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samedi 20 septembre 2014

Sagesse Orientale: l'Inde opus 2


[...]
Si vous suivez mes enseignements, vous serez toujours heureux.
L'important dans mon enseignement, c'est que vous contrôliez votre esprit.
[...]
Voici, ô moines, la vérité sainte sur la suppression de la douleur : l'extinction de cette soif par l'anéantissement complet du désir, en bannissant le désir en y renonçant, en s'en délivrant, en ne lui laissant pas de place.
[...]
Un moine qui considère les choses avec sagesse développe le facteur d'éveil de l'attention, accompagné du détachement, de l'absence de désir, de la cessation conduisant à l'abandon. Il développe le facteur d'éveil de l'énergie, d'éveil de la joie, d'éveil de la tranquillité, d'éveil de la concentration, de l'équanimité, accompagné du détachement, de l'absence de désir, de la cessation conduisant à l'abandon.
[...]
D'autres seraient violents, mais ne soyons pas violents.
D'autres détruiraient la vie, abstenons-nous de le faire.
Abstenons-nous de prendre ce qui n'est pas donné.
Soyons chastes.
Abstenons-nous du mensonge et de la médisance.
Abstenons-nous de paroles dures ou vaines.
D'autres auraient l'avidité; soyons libres d'avidité.
Soyons libre d'esprit méchant.
[...]

Discours du Bouddha  VIéme siècle av JC



Le premier grand vœu est l'abstention d'actes nuisibles envers les êtres vivants. Maître! Je renonce à tout acte nuisible envers les êtres vivants minuscules ou gros, mobiles ou immobiles. Je ne nuirai à aucun être vivant, je ne serai pas la cause que d'autres leur nuisent, ni n'approuverai qu'on leur nuise. 
[...]
Le mauvais karma n'a aucune prise sur celui qui s'identifie avec tous les êtres, qui les considère d'un regard égal, qui a arrêté le flux karmique et le contrôle des sens.

Ne fais aucun effort, ne parle pas, ne pense pas, afin qu'inébranlable, l'atman soit absorbé dans l'atman; ceci est certainement la plus haute forme de sagesse.

Mahavira VIéme siécle av JC


Le yoga est l'arêt de l'activité automatique du mental.
L'arrêt des pensées automatiques s'obtient par une pratique interne dans un esprit de lâcher-prise. Le non-attachement est induit par un état de conscience totale qui libère du désir face au monde qui nous entoure.
Etre établi dans la modération donne une bonne énergie de vie. Celui qui se désintéresse de l'acquisition de biens inutiles connaît la signification de la vie.

Se contenter de ce que l'on a constitue le plus haut degré du bonheur.

Patanjali IIème siècle av JC



Pour la vie prochaine, il n'est pas de meilleur ami que le don.
[...]
Considère comme des ennemis l'avarice, la dissimulation et la tromperie, l'attachement, l'indolence, l'orgueil et la concupiscence, l'aversion et la vanité liée au statut social, à l'apparence physique, au savoir, à la jeunesse et au pouvoir.

Nagarjuna IIème siècle



L'inébranlable conviction que Brahman est la seule réalité et que l'univers est illusoire, c'est ce qu'on appelle la discrimination entre le réel et l'irréel. L'absence de passion consiste, en accord avec les leçons du guru, à renoncer aux jouissances passagères, depuis celles du corps jusqu'à celles de Brahma.
Lorsque, après avoir détaché sa conscience de la multiplicité des objets sensibles, dont une observation inlassable a mis les défauts en lumière, on réussit à la maintenir inébranlablement sur la même cible, on obtient le calme de l'esprit.
[...]
Ne jamais céder à une distraction de l'esprit, mais se concentrer à tout instant sur le Brahman pur, voila en quoi consiste la stabilisation de la conscience.
[...]
Le Soi est Brahma, le Soi est Vishnu, le Soi est Shiva, le Soi est tout cet univers. Rien d'autre n'existe que le Soi.
Regarder tout avec la même indifférence en ce monde plein de qualités et de défauts, est un privilège de l'homme libéré.
[...]
Quelquefois fou, quelquefois sage; quelquefois revêtu de la splendeur d'un roi; quelquefois doux, quelquefois dangereux comme un serpent; quelquefois honoré, quelquefois méprisé, quelquefois inconnu, ainsi vit le sage heureux de la félicité suprême.
[...]
Que l'on demeure fondu avec le Brahman suprême.

