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Pour les mélomanes

Un peu de musique hors du Temps
la route...

jeudi 28 mai 2015

le Zen: Simple et rationnel


Simple et rationnelle, telle est la pratique du Zen.

Le Bouddha Shakyamuni a connu l'éveil après avoir pratiqué une posture de méditation durant de longues heures. Cette posture, les adeptes du Zen l'appellent zazen. Il s'agit de s'installer dans la position du lotus, le dos droit, le menton légèrement baissé, la langue contre le palais, en se concentrant sur la respiration, et de laisser filer les pensées comme des nuages. Les partisans du Zen nous proposent cette pratique le plus souvent possible (une heure par jour, par exemple).

Et c'est tout !

Voilà qui est remarquable, une seule pratique simple pour nous conduire à l'éveil !

Le mieux est que ça marche, plusieurs disciples Zen peuvent en attester. Mais plus fort encore, le fait que cette pratique fonctionne est rationnel.

De quoi est-il question ? De purifier son cerveau des mauvaises habitudes du mental. En pratiquant zazen, on habitue son cerveau a fonctionner sur le mode intuitif sans laisser au mental la possibilité de ruminer ou de ressasser une pensée. Les pensées arrivent sur le mode intuitif et s'en vont chassées par une autre pensée intuitive. Ce qu'il y a d'important, ici, c'est que ce ne sont pas les mêmes parties du cerveau qui développent les pensées intuitives et celle qui ressassent les pensées. Les pensées intuitives sont développées par le cerveau reptilien (partie située au centre du cerveau), tandis que le ressassement des pensées est une activité du cortex.

Il est donc tout à fait normal que zazen produise un effet. Et lorsque vous ne fonctionnez plus que sur le mode intuitif : c'est l'éveil, le satori!

Privilégier le cerveau reptilien, c'est ne plus s'attacher à aucune construction du mental, ne plus s'attacher à ce que l'on peut emmagasiner en mémoire ou calculer pour le futur. Ainsi, l'ego disparaît, l'identification disparaît, on est en permanence comme un sous neuf (Lao Tseu se compare au nouveau né). N'ayant plus de point de comparaison, on ne désir ni ne juge plus rien. Ne recevant que les pensées intuitives du moment, l'action tient son emprise dans l'instant présent et ressemble à la non-action taoïste. 

Ne plus avoir d'ego conduit à la certitude de n'être pas séparé du cosmos car rien ne nous en sépare, l'intuition est en provenance directe du cosmos. C'est le sentiment de Non-Dualité. De ce fait, nous n'éprouvons pour l'autre que le même amour que celui que nous nous portons. C'est l'amour universel. Et nous éprouvons, pour ceux qui vivent encore dans l'illusion, de la compassion.

Finalement, faire zazen, est une pratique sûre et efficace pour connaître l'éveil. Tout vient de façon inconsciente, par l'action du cerveau reptilien auquel on redonne la place qu'il avait lorsque nous étions bébés.

samedi 23 mai 2015

Accepter jusqu'à la mort


Le sage accepte les petits (et les grands) désagrément de la vie.
Lorsqu'il s'atèle à une tâche, il le fait par non agir. Le but est celui de la communauté, ce n'est pas le sien. Aussi, s'il rencontre quelque difficulté, il redouble d'ardeur ce qu'il fait est pour le bien commun, il agit le cœur léger. De ce fait, il n'éprouve aucune douleur, même si la tâche est difficile, même si la tâche est douloureuse. Jusqu'où est-il capable d'aller ? 
Son acceptation ira jusqu'à ... la mort. 
En effet, le sage accepte la vie comme elle vient, et la mort fait partie de la vie. Aussi, son dévouement pour les autres est sans faille. Heureusement, les tâches de la collectivité sont rarement mortelles, si bien qu'il s'en acquittera sans grand effort, et obtiendra même une longue vie. Il ne faut pas oublier que celui qui agit dans le sens des événements, celui qui agit par non agir ne fait guère d'effort, et les choses se font naturellement. Aussi, il faut des tâches très rudes pour venir à bout de notre Saint Homme. L'exemple qui me vient à l'esprit est celui du Christ. On peut citer aussi Socrate, Gandhi... Des exemples de sages qui sont allés au bout de leur vie, qui ont tout donné pour le bien de la communauté. 
Le Saint Homme possède un tel degré d'altruisme, qu'il est prêt à sacrifier sa vie pour les autres. Il faut dire qu'il voit sa vie comme le prolongement du Tao qui lui est immortel. Et le Tao protège plus qu'il ne met en péril. Aussi, le taoïste ne se met que rarement en danger. C'est ce qui fait que sa marge d'action est énorme. En effet le non agir ne l'éprouve guère, et il est prêt à donner de sa personne jusqu'à la mort. Cela tient plus de la foi que du courage. Le Saint Homme agit en accord avec le Tao, voilà tout.
En outre, le Taoïste est peu bavard, presque timide, il ne se mettra pas en avant par plaisir, et n'étalera pas son savoir, surtout en ce qui concerne le Tao.

