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Pour les mélomanes

Un peu de musique hors du Temps
la route...

vendredi 30 novembre 2012

La violence


La violence naît d'un désir insatisfait.

L'autre ne fait pas comme on le souhaite alors on s'irrite, la colère monte et l'on devient violent.

C'est pourquoi le sans désir ne saurait être violent.

A la violence, il répond par la compassion.

A la colère, il répond par la compassion.

Il sait que l'orage ne peut durer.

Aussi, fait-il preuve de patience.


L'homme énervé, lui, ne peut éprouver de la compassion car c'est celle-ci s'est déjà transformée en colère.
Il devine inconsciemment qu'il a raison, mais au lieu de répandre cette vérité par la compassion, il s'irrite d'impatience, et ce sentiment légitime (j'ai raison) se transforme en colère puis en violence.

Si un être éveillé est à l'écoute, l'orage va monter, éclater, mais devant l'anticyclone du Non Désir, la tempête va finir par se calmer, et chacun pourra apprécier la vérité de l'autre.


En revanche, face à un autre colérique, l'issue ne peut résulter que d'un affrontement violent, et en général chacun repart avec ses certitudes. 

Enfin, on dit parfois que le monde dans lequel on vit est violent.  Mais à bien y regarder, si l'on dit cela, c'est qu'il n'y a pas de notre part une capacité d'accueil pour ce monde différent de nous.

Quand un conflit éclate, qu'il y a des heurts, nous ne sommes généralement pas impliqués.
Si nous le sommes, c'est qu'alors nous avons quelque chose à défendre.

Ce n'est pas la position du sans désir, qui une fois de plus envisagera la situation avec compassion. 

mercredi 28 novembre 2012

Les deux cités


Deux amours ont bâti deux cités : l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu a fait la cité terrestre ; l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi a fait la cité céleste.
L'une se glorifie en elle-même, l'autre dans le Seigneur... Chez les princes et les nations que l'une s'est soumis, la passion du pouvoir l'emporte ; dans l'autre, tous se font les serviteurs du prochain dans la charité...
                                                                        Saint Augustin, La Cité de Dieu, XIV,28


mardi 27 novembre 2012

Garder sa faiblesse


Le chêne et le roseau - Jean de La Fontaine
Ce qui est fort et dur devient cassant.
Ce qui est faible et souple résiste au vent.

Par ces phrases Lao Tseu nous enseigne l'humilité et nous incite par ailleurs à garder notre faiblesse.

L'erreur de certains "Maîtres" est d'utiliser la spiritualité pour gonfler leur ego et au passage profiter du pouvoir qu'elle procure sur leurs élèves. Ce faisant ils deviennent rigides et autoritaires.

Une question qui se pose ici est ; "Quelle est donc la faiblesse de Lao Tseu ?"

Lao Tseu est un être éveillé de la dimension d'un Jésus ou d'un Bouddha.

Comme eux, il revendique sa qualité d'homme sur la Terre : Jésus se qualifie de "fils de l'homme" et Bouddha pratique la voie du milieu.
Aussi, Lao Tseu ne se laisse pas griser par l'infini pouvoir du Tao, il conserve sa qualité d'être humain. Il connait mais oublie ses désirs et même ses désirs d'agir, il ne fait plus confiance qu'au Tao et à sa Vertu.

Par ailleurs, le Tao est faible, infiniment faible, cela en fait sa force, en effet, le Tao est vide, vaccuité, et c'est ainsi qu'il se remplit, plus il se vide, plus il se remplit.

Lao Tseu, comme toujours se conforme au Tao, voilà pourquoi il garde sa faiblesse, celle de l'homme, comparée à celle des dieux. Il pousse même sa faiblesse jusqu'à celle du nourrisson. Il est vrai que par sa faiblesse, un nourrisson est irrésistible.

