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samedi 8 octobre 2022

Un Monde à l'envers

 
Comment qualifier le Monde tel qu'il est dans son Unité et son Universalité Un, non séparé ? Comment le décrire ? Pourtant, ce monde, ce grand Tout, nous en avons tous fait l'expérience. C'était il y a longtemps, c'était lorsque nous étions bébés. Nous sortions du ventre de notre mère, et nous étions comblés, l'instinct nous guidait inlassablement du sein gauche vers le sein droit de notre mère et du sein droit vers le sein gauche, et nous concluions cette aventure par un rot de satisfaction. Quand nous étions dans notre berceau, le sommeil avait raison de nous, et si tel n'était pas le cas, d'instinct, nous comprenions que nos parents n'étaient pas loin et qu'ils allaient revenir. Oh, nous n'avions pas besoin de grand chose ! Et si par malheur nous ne l'obtenions pas, d'instinct nous poussions d'énormes vagissements qui ne pouvaient que nous apporter très vite ce qui nous était dû.
A l'époque nous ne savions pas encore parler et notre "pensée" n'était que pur instinct. Pas de petite voix bavarde pour envahir notre quotidien. Notre cerveau plus précisément notre cortex était encore vierge de savoir. Malheureusement, nous apprenions vite, et les connexions entre les synapses de notre matière grise se faisaient à toute allure ! Petit à petit une pensée construite se dessinait : la dernière fois, les parents sont venus par cette porte ; nous fixions cette porte, et ils allaient revenir. Ou encore, la tête de cet
oiseau qui survolait notre berceau avait disparue, nous attendions un peu et hop elle était de retour. Tout cela sans mot pour le dire, ceux-ci viendraient plus tard. 
Petit à petit, nous apprenions à vivre avec des objets, c'est peut-être là le rôle essentiel que jouent les jouets dans notre apprentissage.  Nous faisions une différence entre cette main qui était dans notre champ de vision, et que nous arrivions (parfois maladroitement) à contrôler, et ce jouet qui refusait de bouger si nous lui demandions. Par contre, si nous utilisions cette main, le jouet s'animait. Il y avait donc bien une différence entre notre jouet et notre main. De même il y avait une différence entre notre main et nos parents, entre notre main et notre grand frère. Et ainsi, petit à petit nous sortions du grand tout pour rentrer dans un monde de différence. Avec l'apprentissage du langage, les pensées construites
devenaient envahissante et nous pensions pouvoir nous priver de l'instinct. Pire la différenciation des objets qui venait avec les noms que nous leurs donnions nous isolait inlassablement de ce monde Universel dont Lao Tseu nous parle lorsque il nous dit de nous unifier au Tao.
Et la différenciation nous fait voir le monde au travers d'un prisme déformant. C'est le miroir de l'ego. Car qui d'autre que l'ego fait cette différence entre nous et le reste du monde ? C'est le "moi je" qui s'isole. Et à travers ce prisme, face à ce miroir, on voit le Monde à l'envers. Revenir à l'instinct primordial, oublier l'ego, lâcher prise, c'est regarder le Monde à l'endroit : Tous Ensemble.

lundi 11 juillet 2022

Eternel Eveil

 
Le temps est une illusion, tous les phénomènes ne sont que des transformations. Il y a donc un chemin pour aller d'une cause à un effet. Mon cher Lao Tseu, il y a un chemin qui nous relie toi et moi. Ce chemin, c'est le Tao qui nous l'offre. Et le Tao est cause de tous les effets. Lao Tseu est issu du Tao, je suis issu du Tao, nous sommes tous nés du Tao.
En lâchant prise de tous nos désirs, en limitant notre agir au maximum, nous rejoignons le Tao éternel. Nous ne sommes plus séparé du Tao, nous sommes tous (monde animal, végétal et minéral compris) le fruit d'une seule mouvance, la perpétuelle transformation de la Vie. Nous réalisons alors notre vraie nature : le Tao. Et dans ce grand flux de vie, nous nous perdons, nous nous retrouvons, et nous perdons encore.
Nous nous connaissons nous-mêmes (enfin, c'est ce que nous croyons !). L'homme ordinaire croit que le monde c'est l'inconnu, pourtant, c'est encore le Tao, c'est donc nous, pourvu qu'on se fonde dans le Tao.
Plongés dans le Tao, nous participons à cette mouvance, aussi, des causes chez nous ont des effets dans le Tao, donc en nous-même.
C'est pourquoi l'homme du Tao vit dans une perpétuelle confirmation de la voie. Car la Vertu du Tao l'a débarrassé des désirs, de l'agir, du savoir. Et, ne sachant rien, il est obligé de faire confiance non au mental, celui-ci est éteint, mais en l'Esprit qui demeure en son for intérieur. Toutes les voies sont des chemins de l'Absolu. Cet absolu, nous y avons accès dans l'instant présent, si nous demeurons attentif à la beauté de l'instant, nous sommes rejoint par la grâce de l'Eveil.

