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jeudi 21 février 2013

Trêve hivernale

Bonsoir,

Ce blog va se mettre en pose pour une semaine. Un peu de ski ne peut pas faire de mal...

A bientôt,

Oliver

mercredi 20 février 2013

Le Tao (5/10)

L’EGO
Enfant, notre ego se développe et très rapidement on veut tout pour soi. L’adulte a beaucoup de difficulté à se défaire de cette habitude, il capitalise toujours plus de biens pour satisfaire son ego. Sa soif ne s’arrête pas aux biens matériels, il tentera aussi de satisfaire sa soif de pouvoir, et aussi de conquêtes amoureuses.
Vers quoi conduit cette frénésie ? A une envie de biens, de pouvoirs et de conquêtes toujours plus grandes. Cette soif est un véritable cercle vicieux, qui ne cesse de s’entretenir sans jamais se satisfaire. D’une certaine manière, obéir à son ego conduit à la ruine de l’esprit. En effet, en agissant de la sorte, on tente de soustraire à l’univers une partie de ses biens. On tente de prendre le pouvoir au détriment des équilibres yin yang et du Tao. On use le potentiel naturel de séduction que nous offre le Tao à travers l’Amour. Cette attitude nous écarte du Tao et ne nous apporte pas le bonheur…
Une histoire rapportée par Tchang Tseu reflète bien la façon dont même un homme d’esprit s’attache à la chair. Deux moines avaient entamé une longue marche, les deux avaient fait vœux de piété et de chasteté. Ils étaient fatigués mais devaient continuer leur périple. Ils arrivèrent sur les berges d’une rivière en crue. Une jeune et jolie femme, les voyant arriver se précipita vers eux et les pria de l’aider à traverser. « Je dois à tout prix traverser cette rivière, ma sœur doit accoucher, je vous en prie aidez moi… ». Sans plus réfléchir l’un des moines pris la jeune femme sur son dos et traversa la rivière. Leur périple continua sur l’autre rive. Six heures plus tard, n’y tenant plus, l’autre moine posa cette question à celui qui avait porté la jeune fille. « Frère n’as-tu pas enfreint les règles élémentaires ? Sais tu que le contact avec les jeunes filles nous est interdit ? Pourquoi as-tu porté cette fille ? » L’autre répondit ceci. « De quelle fille parles-tu ? » 
« Celle de ce matin près de la rivière. »  Et l’autre lui donna alors cette leçon. « Tu parles de cette fille comme si elle te tenait à cœur. En la portant, je n’ai fait que l’aider à traverser la rivière. Depuis, j’ai fait le vide dans mon esprit. En gardant cette fille dans tes pensées, c’est toi qui la porte encore… ». L’ego peut s’attacher à bien d’autres choses encore : la renommée, l’apparence, les voyages ou encore le savoir ou l’érudition, qui ne sont qu’accumulations parmi d’autres. Satisfaire son ego, c’est donc tenter de se placer au dessus des autres en allant contre les  intérêts de l’Univers. C’est en aucun cas une démarche d’apaisement et de bonheur. Ceux qui arrivent à suivre le Tao savent au combien l’Ego n’est que pure perte et éloigne du bonheur. Ainsi le Taoïste n’est pas un homme de savoir. Ceci peut sembler surprenant pour les occidentaux que nous sommes, qui avons placé les études dans les sommets de la reconnaissance sociale. Pour autant le Tao ne rend pas stupide ou ignorant. Loin d’obliger ses adeptes à s’éloigner du savoir, il gratifie le sage d’illuminations ou de traits de génie. Ceux-ci accompagnent la vie du sage Taoïste l’éclairant de vérités profondes car associées à des expériences vécues. Cependant, le sage ne cours pas après ces révélations, car il sait qu’elles ne surviendront que si elles sont nécessaires, et que dans tous les cas le Tao ne se commande pas. Ainsi le Tao instruit mais ne gave pas, car il préfère les esprits intuitifs. Le Taoïste garde un mental souple disponible pour s’adapter aux fluctuations du Tao. Cependant, sa mémoire est infaillible car ce qui est gravé par le Tao est indestructible sauf par le Tao lui-même. 

lundi 18 février 2013

Le Tao (4/10)