Shankara VIIIème sciècle



Du point de vue de la Réalité absolue, il n'y a pas de transmigration. Comment alors est-il question d'entrave pour les êtres vivants ? Puisque l'être libre n'a jamais eu d'entrave, entreprendre de le libérer est vain.[...] Ne laisse rien, ne prends rien, bien établi en toi-même, tel que tu es, passe le temps agréablement.
[...]
Cette félicité n'est pas comme l'ivresse du vin ou celle des richesses, ni même semblable à l'union avec la bien-aimée. L'apparition de la Lumière consciente n'est pas comme le faisceau de lumière que répand une lampe, le soleil ou la lune. Quand on se libère des différenciations accumulées, l'état de bonheur est une allégresse comparable à la mise à terre d'un fardeau, l'apparition de la Lumière est l'acquisition d'un trésor oublié: le domaine de l'universelle non-dualité.

Hymnes de Abhinavagupta XIème siècle



Toutes choses sont créées par Dieu.
L'Amour est Son corps.
Il est sans forme, sans qualité, sans décadence.
Cherche à t'unir à Lui.
Ce Dieu indéterminé prend des milliers de formes aux yeux de ses créatures:
Il est pur et indestructible.
Sa forme est infinie et insondable.
Le corps et l'esprit débordent de bonheur quand ils sont touchés par Sa joie infinie.
Il est immergé dans toute conscience, dans toute joie, dans toute douleur.
Il n'a ni commencement ni fin.
Il tient tout dans sa Béatitude.
[...]
Kabir dit:"Ecoute-moi, ô Saint Homme, peu nombreux sont ceux qui ont atteint l'extrémité."
[...]
Pourquoi mettre une robe de moine et vivre hors du monde dans une orgueilleuse solitude ?
[...]
L'ascète teint ses vêtements au lieu de teindre son âme des couleurs de l'amour.
Il reste assis dans le temple, abandonnant Brahma pour adorer une pierre.
[...]
Kabir dit : "Toi qui agis comme lui, tu vas aux portes de la mort pieds et mains liés".

Kabir XVème sciècle

vendredi 12 septembre 2014

Sagesse Orientale: l'Inde premier opus


Il n'y avait pas l'être, il n'y avait pas le non-être en ce temps.
Il n'y avait ni l'espace ni le firmament au delà.
Quel était le contenu? Où était-ce? Sous la garde de qui?
[...]
L'Un prit alors naissance par le pouvoir de la Chaleur.
D'abord se développa le Désir,
qui fut le premier germe de la Pensée.
Cherchant avec réflexion en leurs âmes,
le Sages trouvèrent dans le non-être le lien de l'être.

Le(s) Veda(s) XVème siècle av JC



Puisse le Seigneur revêtir toutes choses ici-bas,
tout ce qui se meut dans l'Univers en mouvement!
[...]
Il est des mondes sans soleil tout couverts d'aveugle ténèbres :
après mourir s'y rendent tous ceux qui ont tué leur âme.
[...]
Et comment [celui qui discerne que tous les êtres sont dans l'âme] pourrait-il souffrir
s'il discerne en lui l'Unité?
[...]
Qui fait confiance au Non-Savoir entre dans la ténèbre aveugle,
et dans ténèbre plus épaisse celui-là qui fait confiance au savoir.
[...]
Le Non-Savoir et le Savoir: Cela est les deux à la fois;
Qui le sait passera la mort grâce au Savoir et par le Non-Savoir gagnera l'immortalité!

Sept Upanishads Vème siècle av JC



Mais aussi :
Dans un rendez-vous, on se livre aux embrassements partiels, visage contre visage, sein contre sein, Jadgana contre Jadgana, cuisses contre cuisses, et aux étreintes de tout le corps, avec toutes sortes de mignardises, la femme laissant flotter ses cheveux épars.