Nous avons un exemple de ce comportement profondément humain chez Tchouang Tseu qui refusa les honneurs de ministre pour pouvoir continuer à pêcher tranquillement en bord de rivière.

samedi 24 novembre 2012

Le Tao et le créationnisme

Dans son Tao Te King, Lao Tseu déclare :
"Le Tao a produit un ; un a produit deux ; deux a produit trois ; trois a produit tous les êtres."
Il dit par ailleurs du Tao :
"J'ignore de qui il est fils ; il semble avoir précédé le maître du ciel."
Aussi, le Tao semble avoir été depuis les temps indéfinis et semble être à la base de toutes choses. Si  dieu existe, le Tao semble l'avoir précédé, nous dit Lao Tseu.

Dans les religions Judéo-Chrétiennes, Dieu a créé le Monde en sept jours, et l'on serait tenté de nier l'évolutionnisme de Darwin. Pour les créationnistes, Dieu a créé le Monde et l'homme selon une chronologie bien définie et à partir de rien.
Lavoisier (chimiste du 18éme siècle), et avant lui Anaxagore (philosophe Grec) ont affirmé :
"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme". C'est aujourd'hui une réalité scientifique. Le Big Bang, si il a eu lieu transforme de l'énergie en matière. Ainsi, rien n'est créé, tout n'est que transformation. Selon Lao Tseu, le Tao serait le principe de ces transformations. 

Une dimension mystique du Tao Te King s'ajoute à la dimension physique, elle consiste à dire que le Tao est une voie vers l'Absolu, vers l'Eveil. Suivre le Tao (la loi des transformations naturelles) permet de prendre conscience de ce que nous ne sommes pas séparés de l'Absolu, et ainsi de retrouver notre nature transcendante qui a été, est et sera toujours. 

Parce que nous n'avons jamais été créé (seulement transformés), notre nature profonde est immortelle, elle est telle qu'au premier jour (qui n'a jamais été), et ne cessera d'être après la mort, même si elle doit suivre les transformations du Tao.


Du reste, la dimension du temps est remise en cause par la nature éternelle de notre conscience. Celle-ci est en effet immuable depuis la naissance jusqu'à la mort.

Aussi le Tao n'exclue pas le Divin (l'Absolu), mais celui-ci est sans forme, et s'adapte à toues les transformations, c'est la nature même du Tao, la nature même de la vie Universelle, la Vertu.

jeudi 22 novembre 2012

La bonne conduite

Pour les Bouddhistes, la bonne conduite, c'est le renoncement à l'attachement, le renoncement aux plaisirs matériels.
Pour les Chrétiens, c'est l'absence de péchés.
Pour les Juifs, les dix commandements.

Pour Lao Tseu, la bonne conduite, c'est la voie, le Tao, sous l'influence de la Vertu.


Ainsi, les moines Bouddhistes et Chrétiens font vœux de chasteté. Ce n'est pas le cas des moines Taoïstes.

Cependant, un moine Taoïste est sans désir. Essayez d'avoir une relation charnelle sans désir... C'est loin d'être évident.

Pourtant, l'Absolu peut guider certains sages vers un acte de procréation (on pense à Marie - et Joseph ? - , pour Jésus, mais aussi bon nombre de naissances plus anonymes où l'ego des parents n'est intervenu en aucune manière dans l'acte d'Amour).

Le Tao ne s'interdit rien, telle est sa force.

Comme le disent les Bouddhistes, le désir charnel est un poison spirituel. Sans doute le plus puissant.
Comment renoncer à l'attachement si l'on a de l'attrait pour les formes féminines ?

On le voit, l'homme du Tao n'est pas un être ordinaire. Il pratique le non agir et le non désir au point que pour lui, même l'humilité est une forme d'orgueil. Aussi, il s'éloigne des poisons et en particulier celui du désir charnel.
En tout, il s'en remet à la Vertu du Tao, il n'a alors pas besoin (contrairement à d'autres religions) de liste rouge de poisons ou de péchés ou même de commandements pour parfaire sa bonne conduite*.