samedi 16 mai 2015

Vie et Mort du Zen

Toutes les existences sont ku, impermanentes, changeantes, sans noumène; pour le monde phénoménal, seule existe la réalité du perpétuel changement; ainsi est l'ego, sans substance propre; il n'est pas une entité, il n'a pas d'autonomie; il est la simple actualisation momentanée d'un ensemble de causes interdépendantes qui forment le tissu phénoménal, lui-même manifesté par le pouvoir du virtuel. Aussi la vraie substance du corps et de l'esprit n'existe pas; leur substance est la virtualité d'existence, la potentialité de manifestation phénoménale; cette virtualité est le pouvoir cosmique fondamental.
Même si le corps est mort, l'esprit devient unité avec le pouvoir cosmique, il vit pour l'éternité. Vous devez avoir cette conviction.
Si vous avez cette conviction très forte, vous pouvez devenir de plus en plus heureux, alors vous pouvez vivre pour l'éternité en cette vie, à partir de maintenant, pas seulement après la mort. Ici et maintenant, votre vie devient éternité.
Si je dois mourir ici et maintenant, quel sera mon état d'esprit ? Si je dois mourir dans une semaine, dans un mois, continuerai-je encore à m'attarder aux petitesses de l'égoïsme ? Nous devons toujours garder à l'esprit l'idée que la mort peut survenir dans l'instant. Aussi pouvons-nous sentir la fugacité du temps, et ne pas passer notre vie vainement. Ainsi pouvons-nous faire de chaque instant un moment plein, en accomplissant la chose importante de cet instant, sans rien remettre au lendemain. L'ici et maintenant doit être complet, parachevé. Ainsi n'aurons-nous pas à regretter la fuite du temps.

Maître Deshimaru.



La vie et la mort selon M° Dôgen dans le... par sakiamuni

samedi 9 mai 2015

Les pensées et la petite voix



Permettez-moi de vous proposer une petite expérience, réalisable là tout de suite :
Commencez par fermer les yeux (enfin après avoir lu le détail de cette expérience). Essayez ensuite de ne penser à rien. Et dites-moi combien de temps vous tenez sans que votre petite voix intérieure ne vienne perturber le calme recherché.
Si vous tenez 5 secondes, c'est déjà très bien, si vous tenez une minute ou plus, alors vous êtes un expert. 
Il faut être honnête avec vous même : si une petite voix compte le temps qui s'écoule: c'est perdu, si vos pensées vous inclinent à faire un commentaire sur quelque sujet que ce soit: c'est perdu aussi.
Non, honnêtement, il est vraiment très difficile d'établir le silence dans sa tête. Même les bonzes les plus aguerris en méditation éprouvent de la difficulté, et ils préfèrent laisser filer les pensées plutôt que les stopper. 
Pourtant, il a bien du exister un temps où aucune voix ne venait perturber ce silence. Souvenez-vous, mais c'est impossible, de ce temps lointain, où vous aviez à peine deux ans, et où vous n'aviez pas acquis le langage. Nourrisson, vous ne pouviez pas penser en parole. Vos pensées étaient bien présentes, mais elles ne passaient pas par l'intermédiaire du langage. Or le langage a ceci de négatif, c'est qu'il décrit très mal le ressenti intérieur face à une situation. La quantité d'information qui passe par le langage est très maigre face à l'infini diversité de la réalité. Face au réel, votre petite voix n'a aucune chance de retranscrire avec précision l'exactitude d'une situation. 
Par exemple si vous êtes dans une forêt, votre petite voix pourra dire "quel bel arbre" mais sa beauté due au lichen qui le recouvre, à son tronc noueux et à ses branches élancées et... vous échappera. Et, si vous essayez de décrire cette beauté, vous risquez de ne pas remarquer le petit écureuil qui vient de bondir sur l'arbre voisin. 
Aussi face à l'instant présent, notre petite voix intérieure est un bien piètre outil pour profiter de l'instant. On peux même dire que cette petite voix nous sort systématiquement de la réalité. Un autre exemple est celui du mélomane qui écoute un morceau de musique et le trouve beau très beau, mais au moment ou celui ci est reconnu comme étant du Sigur Ros, le ressenti n'est plus le même, car le mélomane écoute une musique connue.
La petite voix intérieure aime ressasser le passé, autant que se projeter dans l'avenir. Très rarement elle ne traite de l'instant présent, comme on l'a vu ce n'est pas son domaine. "Ce que c'était bien ces vacances à New York. Il y avait cette jeune fille... sublime!". Toujours est-il que cette jeune fille n'est plus là, et que cette pensée fait naître un manque. Ou encore: "Où sont passées tes clés, si tu n'as pas tes clés comment vas-tu ouvrir la voiture ?" Ah cette petite voix a l'art de dramatiser : elles sont comme d'habitude dans ma poche mes clés  ! 
On le voit, pour profiter de l'instant présent, il vaut mieux ne pas faire confiance à notre petite voix intérieure, et donc ne pas se lancer dans des spéculations mentales. Or si l'on réalise que le présent est la seule réalité tangible, il vaut mieux, pour s'encrer dans la réalité, cesser d'être bavard.