Le Kama-Sutra Vatsyayana IVème siècle av JC


Ô meilleur des hommes, celui que n'affectent ni les joies, ni les peines, qui, en toutes circonstances, demeure serein et résolu, celui-là est digne de libération.
[...]
L'âme est indestructible, éternelle et sans mesure; seuls les corps matériels qu'elle emprunte sont sujets à la destruction. Fort de ce savoir ô descendant de Bharata, engage le combat.
[...]
Fais ton devoir sans être lié ni par le succès ni par l'échec. Cette égalité d'âme on l'appelle yoga.
[...]
Celui qui reste inébranlable malgré le flot incessant des désirs, comme l'océan demeure immuable malgré les mille fleuves qui s'y jettent, peut seul trouver la sérénité; mais certes pas celui qui cherche à satisfaire ses désirs.
[...]
Deux sortes d'hommes réalisent la Vérité absolue. Certains l'approchent au moyen de l'empirisme ou de la spéculation philosophique, d'autres en agissant dans un esprit de dévotion.
Celui qui a réalisé son identité spirituelle ne poursuit aucun intérêt personnel en s'acquittant de ses devoirs, pas plus qu'il ne cherche à fuir ses obligations; nul besoin, pour lui, de dépendre d'autrui. Ainsi, l'homme doit agir par sens du devoir, détaché du fruit de ses actes, car par l'acte libre d'attachement, on atteint l'absolu.
[...]
Celui qui voit l'inaction dans l'action et l'action dans l'inaction, celui-là se distingue par son intelligence, et bien qu'engagé dans toutes sortes d'actes, il se situe à un niveau purement spirituel
[...]
Sache-le, ô Arjuna aux bras puissants, celui qui n'abhorre ni ne convoite les fruits de ses actes connaît un renoncement immuable; affranchi de la dualité, il dénoue facilement les liens qui le retiennent à la matière.
Qui a maîtrisé le mental, et ainsi gagné la sérénité, a déjà atteint l'Âme suprême. La joie et la peine, le froid et la chaleur, la gloire et l'opprobre, il les voit d'un même œil
[...]
L'Âme suprême demeure indivisible; elle est Une. Bien qu'elle soutienne tous les êtres, comprends que c'est elle aussi qui les dévore et les fait se développer tous.

La Bhagavad-Gita IIIème siècle av JC



En toutes choses l'élément primordial est le mental; le mental est prédominant. Tout se fait par le mental. Si un homme parle ou agit avec un mental purifié, le bonheur l'accompagne d'aussi près que son ombre inséparable.
[...]
Celui dont l'esprit est entraîné à tous les degrés du savoir (discernement de la vérité, énergie, allégresse du vrai, sérénité, méditation, égalité d'âme), qui, détaché de toutes choses, se complaît dans son renoncement, dont les appétits ont été subjugués et qui s'est inondé de lumière, celui-là même, en ce monde atteint le Nirvana.
[...]
Ne faire d'outrage ni de tort à personne, pratiquer la discipline selon la loi, être modéré dans sa nourriture, vivre à l'écart et s'adonner à de hautes méditations, tel est l'enseignement des Bouddhas.
[...]
Tant qu'on n'a pas coupé la dernière racine du désir de l'homme pour la femme, on possède un esprit captif et aussi asservi qu'un veau tétant sa mère.

Le Dhammapada (enseignements du Bouddha IVème siècle av JC)

jeudi 14 août 2014

Nature et Harmonie


Vous-êtes-vous jamais demandé pourquoi la vue d'un beau paysage vous rendait paisible ?