*Cela peut être rapproché de la voie du milieux de Bouddha. 

mardi 20 novembre 2012

La Page Blanche


Lors de ma vision du Bouddha Bleu, ce dernier m'a révélé une double phrase :

"Oliver, tu vois cette page blanche qui est derrière moi (il y avait effectivement un fond blanc derrière le Bouddha), tu peux y revenir à chaque instant.
Je répète, c'est très important, tu peux y revenir à chaque instant."
Avant de disparaître.

Il m'a fallut du temps pour prendre conscience de la portée de ces simples mots. Aujourd'hui, voici comment je les interprète :

Le point de vue exprimé par Bouddha est celui de l'Absolu.
Or l'Absolu est ce qui est dans l'instant présent. C'est l'ici et maintenant en chaque point du globe (et même de l'Univers), c'est l'état de l'Univers à l'instant même où je me situe et à l'endroit où se déroule ma vie.

Aussi, si l'on est attentif à cet ici et maintenant, on est concentré sur l'Absolu. C'est à tout moment, un point de départ (page blanche) pour une vie connectée à la transcendance Universelle.

Ainsi, quel que soit mon karma, même si je viens de commettre un crime, je peux me recentrer sur l'Absolu, sur l'ici et maintenant, et repartir d'une page blanche.
L'Absolu pardonne.

Attention, cela ne veut pas dire que je n'aurai pas à répondre de mes actes, cela signifie juste que je peux prendre le point de vue de l'Absolu, faire l'action spontanée (Non Action) de l'ici et maintenant, et voir venir, avec confiance, la façon dont l'Absolu gère la situation, page blanche après page blanche.

Remarque :
La page blanche représente aussi le vide mental qui aboutit à la plénitude. Ma compréhension de cela se fit par la lecture du Tao Te King, le Non Désir impliquant nécessairement la Non Pensée (toute pensée est une forme de désir, a l'exception de la pensée instantanée, la pensée racine, instinctive qui vient du plus profond de l'être et qui apporte la plénitude).

Bien à vous, toutes et tous,    Oliver

samedi 17 novembre 2012

La science comme guide spirituel

Qu'on se rassure, je ne vais pas, ici développer les arguments de la Scientologie non non !

Je compte parler de la science, la vrai, celle de l'observation des lois physiques et de la modélisation du réel.

Ce que l'on peut dire du scientifique, c'est qu'à force d'observer le réel, de le mettre en équation, il devrait être naturel pour lui de découvrir la nature du réel. Or il n'en est rien, la majorité des scientifiques n'ont pas de dimension spirituelle. Oh, la proportion doit être la même que partout ailleurs.

Pourtant les lois physiques devraient leur mettre la puce à l'oreille.


Par exemple, on sait que tout système fermé livré à lui même tend à revenir à sa position d'équilibre. N'est-ce pas la loi du retour du Tao ?

Autre exemple : Les systèmes linéaires sont régis par des équations différentielles. Ce qui veut dire que le calcul se fait pour des petites variations de temps dt autour du temps t0. Le point de calcul est souvent un point de repos x0 et l'on calcule la variation autour de ce point dx pendant dt. Bouddha ne nous a-t-il pas dit l'importance de l'ici (x0) et maintenant (t0) (point de repos).

Des exemples, il y en a plein et dans toutes les sciences bien sur. En automatique par exemple, on montre qu'un asservissement est bien corrigé lorsqu'il est piloté par une "erreur" nulle. Il doit assurer SORTIE=ENTREE.  "L'intelligence" de ses correcteurs s'arrange pour fonctionner avec une "erreur" nulle. Et dans ce cas le problème (SORTIE=ENTREE) est résolu.