Nous cessons de bouger dans le Tao, nous sommes immobiles, notre esprit est vide, nous recevons la grâce.

On peut expliquer ce phénomène par le bief des trois cerveaux : le cortex étant inactif, et le cerveau reptilien cantonné dans son rôle de régulateur, le cerveau limbique peut jouer son rôle de déclencheur d'émotions. Mais c'est un chemin, il y en a bien d'autre. Car comme le dit l'adage, les voies du Tao sont impénétrables.






vendredi 17 juin 2022

Délivrance

 Quel que soit l'âge auquel on le réalise, rejoindre le Tao est une délivrance. Rejoindre l'être universel enclanche un lâcher-prise à de nombreux niveaux et libère de nombreuses prisons psychologiques et allège de nombreux poids. Que ce soient les petits tracas du quotidien, ou les grandes passions, vivre l'universel chaque instant développe l'humilité de l'individu qui de fait n'en est plus tout à fait un. Le lâcher-prise est général, et l'on préfère s'en remettre au Tao plutôt que de se fier à sa propre analyse. L'instant présent prime sur la réflexion, et par ce fait, on accueille ce qui est, pour ce qu'il est : une nouvelle rencontre du Tao avec le Tao. Et l'on devient forcément reconnaissant envers le Tao de nous offrir un tel spectacle.
Vivre le Tao, c'est laisser derrière soi les plans, les envies, les désirs que l'on peut égoïstement échafauder. Ce qui était d'ordinaire fondamental pour notre bonheur ne l'est plus. Tout devient plus simple.
Imaginons que nous devions rencontrer notre pire ennemi. Savoir que ce n'est autre que le Tao sous une autre forme que nous croisons facilite la relation, et l'animosité qu'il manifeste envers nous n'est autre qu'une projection sur nous de son égo, de l'égo d'une entreprise ou de l'ego de la nation. Il reste que combattre les égos est une rude entreprise, pour ne pas dire un combat perdu d'avance. Mais sur ces sujets, le Tao nous enseigne le non-désir... Notre ennemi a une volonté qui nous entrave d'une quelconque manière et bien laissons le faire un peu à l'image du Christ qui tend l'autre joue. Au bout d'un certain temps il arrêtera ne nous persécuter car face au vide, on ne gagne jamais, et il ne tardera pas à s'en apercevoir.
Au fond, ce qui nous pourrit la vie, c'est ce que l'on désir. Avec le désir, la femme que l'on ne parvient
pas à séduire, cela nous contrarie, avec le désir, le poste que l'on ne parvient pas à occuper, cela nous contrarie, avec le désir, l'assiette que l'on ne parvient pas à laver, cela nous contrarie. Et tout dans la vie égotique fonctionne sur ce principe. Au bout du compte, il devient très difficile de vivre heureux.
Lâcher-prise de ses désirs est la réponse efficace qu'apporte l'être universel. Nous ne cherchons plus à modeler le monde selon nos propres envies, nous l'acceptons tel qu'il est. Et ce qui est merveilleux, nous vous invitons réellement à en faire l'expérience, c'est qu'alors la vie devient parsemée d'agréables surprises, de petits bonheurs simples que notre ego agissant en rouleau compresseur nous masque quotidiennement. C'est ainsi que de petits bonheurs simples en petits bonheurs simples nous allons remonter petit à petit la pente que notre ego et ses désirs avaient rendu savonneuse. 
Ainsi se fondre dans le Tao, devenir rien, libère et délivre de tous les tracas de notre vie en ce Monde.

