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Pour les mélomanes

Un peu de musique hors du Temps
la route...

lundi 29 juin 2015

Les mystères de la voie: 6 : L'éveil


L'impertinent Stephen Jourdain
L'éveil ou illumination caractérise l'être spirituel qui chemine sur la voie, et qui a acquis un certain stade de sagesse voir de liberté, et parfois même d’impertinence. Dans tous les cas, le Saint Homme doit réduire son ego, ses désirs et donc ses pensées construites comme les réflexions, les imaginations et les souvenirs, il doit vivre l'instant présent tout en faisant confiance à son intuition. Il doit abandonner les richesses, tant matérielles que spirituelles comme le savoir, le pouvoir ou les honneurs. Il doit se départir de toutes les constructions mentales ou ce à quoi le mental s'accroche. 
Une fois son cerveau vide de tout attachement, il peut vivre sur le mode purement intuitif de son cerveau reptilien, il fait vivre le lien qui le relie à l'univers, à l'ordre cosmique, au Tao. Son cerveau est alors vide de toute émotion, comme la peur ou la colère. Il reste de la place pour la joie, c'est le grand frisson, il n'est pas rare que des larmes de joie coule lorsque l'illumination apparaît. Des larmes qui font naître l'amour inconditionnel, la compassion. Une fois ce Satori obtenu, le Saint Homme peut être tenté de le revivre par tout les moyens. Mais cela ne marche pas comme ça, car l' éveil, comme toute richesse spirituelle, ne saurait être accumulée. 
L'illumination dépends de vous mais aussi de l'environnement. Elle ne s'obtient donc pas sur commande, mais à la grâce du Tao. Il s'agit d'une résonance énergétique. Le Saint Homme doit donc être humble pour se mettre au niveau de l'humilité de la nature qui l'environne. S'étant mis à niveau, l'énergie est libre de circuler... ou pas.
Généralement, lorsqu'un être a connu l'illumination, il décide de cheminer sur la voie. Ce chemin jalonné d'illumination, c'est le Tao certes, mais c'est aussi l'éveil. C'est pourquoi le Tao Te King de Lao Tseu est le formidable témoignage d'une expérience d'éveil.  

samedi 27 juin 2015

Les mystères de la voie.: 5: Le cerveau reptilien


Le cerveau humain est constitué de trois couches, au centre se trouve le cerveau reptilien. A l'extérieur se trouve le cortex, et pris en sandwich au milieu se trouve le cerveau limbique.
Le cerveau reptilien est archaïque en ce sens qu'on le retrouve dans nombre d'espèces animales y compris les reptiles. Il est le siège de l'instinct et de l'intuition, c'est aussi lui qui régule les grands automatismes de notre corps, comme la température et diverses flux. C'est lui l'ingénieur responsable de la bonne santé de notre corps. 
Le cerveau limbique, lui, est le siège de l'émotion, comme la peur, la joie, la colère... 
Quand au cortex, il sert à beaucoup de choses, il est notamment le centre de la réflexion, de l'imagination et de la mémoire. 
De ce fait, le cortex est le lieu des projections vers le futur et de la mémoire du passé. Faire travailler son cortex revient à quitter l'instant présent. Or nombre de nos congénères aiment faire travailler à fond leur cortex. Ce qui ne les rend malheureusement pas heureux, car ils ont la tête encombrée de pensées. La réflexion et l'intelligence étant, croit-on, le privilège de l'homme, on en fait grand cas, et les "grands hommes" s'enorgueillissent de leur grand oeuvre. 
Mais est-ce cela dont l'humanité a besoin  ? L'humanité n'a-t-elle pas avant tout besoin de paix et de sérénité ? Or c'est l'abandon de l'activité du cortex qui permet à l'homme de retrouver cette sérénité. 
Imaginez une seconde, vous êtes devant un splendide paysage comme le grand canyon aux Etats-Unis. Allez-vous faire fonctionner votre cortex ? Ou resterez-vous là tranquillement, sereinement, en contemplation ? Vous resterez bien évidemment en contemplation et vous êtes bien ce n'est que du bonheur. L'intelligence du Saint Homme est de ne pas sortir de cette contemplation, de vivre en permanence l'instant présent sans se servir de son cortex. Mais, me direz-vous, comment fait-il pour vivre ? Et bien, il fait confiance à son cerveau reptilien, il se base sur l'intuition. Et pour ce faire, il ne pollue pas son cerveau de réflexions, d'imaginations ou de souvenirs inutiles. Non, il n'invente pas, il ne se remémore pas, il est à l'écoute. Il est à l'écoute de son for intérieur, et des informations que captent son corps et de la résultante de ces informations. On donne à cette résultante le nom d'instinct ou d'intuition. 
Et que fait le Saint Homme de cette intuition ? La plus-part du temps rien, car il se contente de rester serein. Mais de temps à autre on lui reconnaîtra un trait de génie, ou on se demandera comment il fait pour anticiper les choses.
En outre, comme le Saint Homme ne pollue pas son cerveau reptilien par le bruit du cortex, il ne souffre pas de bon nombre de maladies. Et ce, tout simplement parce qu'il offre au cerveau reptilien une paix royale pour gérer le métabolisme de son corps. A l'inverse l'homme ordinaire qui pollue le cerveau reptilien de ses pensées nombreuses et contradictoires pénalise sa santé et souffrira des petits maux du quotidien.
Ainsi à travers l'Eveil, la métamorphose du Saint Homme est non seulement spirituelle mais aussi physique. C'est à travers le corps que les choses se passent. D'où l'insistances de certaines voies sur le respect de postures de méditation, où la pratique d'exercices comme par exemple le Qi Gong. Que ce soit en méditation, ou en Qi Gong, ou même en Yoga, on ne fait pas travailler son cortex.
On peut alors se demander à quoi sert le cerveau limbique ? A quoi servent les émotions ? Certaines pratiques les rejettent tout bonnement, faisant des Saints des êtres froids, déshumanisés. Pourtant, le Saint-Homme ne connait plus la peur, ni les désirs. Mais son cerveau est une vaste cathédrale au cœur de laquelle résonne son intuition et les pensées racines. L'ampleur de cette résonance, cette joie, ces frissons, on leur donne un nom : l'éveil. Et le ressenti qui en résulte n'est autre que l'amour universel, inconditionnel, et la compassion.
Lao Tseu nous dit "qu'il vaut mieux rester assis au fil du Tao que de faire de longs voyages".  