N'en va-t-il pas de même de l'homme pour qui le problème est d'être heureux et qui atteint le Nirvana lorsqu'il ne pense plus ("erreur" nulle, le monde correspond à son attente).
Asservissement, on veut Consigne=Mesure

Les anciens Chinois le savaient bien, toute discipline pratiquée longtemps est un Kung Fu, Et toute discipline permet d'atteindre l'Eveil. Bien sur, il faut un déclic, pour moi, ce fut la conjonction des enseignements de la Bible, de la Physique et du Tao Te King. L'ensemble ayant une cohérence dans le Tao.  

jeudi 15 novembre 2012

Sience et Spiritualité

Voici un texte de BK que j'ai trouvé sur son excellent site http://vous-y-etes.com/2012/11/science-et-spiritualit/
Il y expose les deux aspects de la pensée, l'une rationnelle qui débouche sur des concepts scientifiques, l'autre intuitive proche de la connaissance spirituelle.
Oliver

Science et Spiritualité

Notre époque sera sans doute un jour désignée comme celle où une étrange obsession technologique et scientifique tenait lieu, dans la conscience collective, de progrès, voire de civilisation.
En réalité, jamais la civilisation n’a été aussi absente d’une société développée.
Et ledit progrès semble bien être corrélé avec un effondrement quasi généralisé des valeurs qui avaient autrefois humanisé les hominidés, alliance familiale ou tribale en tête.
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Cette société postmoderne où la science et la technologie s’arrangent si complaisamment avec le commerce et la politique pour satisfaire les désirs de plus en plus malades des ego-rois est de toute évidence engagée dans une voie tournant radicalement le dos aussi bien à la nature qu’à la spiritualité.
La planète est à l’agonie, la pollution et le stress des villes ruinent à vitesse accélérée l’équilibre physique et mental des individus, les enfants, abandonnés à eux-mêmes, s’entretuent dans les écoles, l’indifférence et le cynisme remplacent désormais l’ensemble des autres sentiments…
Mais, comme si ce n’était pas suffisant, l’absence de toute interrogation métaphysique devient un sujet de fierté.
Et la mise à l’index des comportements spirituels passe à l’ordre du jour.
Dans un tel contexte, la plupart des scientifiques, comme autant de réincarnations du Dr Faust, ne trouvent évidemment aucune alternative à la science sans conscience qui leur est imposée.
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Si bien que, pour la première fois dans l’histoire, la science, qui se devait traditionnellement de refléter la Sagesse, n’est plus que l’expression d’une folie ordinaire dont l’objectif semble de plus en plus être l’orchestration d’un gigantesque suicide collectif.
Comment en est-on arrivé à un tel stade d’inconscience ?
Lentement, bien sûr, mais sûrement, à la suite d’une succession de divorces :
FlechesDroite32x32-004 tout d’abord entre la spiritualité et la religion,
FlechesDroite32x32-004 puis entre la religion et la philosophie,
FlechesDroite32x32-004 et enfin entre la philosophie et la science.
Aujourd’hui, à l’exception d’une poignée d’obscurs épistémologistes, les scientifiques ignorent tout de la philosophie et les philosophes de la science.
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Gregory Bateson
Aussi ne faut-il pas s’étonner que, dans une semblable ignorance par nature pourvoyeuse de mépris vis-à-vis de l’autre, ces scientifiques affichent le manque flagrant d’humilité qui les caractérise dorénavant.
De plus en plus éloignés des réalités concrètes et basiques, ils ont ni plus ni moins réussi à déshumaniser la science.
C’est d’ailleurs ce que leur reproche un nombre croissant de jeunes qui se détournent à présent des études scientifiques.
Pendant que certains scientifiques, sans doute pour tenter de stopper cette dangereuse désaffection, suggèrent de réhabiliter la pensée analogique.
Pensées analogique et analytique devraient en effet faire bon ménage, ne serait-ce que parce qu’il serait pour le moins malsain de persévérer dans une approche scientifique qui s’amputeraient sciemment de la moitié de la matière grise disponible.
Il semble donc indispensable de retrouver le bon sens d’une pensée complète, intégrant intuition et rationalisation.
Or, la mise en service de facultés mentales complètes est l’une des conséquences de ce que l’on appelle la « spiritualité », un processus qui fut, dans toutes les grandes civilisations traditionnelles, soutenu par ce qu’il convient bel et bien d’appeler une « science spirituelle ».