Pourquoi tout d'un coup le bruit du mental laisse place au silence. Une sorte d'osmose se crée entre votre esprit et les proportions parfaites que prend la nature sous vos yeux. Ces proportions parfaites, cette harmonie, nous les reconnaissons sans effort, elles vont de soi... Nous n'avons même pas à y penser. Il semble que le spectacle que nous offre la nature soit égal à notre attente. Pendant l'instant que nous offre cette contemplation, tout semble parfait dans le meilleur des mondes. Et pour une fois, notre mental ne vient pas jouer les troubles fêtes!
En fait, cet état de béatitude montre que notre être se trouve dans un état de satisfaction total. Un peu comme un peintre qui apporte la dernière touche à sa toile. C'est que l'auteur de ce paysage n'est autre que l'Univers lui-même, ou la Nature elle-même, son principe: le Tao. Et cet Univers, cette Nature est aussi à l'oeuvre au plus profond de nous-même. 

C'est donc la satisfaction qu'a la Nature de se reconnaître elle même, qui nous procure cette jubilation. Enfin notre être reconnait le Beau. Enfin tout cela n'est pas pollué par les jugements du mental. Nous avons au plus profond de nous même un être naturel capable de reconnaître l'harmonie première dont nous sommes issu. C'est cet être profond que nous pouvons éveiller à la vie. Malheureusement, bien souvent, nous préférons l'enfouir sous les calculs de notre mental.

mardi 15 juillet 2014

Suivre l'Esprit


Comment mettre en pratique les paroles des sages pour trouver le chemin de l'éveil ? Voici une question que tout chercheur spirituel se pose à un moment et même régulièrement alors qu'il tombe fréquemment dans les pièges de l'ego.

Les sages nous donnent des techniques : vivre l'instant présent, se libérer de l'ego, non agir, non désir, ... 

Toutes ces méthodes proviennent de la nature de l'Esprit. 

Si l'on est capable de faire le vide mental, de laisser s'évanouir toute pensée, alors le vide ne devient pas néant, mais source claire de l'Esprit. L'écoute du vide ainsi retrouvée propose naturellement de vivre l'instant présent, le non agir, le non désir et libère de l'ego. En effet, l'Esprit ainsi retrouvé est à la source de nous-même, la racine de nos pensées avant qu'elles ne soient polluées par notre mental.

L'écoute de l'Esprit n'est autre qu'une attitude méditative, voir l'attitude méditative par excellence. Elle est la méditation de l'instant présent. 
Le sage a atteint cet équilibre méditatif qui lui permet d'être à l'écoute de l'Esprit.

L'Esprit dont le berceau est le vide de nos pensées ne nous conseillera l'action qu'en cas de nécessité pour le bien-être de chacun et de l'environnement. C'est pourquoi ses conseils sont toujours bons. Ils ne peuvent être pollués par les idées du mental, car l'Esprit se trouve en amont.

Je me permet d'insister sur le fait que les conseils de l'Esprit sont toujours "bons". En effet nos pensées racines, nos pensées premières visent à rechercher notre équilibre dans l'environnement. Or l'équilibre est l'intelligence intrinsèque du vide. C'est pour cela que le sage ou le saint, sous des apparences simples reflètent en général l'intelligence pure. Il s'agit de faire passer les intérêts de l'Univers, avant sa propre personne.

C'est pourquoi le conseil que je peux donner est de reconnaître puis de suivre l'Esprit.

Comment reconnaître l'Esprit ? Au début, c'est très simple, il suffit de s'asseoir, faire le vide dans ses pensées mentales, et laisser les pensées racines émerger. Peut-être que petit à petit une idée va cristalliser, si c'est pour votre ego ou pour satisfaire votre mental, laisser cette pensée s'évanouir, mais si cette pensée émerge de l'Esprit, elle va vous mettre en mouvement, et vous allez agir naturellement, car vous ressentez au plus profond de vous l'équilibre qui est en jeu.

Ainsi, avec un peu d'entrainement, la pensée racine s'impose, et nous indique quoi faire. Pour le sage, la plupart du temps, cette pensée sera vide, car ce dernier a atteint la parfaite vacuité. Mais pour l'homme ordinaire, cette pensée visera à l'équilibre de la personne, et sera prise en compte. 
Peu à peu, la pratique qui consiste à suivre l'Esprit nous rend plus simple, plus équilibré, plus serein.  

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