vendredi 26 juin 2015

Les mystères de la voie: 4: l'ego


De par sa perception, l'homme ordinaire est au centre de son monde. De la à vouloir être le centre du monde, la tentation est grande. Sans aller jusque là, l'homme ordinaire aime se faire valoir. Il aimera avoir une belle femme, une belle voiture, une belle maison, bref il aimera tout ce qui peut enorgueillir son ego. Il courra par exemple après les honneurs, après le pouvoir, ou après le savoir, après tout ce que l'on peut accumuler. Dans le métro, il convoitera une place assise, il cherchera toujours la première place, faisant naître en lui un esprit de compétition qui n'aura pour effet que de lui faire connaître la solitude.
L'homme ordinaire se croit seul parmi (voir contre) les autres. Nombreux sont ceux qui de ce fait cherchent à se faire des amis, pour se sentir moins seuls. Mais ils se font des amis comme on accumule des richesses. Avec comme corollaire, une grande insatisfaction.
Le Saint Homme lui, n'a pas d'ego, ou plus exactement, il le réduit à sa plus simple expression : petit à petit, il décroit dans son identification, il apprend à ne plus désirer, a ne plus agir, a ne plus avoir. Ainsi, le Saint Homme ne dit plus "je suis ce corps", ni même" je suis cette conscience", car il sait que le corps, et la conscience, sont partagés par tous les êtres. Le Saint Homme prend conscience du Tout dans lequel il baigne. Les autres ne sont plus séparés. Il prend aussi conscience qu'il vaut mieux être le dernier, laisser passer devant ; il devient altruiste. Kalou Rimpoché dit, "vous diminuez (l'ego) jusqu'à devenir rien, et n'étant rien, vous êtes Tout !" Ainsi, le Saint Homme, étant entièrement au service des autres devient, par sa conscience, un représentant du Tout Universel. Son ego diminue, diminue, au point d'être le plus humble parmi les humbles, et quand l'éveil survient, son ego devient surdimensionné, son ego devient le monde entier, mais il se doit d'en être responsable. De là, une envie accrue d'aider les autres et de résoudre les problèmes de l'humanité entière. C'est pour cette raison que nombre d'être spirituels deviennent des Bodhisattvas (êtres éveillés qui décident d'aider les autres plutôt que de vivre simplement l'éveil). La compassion et l'amour universel deviennent un mode de vie.  
Certains êtres spirituels disent que l'on conserve nécessairement son ego, et ce qui précède va dans ce sens. Mais celui qui n'a pas la volonté de réduire son ego à néant, celui qui n'a pas la volonté de mourir à lui-même, celui qui n'a pas l'opportunité de passer par ce "rien de l'ego", ne connaîtra jamais l'Univers. D'ailleurs Lao Tseu dit "qu'il faut être le plus humble pour se voir confier les clés de l'Empire (Univers)". Il dit aussi, "seul celui qui se vainc lui même (son ego) possède la force".