En un monde illusoire, tout savoir est croyance

La notion de science spirituelle, totalement oubliée de nos jours, sauf peut-être dans des pratiques comme les Yogas ou les Chi Kong, plonge ses racines dans la plus haute antiquité.
Sans doute peut-on la faire remonter à l’époque de la civilisation égyptienne naissante ou à celle des Rishis de l’Inde.
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C’est plus ou moins à partir de ces époques que naquirent ces sciences et ces arts dépendant de la spiritualité, astronomie-astrologie, arts plastiques, mathématique ou architecture…
Tout était donc, bien qu’à différents niveaux, expression de la science spirituelle.
Cette science avait évidemment comme premier objectif de guider l’humanité vers une compréhension de la nature profonde de soi-même puis, seulement par voie de conséquence, vers une connaissance de « l’univers et des dieux ».
Inutile de préciser que, dans une telle science, la subjectivité primait sur l’objectivité.
La connaissance du monde extérieur demeurait subordonnée à celle de l’univers intérieur.
Car selon les Sages qui inspirèrent cette science spirituelle, le connaissant est à l’intérieur.
Et rien au monde ne peut être connu « en Vérité » tant que Cela qui connaît reste celé par la pensée conditionnée.
Une telle science n’avait donc rien à voir avec nos sciences exactes, ni même avec nos sciences humaines !
Mais elle n’était pourtant ni mysticisme ni théologie.
Au contraire des religions instituées, elle ne faisait appel ni à l’intellect ni à l’émotion, mais à l’Intuition… tout de même mise le plus possible (pour l’époque) à l’épreuve de la raison.

Conscientiser ce qui façonne le monde

Même si, au hasard de l’histoire, le cap n’a pas toujours été maintenu avec fermeté, la science spirituelle avait malgré tout pour propos, à l’origine, de cultiver intuition et rationalité de manière harmonieuse.
Cette science originelle, mieux qu’aucune de nos psychologies modernes, proposait une perspective doctrinale adaptée aux véritables besoins de chacun, évitant ainsi de s’épuiser inutilement dans le combat contre l’ego.
Mais à ceux qui se montraient dignes d’être dégagés de la perspective commune, elle permettait de comprendre que la perception de ce monde est illusoire, que la conscience cognitive est mensongère, qu’elle ne recèle aucune forme de réalité, dans aucun de ses aspects, et que, par conséquent, elle se prête par nature au modelage de nos visions individuelles.
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Aux antipodes de nos sciences matérialistes qui se dessèchent à force de définir et redéfinir l’univers, d’ailleurs à seule fin d’en tirer profit, la science spirituelle, recueillant en cela la meilleure part de l’héritage du chamanisme, pose d’emblée le monde comme un phénomène qui devient ce que l’on veut profondément qu’il soit.
C’est ainsi que, sur cette base, elle stabilise la civilisation et, pour ceux qui sont prêts à accueillir la réalité, elle désamorce l’illusionnement mondain.
En apprenant à descendre en soi-même suffisamment profondément pour trouver le lieu où se définit la vision sculptrice du monde, le chercheur traditionnel échappait à toutes les croyances qu’on avait programmé en lui et auxquelles s’attachaient ses semblables.
Il apprend qu’il n’est ni ceci ni cela, mais qu’il est, tout simplement… et que c’est depuis ce « Je suis » que se façonne le monde.