Le Tao et le Monde

   Le Tao résulte du principe fondamental. On retrouve sa Vertu au sein de toutes choses. Il sous-tend l’Univers. Suivre les cycles du monde c’est faire preuve d’une grande sagesse. Les Taoïste estiment même que c’est la Sagesse associée à la Vertu. Il s’agit bien sûr de respecter le cycle des saisons, boire, dormir, et manger en conséquence. Mais aussi s’adapter à un environnement de montagne ou de plaine, respecter l’équilibre des couleurs ou encore s’adapter au chaud et au froid. Le Taoïste, à l’écoute de tous ces paramètres tend à s’harmoniser avec son milieu, tout au long de sa vie. En réalité seul le Cosmos dans son ensemble est l’être unique. Nous ne sommes que des créatures lui appartenant. Or nous avons le sentiment d’être unique et considérons trop souvent que seul compte notre petite personne. Pourtant le Tao est à l’œuvre dans chaque parcelle de l’Univers. Il est aux côtés de la fourmi qui tente de sauver l’œuf qu’elle porte. Il feutre les pas du félin fondant sur sa proie. Il est dans la rosée du matin qui rafraîchit la fleur. Il est dans les mouvements de l’atmosphère de Jupiter. Il est dans le vide interstellaire lui-même participant à la naissance et à la mort des étoiles. Si nous acceptons que le principe qui régit l’Univers, est le même que celui qui nous a vu naiîre et nous fait vivre, alors il est normal qu’il soit bon de retourner à cette unité. L’aspect « magique » vient du fait que lorsque nous parvenons à faire corps avec l’Univers et ses évolutions,  le Tao se manifeste : frissonnements agréables, traits de génie, visions etc. Aussi on peut se demander pourquoi ces sensations « universelles » ne sont pas plus unanimement reconnues. En réalité faire corps avec l’Univers n’est pas si naturel pour l’homme. Celui-ci développe naturellement son individualité, il a besoin de travailler et parfois de se battre pour vivre et survivre. Aussi, rapidement, l’individu gère toutes ses priorités en commençant par sa propre personne. Il perd alors totalement l’écoute de l’environnement, et devient insensible au Tao.

Les quelques sensations reçues dans la moelle épinière sont mises sous le compte de l’Amour ou d’émotions diverses. Les traits de génie sont mis sous le compte de sa propre intelligence, et personne n’y voit l’influence du Tao. De fait, pour sentir le Tao à l’œuvre dans sa vie, il est nécessaire de laisser son ego de côté. Il faut désapprendre, lâcher prise. Ne plus avoir aucun désir propre. Ne plus agir à l’encontre de la Nature. Ne plus être par soi-même, mais se fondre dans son environnement. Dés lors on occupe une place très confortable qui n’a rien à voir avec de l’oisiveté. On se trouve au cœur du principe actif du Monde, et on vibre avec celui-ci. 

dimanche 17 février 2013

Le Tao (3/10)

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Le Tao agit partout (c’est le principe fondamental). Où que vous soyez, et à tout moment vous pouvez rejoindre le Tao. Pour ceux qui ont un fond religieux, on pourrait dire que Dieu pardonne à chaque instant. Le passé n’existe plus (ou presque, car des actes peuvent avoir des conséquences qui durent, le temps de rééquilibrer yin et yang). Ceci est un aspect merveilleux, car l’Univers est toujours reconnaissant envers ceux qui le servent. Il s’agit de ne pas oublier que nous faisons partie intégrante de l’Univers, et qu’il n’est en aucun cas là pour assouvir nos désirs égoïstes. Ce que l’on a de mieux à faire c’est une coopération. Le miracle tient alors au fait que le Tao se manifeste de façon gratifiante.