Un petit détail amusant concernant notre petite voix intérieure : son volume sonore est constant. Essayez de crier fort avec cette petite voix : c'est impossible. Essayez de chuchoter, c'est là encore impossible. Étonnant, non ? 

dimanche 3 mai 2015

Tao Te King, fin



Ainsi donc se termine le Tao Te King :

"Les paroles sincères ne sont pas recherchées, les paroles recherchées ne sont pas sincères".
C'est spontanément, sans calcul, que Lao Tseu vient d'écrire les 81 chapitres de son livre.
Il l'a écrit sans lutter, sans chercher ni à enjoliver ni à forcer le trait. Et si il émane de ce livre un Mystère, le Mystère du Tao, c'est que Lao Tseu nous parle d'un Mystère bien réel : celui de la vie.

Malgré ce Mystère, l'enseignement de Lao Tseu est simple, et il le rappelle à la fin de ce chapitre 81: "la voie du Saint Homme est d'agir sans lutter": ne pas agir autrement qu'en suivant le cours de la vie, la voie du Ciel. Et pour y parvenir, il ne faut rien désirer. 

L'adepte qui suit cette voie ne fait pas partie d'une secte, bien au contraire. Il rejoint le point de vue du Ciel et de la Terre, il rejoint l'Unité. Il détient les clés de l'Univers. Car seul celui qui craint de posséder ces clés les possède.

L'adepte qui suit cette voie se départit de tout attachement, de tout bien, de tout ego. Car "seul celui qui se vainc lui-même possède la force". Il devient transparent, un non acteur de l'Univers. Mais cette transparence ne veut pas dire indifférence. Car le bien de l'Univers est le bien commun, fait d'amour et de compassion.

Lorsque le Saint Homme est parvenu à ce degré de transparence, le Mystère devient évidence, sans plus qu'il ne soit besoin de rien ajouter.

samedi 2 mai 2015

Tao Te King chapitre 81





Les paroles sincères ne sont pas recherchées, les paroles recherchées ne sont pas sincères. L'homme de Vertu ne discute pas, celui qui discute n'est pas Vertueux. Celui qui sait n'est pas érudit, celui qui est érudit ne sait pas.

Le Saint-Homme ne thésaurise rien ; tout ce qu'il a, il s'en sert pour aider les autres. Ayant tout épuisé, il reçoit d'avantage et... donne tout. Quand il a tout donné, il possède encore plus.

Le Tao du Ciel est aigu, mais ne blesse pas ; la voie du Saint Homme est d'agir sans lutter.



Lao Tseu

vendredi 1 mai 2015

Tao Te King chapitre 80




Si j'avais un petit royaume d'une faible population et comptant une dizaine ou une centaine d'hommes habiles, je m'abstiendrais de les employer. Je veillerais à ce que le peuple comprît la gravité de la mort et n'émigrât pas au loin. Bien qu'ayant des barques et des chars, il n'en userait pas ; possédant des armes et des cuirasses, il ne s'en servirait pas.

Je ferais en sorte qu'il revienne à l'usage des cordelettes nouées. Il trouverait sa nourriture savoureuse, beaux ses vêtements, paisible ses demeures, pleines de charme ses coutumes.

Quand bien même les habitants d'un hameau frontalier et ceux du pays voisin pourraient se voir, entendre les chants de leurs coqs et les aboiements de leurs chiens, ils atteindraient la vieillesse, puis la mort, sans qu'il y ait eu de visite réciproque.

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