A la recherche de l’Unité perdue

Si la science traditionnelle appartient au passé, il n’est pas interdit d’en espérer une résurgence dans l’avenir.
Déjà, un certain nombre de signes avant-coureurs, comme l’avènement du nouveau paradigme des sciences ou de la psychologie transpersonnelle, nous laissent à penser que le monde scientifique commence à ne plus trouver le matérialisme très satisfaisant et à souhaiter la réconciliation de la philosophie et de la science.
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David Bohm et Krishnamurti
C’est ainsi que, depuis quelques années, psychologues et même physiciens du nouveau paradigme ne laissent plus aux seuls prêtres le soin d’explorer le subjectif, d’observer l’observateur ou de connaître le connaissant…
Ils comprennent un peu plus chaque jour à quel point toute connaissance, fut-elle appliquée à l’objet le plus concret, reste fondamentalement subjective.
« Le déclencheur de cette prise de conscience », écrit Willis Harman, président de l’Institut des Sciences Noétiques, « a été la résolution de la controverse sur la nature particulaire ou ondulatoire de la lumière.
« On a reconnu que, si ces deux interprétations sont chacune utiles pour exprimer certains aspects de la nature transcendante de la lumière, elles ne sont que des métaphores.
« Par la suite, la résolution de ce problème a servi de modèle pour d’autres interrogations ».
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Et depuis, en effet, non seulement le monde scientifique progressiste reconnaît la valeur des métaphores relatant l’expérience extérieure, mais il intègre également celles qui parlent de l’expérience intérieure.
Mieux encore, ces mêmes scientifiques tentent d’unifier les deux types de métaphores dans un paradigme qui, comme chacun aura pu le remarquer, s’inspire sans modération du Zen, du Taoïsme ou du Védantisme…
Dans ce moderne condensé de la sagesse universelle, l’univers tel que nous le percevons à travers nos conditionnements est présenté comme illusoire.
Seul est réel l’Esprit de cet univers, qui est également notre Soi le plus profond.
Il y a donc un niveau zéro de la manifestation qui constitue non seulement le substrat de conscience commun à tous les êtres mais encore la matrice de tous les phénomènes matériels.
Cela pourra sans doute paraître délirant aux matérialistes, mais c’est néanmoins sur cette base que le physicien David Bohm a créé le concept d’ho­lomouvement.
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David Bohm
Ce concept part de l’idée qu’il existerait un ordre implicite de l’univers, une sorte de matrice indifférenciée de laquelle surgirait, suscité par un modèle spécifique d’interférence, l’ordre explicite, c’est-à-dire l’univers perçu, notre espace-­temps.
Un tel holomouvement, puisque antérieur à la manifestation spatiotemporelle, distribuerait l’information indépendamment de l’espace et du temps.
Cela nous offrirait ainsi un modèle qui, à défaut d’être réellement spirituel, permettrait au moins, surtout si on le complète par celui des champs morphogénétiques de Rubert Sheldrake, d’expliquer l’ensemble des expériences chamaniques.
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Rupert Sheldrake
En d’autres termes, d’expliquer le monde dans une perspective pré-spirituelle.
C’est un début !