Le vide est une clé essentielle. Comment savoir ce qui est en accord avec le Tao, et ce qui ne l’est pas ? Voici la question que se pose tout apprenti Taoïste. Comme je l’ai déjà dit, il s’agit d’être à l’écoute. Pour nous aider dans cette démarche le Tao nous apporte là encore une merveilleuse solution. Celle-ci consiste à faire le vide dans ses pensées. C’est en effet dans ces conditions que l’on est le plus à l’écoute. Il s’agit de calmer son mental. Cela nécessite généralement quelques minutes. Là le « miracle » se produit. Une pensée, une action, ou une image (surgi de nulle part) s’impose. Vous êtes absolument certain que c’est la priorité du moment ! Dès lors vous allez vous consacrer à cette pensée, à cette tâche ou à cette image. Ceci, jusqu’à ce que le Tao vous appelle à autre chose. Ainsi le vide pilote la vie du Taoïste. Il est d’ailleurs intéressant d’observer la nature du vide en général. Je crois que l’on peut dire qu’il est à la frontière entre le yin et le yang. A ce titre il agit comme le moteur du monde. Et ce autant dans nos pensées que dans les mouvements de la matière. Par exemple en physique quantique on a constaté que la création de particule pouvait naturellement se produire ex nihilo moyennant la création d’une antiparticule et la présence d’énergie. Le vide serait donc le berceau de l’Univers. Lie Tseu, le plus célèbre taoïste après Lao Tseu et Tchouang Tseu, a intitulé son œuvre « le grand classique du vide parfait ». Il fait souvent allusion aux propriétés du vide. Lao Tseu fait remarquer que c’est le vide du moyeu de la roue qui lui permet de tourner où encore le vide des ouvertures d’une maison qui la rendent habitable. Bref le vide est au cœur du principe de mouvement et de vie. On peut dire encore que le monde dans lequel nous vivons a autant de probabilité d’exister que de ne pas exister, par conséquent le non existant a probablement autant de poids dans l’équilibre de l’Univers que l’existant. Les Taoïste parlent d’être et de non être. Le vide se trouve naturellement à la frontière entre ces deux états. Le miracle de la vie est que ce néant soit source de toute chose. Le Tao nous apprend à y puiser l’inspiration. Cette inspiration est toujours bonne pour vous et pour l’environnement. Il semblerait que l’Univers ait une conscience…

Un dernier aspect du Tao réside dans la part de Mystère. Lao Tseu le qualifie de Mystère des mystères… Il est important de toujours garder à l’esprit que le Tao est insondable et ne peut être réduit à quelque définition que ce soit. Quelle que soit l’avancée du savoir ou de notre connaissance, il est impossible de percer le mystère de l’existence. Le Taoïste l’admet et vénère ce Mystère presque religieusement. De la sorte le Taoïste se fie à son intuition sans chercher à comprendre d’où lui vient cette source infinie. Il se contente de respecter le Mystère. Le Taoïste est un mystique et il est nécessaire qu’il le devienne pour suivre la Voie.

samedi 16 février 2013

Le Tao (2/10)

1 Un autre concept fondamental est celui d’unité. En effet , le Taoïste conçoit qu’il fait parti d’un tout. L’Univers dans lequel il évolue n’est pas différent de lui-même. Son action doit donc être en accord avec les lois de l’Univers. Si tel n’est pas le cas, s’il agit pour ses propres intérêts, il va inconsciemment se battre contre les lois de l’Univers, ce qui aura un effet destructeur tant pour l’Univers que pour lui-même. On peut ainsi évoquer les hommes d’affaires qui agissent souvent à des fins purement mercantiles et qui au final ne récupèrent qu’une bonne dose de stress, de soucis bancaires ou matériels. Le Taoïste, lui, unifié avec le monde n’a pas d’autre intérêt que celui de l’Univers (c'est-à-dire du tout, et en particulier de la nature).

     La voie vertueuse (le Tao) requiert une écoute et une attention de tous les instants. Si l’harmonie règne, alors il n’est pas nécessaire d’agir, il est seulement bon d’en profiter. En revanche si une injustice criante, un déséquilibre, ou un danger se manifeste, alors le Taoïste est le premier à réparer, rétablir ou protéger pour que l’harmonie et la paix revienne. Le Taoïste donne la priorité à l’instant, et laisse les actions répondant à ses désirs au dernier rang de ses priorités. Quelques exemples :
Le Taoïste est charitable : Il ne rechigne pas à aider son prochain à accomplir des tâches d’intérêt général. Il relève le faible et ne fait rien pour le fort. Il ne participera généralement pas aux actions humanitaires, conscient de l’excès de pouvoir de telles entreprises.
Le Taoïste se laisse guider : C’est l’évolution de l’environnement et les actes des autres qui dictent au Taoïste sa façon d’agir. Il se fie à son instinct et à son intuition pour discerner dans quel sens agir. Alors il se dépense sans compter car il est en harmonie avec le Tao et l’énergie est avec lui.
Le Taoïste vit dans un environnement naturel : En recherchant l’harmonie, le Taoïste fuit l’agitation des grandes villes l’avidité et la cupidité de nombreux hommes. Il retourne à la Nature, qui est pour lui source d’inspiration.
Le Taoïste est solitaire : L’homme cherche souvent à vivre en groupe. Il vit en famille, en association, en clan, en société … Pour le Taoïste l’influence du groupe est dangereuse car elle est trop souvent guidée par des intérêts personnels opposés au Tao. Le Taoïste préfère vivre en solitaire, son action n’est donc pas spectaculaire, mais il se fond dans la Nature qu’il magnifie. 

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