jeudi 25 juin 2015

Les mystères de la voie: 3 Les pensées


Suivre le Tao amène à changer son mode de penser. 
L'homme ordinaire utilise beaucoup ses capacité intellectuelles. Non qu'il soit très intelligent, parfois il croit l'être, mais il utilise beaucoup sa matière grise. Ce peut-être pour se souvenir des détails de sa vie passée, comme tout bêtement se remémorer l'endroit où il a rangé ses clefs, mais encore se souvenir des dernières vacances passées, ou se souvenir d'une recette de cuisine. Ce peut-être aussi pour imaginer des situations, comme en se projetant vers ses prochaines vacances, en imaginant des stratagèmes pour se venger d'un ennemi, en planifiant sa journée. Dans chacune de ces activités cérébrales, le cerveau, et plus particulièrement le cortex est à l'oeuvre. C'est le cortex qui permet de gérer la mémoire et l'imagination. Ce faisant, l'homme ordinaire se fait confiance, et fait confiance à lui seul pour gérer sa vie et son bien-être. Et cette activité de gestion l'occupe de plus en plus au fur et à mesure qu'il vieillit. Se croyant intelligent, car ne faisant appel qu'à lui seul, il se coupe petit à petit de l'instant présent, et n'en profite plus tant il se plait à réfléchir sur le passé ou le futur. Il tourne en boucle. Or un sutra de méditation dit "le présent est le seul temps qui existe". Et c'est on ne peut plus vrai. Il n'y a qu'au présent que l'on puisse être ou même que l'on puisse agir. L'homme ordinaire en passant sa vie à penser passé ou futur s'interdit une bonne partit de son bien-être potentiel. Car le bien-être, c'est dans le présent qu'on le trouve, ne dit-on pas le bonheur est dans le pré ? Ce n'est certainement pas ni dans les rêves ni dans les souvenirs.
Mais que fait alors le Saint Homme, s'il n'utilise pas son cortex à penser passé ou futur ? Et bien c'est très simple, le Saint Homme ne pense pas, ou presque pas. Le Saint Homme n'utilise que très peu son cortex. Il l'utilise comme une cathédrale de vide dans laquelle résonnent les pensées intuitives. L'intuition vient du cerveau reptilien, c'est en faisant le vide de ses pensées construites que le Saint Homme parvient à capter son intuition. Et l'intuition provient d'une concordance entre les cinq sens et l'environnement, dans l'instant présent. Cette concordance n'est ni plus ni moins que l'éveil. Par exemple un homme intuitif pourra "sentir" un train arriver avant même qu'on l'entende, cette faculté intuitive est très utile pour éviter un danger. Les animaux, qui ont un cortex bien moins développé que le notre, fonctionnent sur le mode intuitif. Ainsi, un prédateur sera averti par son intuition de la présence d'un lièvre, et le lièvre sera lui-même averti par son intuition de la présence du prédateur. Ce sera le plus attentif qui gagnera. L'intuition est la voix de la nature. 
Bref, l'intuition est le mode de pensée de l'instant présent. C'est elle qui donne naissance à ce que j'appelle les pensées racines. Les pensées racines sont celles qui nous viennent à l'esprit sans qu'on ai besoin de faire fonctionner son mental, c'est à dire sans mettre en oeuvre son cortex et son cortège de réflexion ou d'association. Ces pensées racines sont celles qui jaillissent au cours de la méditation, et que l'on laisse filer pour ne pas que notre mental-cortex s'y accroche. Si l'on vit au quotidien, et pas seulement en méditation, avec les pensées racines, on est en permanence connecté à l'instant présent.
L'intuition peut-être parfois fort déroutante, c'est pour cela que l'homme ordinaire lui préfère les calculs mesquins du cortex. En effet les pensées racines n'ont souvent ni queue ni tête, c'est pourquoi il convient de les laisser filer, les suivre vous ferait vite passer pour un fou, et de non agir, sauf si l'une d'entre-elle se fait pressante, et qu'en toute honnêteté, il convient d'agir.
D'ailleurs Lao Tseu nous dit : "Tout le monde sait ce qu'il a à faire, moi seul vais comme le nouveau-né sans but".

mercredi 24 juin 2015

Les mystères de la Voie : 2 Le non lutter: suivre le Tao.