Une exubérance de théories

Mais ce n’est qu’un début, car le nouveau paradigme pèche encore par bien des aspects, et notamment par une exubérance de théories, d’ailleurs absolument non hiérarchisées.
Ne serait-ce que pour décrire ce que l’on appelle génériquement « la zone quantique », après l’holomouvement est apparue :
FlechesDroite32x32-004 la théorie tachyonique supposant l’existence d’un univers superlumineux composé de particules douées d’une vitesse supérieure à celle de la lumière et qui remonteraient le temps en marche arrière,
FlechesDroite32x32-004 puis la théorie de Burkhard Heim qui a mathématiquement démontré l’enchâssement du monde physique dans le monde psychique, et de ce dernier dans le monde spirituel, etc., etc.
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Si bien que, pour Helen Wambach, une psychologue transpersonnelle, la physique des quanta, qui propose une image du monde où la matière bien concrète disparaît au profit de particules d’énergie et où l’esprit est antérieur au cerveau, n’est qu’un mythe de plus, faisant suite :
FlechesDroite32x32-004 à celui de la religiosité où un Créateur de l’univers attend du troupeau ignorant qu’il suive ses lois sans discuter,
FlechesDroite32x32-004 ou à celui de la réincarnation qui implique une bonification de l’âme à travers une longue succession d’incarnations partant de la brute pour aboutir à l’être hautement spiritualisé,
FlechesDroite32x32-004 ou même à celui du scientifique classique pour qui seuls les phénomènes matériels présentent un quelconque intérêt.
Toutes ces interprétations du monde, qu’elles soient religieuses ou scientifiques, ne sont évidemment que des productions du mental.
Ce ne sont, en d’autres termes, que des illusions qui, en venant s’ajouter aux illusions communes du conditionnement, ne travaillent certainement pas au désillusionnement prôné par une science spirituelle qui enseignait que le mental n’observe pas le monde mais le crée de toute pièce.
Certaines écoles au sein du nouveau paradigme, il est vrai, ont intégré cette dernière notion… mais malheureusement uniquement en tant que notion.
Cela a même hérité d’un nom, le constructionnis­me, qui, du coup, pourrait fort bien venir s’ajouter à la longue liste des « mythes » d’Helen Wambach.
En psychologie, c’est Watzlawicz et l’école de Palo Alto qui ont le mieux représenté ce courant.
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Paul Watzlawicz
Mais seul un constructionnisme ontologique – et non psychologique ou physique – pourrait s’inscrire dans une science spirituelle digne de ce nom.

Y-a-t-il une science au-delà du concept ?

Ce que la Tradition enseignait, c’est que tant que notre mental est excité par des habitudes d’ego, c’est-à-dire du désir, nous créons des illusions et, partant, ce qu’il est convenu d’appeler "le monde".
Mais dès que nous refusons de rester l’esclave de la machine à concepts, le Vide nous suffit et le désir de monde, donc d’incarnation, est mené à bonne fin.
Malheureusement pour la science, ce Vide exclut toute possibilité de création de concepts.
Pas de concepts dans le Vide !
Même la science spirituelle a le bon goût de disparaître au seuil de l’Eveil.
Elle se distingue donc également des sciences ordinaires en cela qu’elle prévoit de céder la place à ce qui la dépasse.
Dans la mesure où elle reflète avec la plus grande fidélité possible le plan de conscience non duel, et dispose ainsi de la possibilité explosive de réunir tous les antagonismes conceptuels, elle est, en quelque sorte, programmée pour l’autodestruction.
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Ce n’est évidemment pas encore le cas du nouveau paradigme qui, même s’il s’inspire de la philosophie éternelle, part néanmoins de l’Avidya, l’état d’ignorance ontologique, et tente d’approcher la réalité dans des termes appartenant au monde de cette même ignorance.
Il s’agit donc bien, pour le scientifique, de créer des concepts, et non d’éveiller l’individu à La Réalité au-delà de tout concept.
Au contraire, la science spirituelle émanait de la Sagesse des Maîtres réalisés et s’adressait à la part spirituelle du disciple pour court-circuiter tout concept et éveiller ainsi sa conscience du Soi.
Tout ceci pose aux scientifiques du nouveau paradigme une question essentielle, par rapport à toute science : à quoi nous sert-il de posséder une explication concernant le Réel extratemporel si cette explication, puisque conceptuelle, maintient précisément notre conscience emprisonnée dans le temps ?
Et, si notre conscience parvient à se libérer du temps, quel besoin avons-nous alors d’une explication quelconque ?
Finalement, la science, comme le suggérait Nisargadatta Maharaj, est peut-être aussi inappropriée, spirituellement parlant, que la tentative d’arrêter quelqu’un en marchant sur son ombre.
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