dimanche 15 mai 2022

Aimer son prochain comme soi-même


Que ne ferait-on pas pour être à la première place ? Pour dépasser cet automobiliste devant nous et qui n'avance pas ? Pour être choisi sur un poste tant convoité ? Nous voulons être les premiers en toute circonstances. Mais qui arrive le premier dans ces conditions ? Qui franchit en tête la ligne d'arrivée ?
Certainement pas le Tao ! Car l'homme qui a bataillé dur pour arriver à ses fins, s'est battu contre le Tao, a renforcé son égo et s'est fait des ennemis. Au contraire, l'homme qui suit le Tao ne fait pas de vague et accepte sans broncher la dernière place. Il aime le Tao, et le Tao le lui rend bien. Il sait reconnaitre dans l'autre l'être universel qu'est le Tao, ce point commun qu'il y a entre tous les hommes, entre toutes les races, entre toutes les espèces.  
Aussi, chérissant le Tao plus que tout, il chérit son prochain comme lui-même, il accepte ce qui vient de l'autre comme une bénédiction, il accepte l'autre comme un dieu.
Aimer son prochain comme soi-même, c'est accepter l'autre inconditionnellement, en acceptant tous ses défauts, qui en y regardant bien, nous le rende plus sympathique encore. Car voir l'ennemi comme un
ami change complètement le prisme avec lequel on voyait une situation. Au lieu de voir ce conducteur qui vient de me faire une queue de poisson comme un chauffard, si je me met à sa place et que j'admet que je lui barrait le passage, j'accepte son geste, et je passe à autre chose, car je vois cet automobiliste comme un double de moi-même. Aussi, si j'accepte qu'un collègue ait été promu sur le poste que je convoitais, je retrouve un ami, et suis libre pour candidater sur un poste à plus haute responsabilité, que je n'aurais pas jusque là espéré et qui désormais me tend les bras. Car le Tao est comme ça, il présente de multiple facettes, ce qui donne à la vie de multiples rebondissements ! 
Et l'autre mérite qu'on le regarde sous diverses angles. On le sait, il ne faut pas s'arrêter à la première impression. Car derrière chacun, se cache, parfois bien enfoui, certes, la bonté ouverte du Tao. Il est là, prêt à nous tendre la main. Qui n'a pas été surpris qu'un inconnu devienne un bon ami juste parce que l'un des deux a osé briser la glace en lançant la
conversation ?  Le Tao est là indéfectible, il suffit juste de trouver le bon accord, souvent celui de l'humilité, pour que la corde de l'amitié se mette à vibrer !
Car c'est le Tao qui met notre prochain sur notre route. S'il est arrivé là, c'est tout simplement parce qu'il n'a pas pu faire autrement que faire naître cet instant présent, aussi faut il accueillir l'instant tel qu'il est. Ne pas voir en lui des imperfections, mais l'aboutissement d'une longue chaine de cause à effet, qui ont mis sur notre route cet envoyé du Tao qu'est notre prochain.

vendredi 6 mai 2022

Céder la place

 Le Tao et son mystère sont en nous comme en chacune des choses de cet Univers. Chaque homme, chaque chien, chaque insecte, mais aussi chaque plante et chaque pierre émanent du Tao et sont donc emprunt de son mystère. Mais le Tao est d'une discrétion absolue, il nous laisse donc croire  que nous sommes cent pour cent autonome, il nous laisse le libre arbitre. Et ce, d'une manière tellement remarquable, que nous pouvons passer une vie entière sans identifier le Tao.
Pourtant, celui qui laisse vivre en lui le Tao, n'est jamais déçu. Comment pourrait-il l'être puisque le Tao est sans désir. Pas de désir, pas de déception, et même de temps à autre d'agréables surprises, quand ce n'sont pas des instants de grâce. 
Mais pour vivre cela, il faut apprendre à céder la place au Tao. Et il faut lui laisser l'initiative. Or qui
L'homme et son désir.
prend l'initiative en nous, si ce n'est notre ego ? Aussi, pour voir le Tao à l'œuvre il convient de se départir de notre ego. Certains, dont je fais partie disent qu'il faut mourir à soi-même. Il faut dire adieu à notre ego et ses désirs, adieu à notre ego et ses actes, se mettre en retrait. En faisant cela, c'est comme si nous enlevions une paire de lunettes déformantes. Tout devient clair, les liens entre les choses nous apparaissent, ils étaient masqués par nos désirs et nos actes. Et ces liens naturels ont toujours été là, rien de surnaturel dans tout ça, non, le Tao est la quintessence de la vie. Le Tao, c'est l'intelligence de la vie. Pour la voir et vivre avec, il faut apprendre à vivre sans ego.
Au début, il y a quelque chose de magique, tant notre vue était brouillée par les désirs et les actes de notre ego. Les choses simples de la vie nous apparaissent comme des miracles. C'est que nous avions pris l'habitude de passer à côté.
Se mettre en retrait, ne plus faire confiance à l(ego, c'est écouter ses intuitions, son instinct, c'est faire confiance à son cerveau reptilien plutôt qu'à son cortex. C'est donc vivre de façon un peu primitive, revenir au jardin d'Eden quand Adam et Eve (sans fruit du savoir) étaient en connexion directe avec Dieu. Notre mental, tellement essentiel pour survivre est l'ennemi de notre bonheur. Vivre avec, c'est s'enfermer dans des convoitise et des élucubrations noires (le mental imagine toujours le pire pour survivre) attention à la déprime !
Au contraire l'homme du Tao a une confiance absolue dans le monde qui l'entoure. Il fait corps avec le Tao et se meut donc suivant les lois de la Nature. Attentif à ses intuitions et a son instinct, il agit sans être l'auteur de ses actes. Il a cédé la place au Tao.

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