Lorsque l'on écoute le Tao, et que l'on suit son intuition, on va dans le sens de ce qu'induit l'instant présent. On suit l'ordre cosmique, on ne va pas à l'encontre de l'ordre des choses. Ainsi, on ne lutte pas contre les éléments. Aussi, suivre le Tao induit le Non Lutter. Mais la réciproque est également vraie : lorsqu'on ne lutte contre personne, on n'offre aucune prise à son interlocuteur, ni même aux éléments.
Tchouang Tseu donne l'exemple de deux pêcheurs en barque qui rencontrent une autre barque qui dérive vers eux. Les pêcheurs pestent contre le conducteur de la barque pour finalement s'apercevoir qu'elle est vide, et s'arrêter de l'insulter.
Une version zen de ce conte décrit un maître et son disciple qui traversent une rivière et qui voient fondre sur eux une barque et son conducteur un soir de brume. Le disciple est terrorisé et tante de convaincre son maître de renoncer à traverser, il crie des injures à l'encontre de l'autre barque. Quand finalement, ils s'aperçoivent que le conducteur n'était qu'un gros sac de céréales, le Maître demande à son disciple : Dis-moi, contre qui t'es-tu emporté alors que nous croisions cette barque ? Ainsi, l'homme qui ne lutte pas est comme ces barques vides, il n'offre aucune emprise, ni à la vie, ni à autrui. Il se contente de dériver au fil du Tao.
Le non lutter est une acceptation totale de la vie telle qu'elle se présente, et non pas telle qu'on voudrait qu'elle soit. L'homme qui ne lutte plus n'a plus de désir. Par exemple, s'il vient à casser un verre, il accepte ce fait et ne s'emporte pas contre lui-même. Si une contrariété survient alors qu'il est au travail, il l'accepte et la gère, même si cette contrariété est un licenciement.
Le non lutter implique de gérer ses émotions, et en particulier la peur. Par exemple, sur la route, si un chauffard fait une queue de poisson, il faut freiner, et s'emporter ne sert à rien, juste ne pas lutter, les événements ont déjà eu lieu.  
Si l'on fait du non lutter sa vie, on apprend à lâcher prise lorsque apparaissent des tensions. Et ainsi on fait du Tao le vainqueur de chaque situation. Attention, cela ne veut pas dire laisser l'adversaire gagner (si tant est qu'il y ait encore des adversaires). Cela veut dire, ne lui laisser aucune emprise. Aussi, de saintes personnes ont sauvé des juifs de la déportation pendant la seconde guerre mondiale. Ainsi, ils n'ont pas lutté contre leur conscience, ils ont suivi le Tao.
On ne sait pas à l'avance ce que nous réserve la vie. Ne pas lutter, c'est faire confiance au Tao plutôt qu'à soi-même (l'ego). Et de fait, le Tao réserve d'agréables surprises. Au contraire, si l'on suit un plan de son mental, et que l'on ne parvient pas à ses fins, on sera forcément déçu. Tout au plus réussira-t-on, et comme on l'avait prévu, on n'en tirera que très peu de satisfaction.

Gandhi et Mandela, par leur Non-Violence sont des exemples de ce à quoi conduit le Non Lutter.
Les arts martiaux ont fait du Non Lutter une force. Dans ces disciplines, on utilise la force de l'adversaire pour la retourner contre lui.
Et pour finir Lao Tseu nous dit "qu'il suffit d'accepter sa condition (ne plus lutter) pour ne plus jamais s'en lasser."

