertu pour apercevoir le Tao, il faut la mettre en oeuvre. Le Tao est naturel, revenons nous aussi au naturel. Le Tao est humble, soyons humble nous aussi. Le Tao est incorruptible, soyons incorruptible nous aussi. Le Tao est discret, soyons discrets nous aussi.
Le Tao se vit de l'intérieur, mais il se manifeste à l'extérieur. Les liens entre l'intérieur et l'extérieur
sont le Tao. Les prémonitions, les expériences extrasensorielles mettent en oeuvre le Tao, mais les expériences les plus simples comme la contemplation d'une rose sont celles qui mettent le plus en exergue le Tao.
Et puis, il y a les grandes voies, comme celle du non-désir, et celle du non-agir. Il s'agit là encore de copier le Tao. Comme lui, être sans désir propre, attentif à la vie, attendre qu'elle se manifeste et l'aider sans désir, à s'accomplir, ainsi l'homme sans désir ne fait pratiquement rien, et pourtant, la vie s'accomplit par lui. C'est aussi l'essence du non-agir. Ne rien faire par et pour sa propre personne, non-agir, c'est aussi suivre le Tao.
A force de pratique, on s'applique à effacer son ego à vivre dans le non-être. N'ayant plus aucun but, on communie avec la nature, on se fond littéralement en elle, et l'on se fond avec la vie. On finit par faire partie du décor. Et cela est naturel car le Tao, c'est la profondeur du décor. Ainsi, on ne s'attache à rien, et l'on peut "profiter" de tout.
C'est bien là qu'est le paradoxe ! On est rien, on ne désire rien, on ne fait rien, et par le Tao, on rejoint le Tout, le Tout s'offre à nous !
Sans doute serait-il bon de parler à l'école de cette vérité simple qu'est le Tao. J'aurais apprécié qu'on m'en parle étant petit. J'aurais aimé savoir qu'il existait autre chose que cette compétition entre les êtres que l'on nous enseigne dès le plus jeune âge. Et il ne s'agit pas de fabriquer des moutons, car l'homme du Tao redevient naturel, on ne peut faire plus naturel. C'est l'égoïsme qui rend caricatural. L'homme du Tao, lui est vierge comme le nouveau-né, il est on ne peux plus conforme à l'original. Peut-être qu'un jour, on parlera de la grande voie à l'école ?!? 

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