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samedi 15 juin 2019

Le Tao en action



Le Tao est un mystère et c'est ce mystère qui lui donne une dimension sacrée. Car si le Tao, comme le dit Lao Tseu a précédé les dieux, sa mission est tout autant sacrée. 
Le Tao n'est pas éloigné de ce que les religieux appellent le divin. La différence vient du fait que les Taoïstes mettent ce mystère au cœur de la nature, de la vie, alors que nombre de religions mettent en scène un (ou plusieurs) Dieu créateur(s). 
Retrouver cette source que chacun héberge, souvent sans le savoir, est la clef que proposent les Taoïstes. Pour s'y référer, rien de plus simple (en apparence) faire taire le mental, laisser filer les pensées jusqu'à laisser de la place à ce qui se rapproche de l'intuition. 
Cette intuition peut paraître magique, mystérieuse. En fait, elle l'est par essence, car elle participe du mystère de la vie. Pourtant, à y regarder d'un peu plus près, elle s'explique par les liens sensoriels, essentiellement les 5 sens mais aussi la proprioception, qui existent entre l'individu et son
environnement et qui surgit lorsque l'individu se libère de l'ego. On le voit, l'instant présent, le lieu et l'instant sont le théâtre de l'intuition. Tout le reste est le propre du mental. et de l'ego Si ce dernier agit on coupe aussitôt le fil de l'intuition en se réfèrent au passé ou en imaginant l'avenir. Or l'intuition a trait à l'immédiateté. Et as-t-on besoin d'autre chose que l'immédiat pour agir ? Etre à l'écoute de cet immédiat, de cet ici et maintenant est l'une des clés du Taoïste. Mais, que l'on se rassure, le Taoïste n'en est pas pour autant le détenteur d'une quelconque mission divine. 
Car le propre du Tao est d'être sans désir, et sans agir. Aussi le Taoïste n'apporte aucun désir  qui pourrait venir d'un reste d'ego et pas plus d'acte personnel. Est-ce pour autant que l'on pourrait qualifier le Taoïste de je-m’en-foutiste ? Certainement pas ! Car dans son retour à l'équilibre, le Tao
est à l'oeuvre. Et Lao Tseu insiste bien en disant qu'il n'est rien qui ne s'accomplisse par le non-agir.
Finalement, ce mystère du Tao me fait penser au mystère de la chute d'Adam et Ève dans le jardin d'Eden. Car au fond, Adam et Ève étaient en communication directe avec Dieu avant de goûter au fruit de la connaissance du bien et du mal, et de céder à la tentation du désir (incarné par le serpent). Aussi avant le fruit, ils étaient intuitifs et suivaient le Tao (l'intuition sacrée) sans avoir besoin de quoique-ce soit d'autre. Après le fruit, après avoir succombé au désir, ils voient qu'ils sont nus, c'est à dire qu'ils se placent dans le temps et l'espace dans un devenir et un agir, leur ego est en construction.
Mais qu'ont donc fait Adam et Ève ? Que n'ont-ils rendu le fruit au serpent ! Et faire vœu de non désir ! Toute la philosophie du premier et deuxième testament aurait ainsi pu être évitée. Car oui, il faut en chacun de nous une part de sacrée, dont le mystère tient au fait qu'elle est inépuisable. Si nous puisons en elle toute la force d'amour qu'elle nous voue, il est certain que l'histoire de l'humanité s'en verra transfigurée.  

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