samedi 20 juin 2015

Les mystères de la voie.: 1 Une voie Universelle


Les mystères de la voie : 1 Une voie Universelle

Le Tao est partagé par tous, il est accessible à chacun d'entre-nous. Il est accessible aux animaux et aux plantes. C'est la résultante des lois de l'univers, la loi de la nature. Si l'on est attentif, c'est à dire si notre esprit n'est pas envahi par nos constructions mentales, alors le Tao nous renseigne. 
Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que nous sommes naturellement doté du sens de l'équilibre. Et ce sens nous indique quoi faire pour conserver cet équilibre. Ainsi, le Tao nous préviendra des dangers potentiels. Cependant, la plus-part du temps il restera silencieux, ce qui signifie tout simplement que nous sommes à l'équilibre. 
Que l'on ne se méprenne pas, le Tao ne peut rivaliser avec un esprit pollué par des constructions mentales. Il faut faire le ménage, faire le vide. Si vous êtes en train de penser à votre petit ami, ou ne serait-ce qu'en train de réfléchir à une recette pour le repas de ce soir, ou encore de médire sur votre patron, alors le Tao ne peut rien pour vous, car vous lui fermez irrémédiablement la porte. Les informations du Tao sont de nature intuitive, il faut donc s'ouvrir à l'intuition. 
En revanche les information du Tao sont une synthèse de l'environnement dans lequel vous évoluez. C'est l'ici et maintenant qui vous informe. Il est toujours adapté à votre situation, c'est donc un ami précieux, pourvu qu'on lui accorde de l'attention. Pour le percevoir, les sages n'hésitent pas à rentrer en méditation, laissant filer leurs pensées, pour ne pas construire un scénario mental. La méditation est d'ailleurs le moyen le plus sûr pour se "connecter". En réalité on est toujours connecté, mais la méditation permet de faire le ménage dans ses pensées. Les sages apprennent à ne jamais sortir d'un état si ce n'est méditatif, d'un état intuitif. 
Ainsi, suivre le Tao, c'est voyager dans la vie tout en restant en permanence en équilibre avec l'Univers qui nous entoure.
Etre attentif au Tao, c'est être à l'écoute de son esprit après l'avoir lavé de toutes les impuretés du mental. Un peu comme on débarrasse un oignon de ses pelures sèches.
Si notre attitude est ouverte à l'environnement, alors les informations circulerons. Elles circulerons vers vous, mais aussi de vous vers les autres. Vous êtes dans une situation ou les choses se font d'elles-mêmes... Vos collègues vous comprennent sans difficulté, vous êtes en harmonie. Si vous êtes au travail, vous sentirez l'état d'esprit de vos collègues, ce qui facilitera vos relations.
Lorsque vous êtes attentif au Tao, vous êtes purifié du mental, ce qui facilite les transferts d'énergie de toutes natures. En fait votre cerveau fonctionne sur le mode intuitif qui est celui du cerveau reptilien. Celui-ci gère le corps et, s'il n'est pas perturbé par le mental du cortex, permet à ce corps de s'ouvrir énergétiquement parlant.  Le corps agit alors un peu comme une antenne réceptrice et émettrice. Et si vous n'avez d'autre désir que celui de suivre le Tao, on dira peut-être de vous que vous êtes une personne ouverte. 
Attention, car néanmoins, vous ne rentrez pas dans les désirs égotiques des autres et leurs constructions mentales. L'homme du Tao repère chez l'autre ce type de situation et s'arrange pour ne pas entrer dans ce genre de manège.
Vous l'aurez compris, la voie du Tao, est une voie toute en finesse qui se contente pourtant de suivre l'Univers au quotidien, et même à chaque instant. Lao Tseu dit d'elle qu'elle est la plus large, mais que les gens aiment suivre des chemins de traverse. 

vendredi 19 juin 2015

... l'éveil


Vivre le présent.
Abandonner le mental.
Etre intuitif.
Laisser filer ses pensées comme des nuages.
Apaiser l'esprit comme on laisse se décanter un vase d'eau limoneuse.
Lâcher prise.
Cultiver la voie du milieu.
Ne pas lutter.
Ne pas donner d'importance à l'ego.
Ne pas écouter ses désirs.
Ne pas agir contre l'ordre cosmique.
Etre à l'écoute du rien.
Revenir à l'état de nourrisson.
Méditer sur le rien jusqu'à faire disparaître la douleur.
Redevenir un représentant de l'ordre cosmique.
Abandonner peu à peu sa petite personne.
L'ego mis de côté, il reste quelque chose.
Il reste l'intuition.
L'intuition, si elle est écoutée et prise en compte ne peut être que favorable.
Ne plus être attaché.
Ne plus s'identifier.
Ne plus être séparé de l'ordre cosmique.
Etre totalement vide,
au point d'être plein.
Etre.
S'éveiller à l'autre.
S'éveiller.
Mourir.
Renaître.

samedi 13 juin 2015

L'essentiel


En matière de spiritualité, il est très difficile de se borner à l'essentiel.
Lao Tseu est l'un des rares qui y soit parvenu.
En effet dès qu'on aborde le sujet, on croit dire une vérité essentielle, mais celle-ci en amène une autre, qui en amène une autre et ainsi de suite.
Pour prendre un exemple, on peut citer le mécanisme du mental qui nous éloigne des pensés intuitives et nous éloignent ainsi de l'instant présent, ce qui est le rôle du cerveau reptilien qui gagne rarement face au cortex... Un autre exemple est celui du Bouddhisme qui noie la pureté du Bouddha sous des noms savants tels les quatre nobles vérités ou l'octuple sentier.  Les arguments ne manquent pas, mais ils noient le lecteur dans des détails qui le détourne du but suivi, qui est de favoriser l'éveil.
Favoriser l'éveil, ce peut être :
- Vivre l'instant présent.
- Abandonner ses désirs.
- Faire taire son ego.
- Lâcher prise de toute volonté personnelle.
- Etre altruiste.
- Ne pas agir sauf pour le bien des autres.
- Avoir la vacuité comme source d'inspiration.
Cette dernière phrase montre bien toute la subtilité de la spiritualité. Il est en effet très difficile de parler des propriétés du vide. Or c'est bien l'essentiel, la base de la vie spirituelle.  Ce vide qui réunifie sans cesse l'Univers. 

dimanche 7 juin 2015

A mes sœurs et frères


C'est aux sœurs et frères de l'Univers que nous nous adressons ici. En particulier à toi qui lit ces lignes. Toi qui a atteint un degré de réalisation élevé, ou toi qui débutes sur la voie. 
Nous irons droit au but : chère sœur, cher frère, tu n'est pas séparé de nous. Notre essence est la même, celle de l'Univers qui nous a vu naître. Cette essence on la retrouve partout : dans la délicatesse d'une rose, dans le pas furtif d'un chat, ou même à travers un paysage désertique sur Mars. 
Partout, nous sommes à l'oeuvre. Et cette délicate essence n'impose rien, les choses se font dans la douceur. Même lors des tremblements de Terre, nous faisons notre possible pour qu'ils soient de la plus faible ampleur. De même, les cyclones sont une nécessité, car sans leur principe, il n'y aurait pas de saison des pluies et les terres seraient arides. 
Bref, nous agissons par une nécessaire douceur. Notre but n'est autre que celui du bien-être de tous. Et ce bien-être passe par l'abandon des désirs personnels et des actes engendrés par ces désirs. Nous, nous ne désirons rien d'autre que le retour à l'équilibre, sous toutes ses formes. 
Tu te demandes peut-être comment faire pour savoir dans quel sens ne pas agir et dans quel sens agir ? C'est très simple, puisque rien n'est urgent, médites ! Entre en méditation, fais le vide dans ton corps et dans ton esprit, prend une posture correcte et attend de voir ce qui se passe. Laisse filer tes pensées comme des nuages dans le ciel. Une pensée devient insistante ? En toute honnêteté il faudrait agir, alors sors de ta méditation et fais le nécessaire. Et par la suite n'hésites pas à retrouver ta posture de méditation.
Petit à petit tu vas t’imprégner de notre essence, tu vas grandir sur la voie, et tu vas comprendre le sens des mots vide et vacuité. Ton corps et ton esprit vont se calmer il vont devenir bienveillance, paix et sagesse. Autrement dit le bienfait est pour l'Univers entier, et pour toi en retour. C'est l'harmonie parfaite. Si tout le monde pouvait atteindre cette harmonie, il n'y aurais plus cette surconsommation, ni ces déséquilibres des richesses entre les êtres humains. Il y aurait au contraire entre-aide, et les machines de guerre n'auraient pas de raison d'être. Les hommes n'enverraient plus les bêtes à l'abatoire et vivraient de fruits, de lait et d’œufs. 
Car les animaux et les plantes connaissent la sagesse de l'Univers. Ils ne détruisent généralement pas leur environnement, ils ont cette conscience du Tout qui nous fait trop souvent défaut. Intuitivement, inconsciemment, ils Non-agissent avec l'Univers. C'est cette intuition, chère sœur, cher frère qu'il nous faut retrouver. Et c'est dans le vide de la méditation qu'on la retrouvera.  

Voilà, chère Soeur, cher frère, tu sais tout. Mais je sais que pour toi ce n'est pas une nouveauté, car au plus profond de toi vit depuis toujours l'essence de l'Univers.

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