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vendredi 13 septembre 2019

La Raison



Le cœur a ses raisons que la raison ignore... Inconsciemment, nous percevons que la raison du cœur n'est pas la raison du mental. Notre être est capable de vivre sur deux modes. Un raisonné, peu ou prou réfléchi, celui du mental, et l'autre intuitif ne dépendant que de l'instant présent, celui du cœur. La sagesse occidentale serait tentée de nous dire de ne faire confiance qu'à la raison du mental. Le problème est que le mental utilise la mémoire pour réfléchir et qu'ainsi il se coupe sans vergogne de l'instant présent, rendant la "raison" peu compatible avec le contexte qu'est la vie. 
Or l'homme ordinaire veut profiter de la vie, est-ce là le meilleure moyen d'y parvenir ? Au contraire, celui qui fait confiance en son intuition suit le fil de la vie. Il lâche prise de tout ce qu'il a connu auparavant et suit le fil ténu de son intuition, fil auquel Lao Tseu a donné le nom de Tao, il y a 25 siècles.  
Le Tao n'est pas facile à ressentir, en effet, il convient de lâcher prise de tous ses désirs pour se connecter au Tao véritable. Par contre, une fois ceci réalisé (la fin de vos désirs) votre intuition ne vous trompera plus. Comprenez bien qu'il est nécessaire de ne plus avoir de désir afin de ne pas polluer l'intuition en provenance du Tao, qui lui aussi est sans désir ! Quand les potentiomètres de vos
désirs sont au plus bas, il devient possible de ressentir ce que le Tao appelle. Et 90% du temps le Tao n'appelle rien, normal, me direz-vous, pour un être sans désir. Mais le Tao opère inlassablement par le retour à l'équilibre entre le Yin et le Yang. Aussi, de temps à autre, il est bon de favoriser cet équilibre, et voici donc ce que suggère le Tao.
Ainsi, il sera bon d'aider les hommes à conserver les équilibres dans leur cadre de vie. Lao Tseu : une espèce d'écologiste avant l'heure... Rien que de plus normal car le Tao c'est la vie et la vie vient de la nature.
Et notre cœur, c'est notre nature qui s'exprime. C'est notre naturel, celui que souvent ont dit avoir perdu au contact de notre métier et parfois même au contact de notre conjoint. Comment dès lors, être fidèle à soi-même ! Non, il est encore temps de lâcher prise. Il est encore temps de renoncer aux richesses, de renoncer au pouvoir, de renoncer au savoir, aller j'ose, de renoncer à soi-même, à son ego !
Vous y êtes ? Si oui, alors vous êtes à l'écoute du Tao. Vous êtes dans le Saint des Saints, et vous n'entendez rien, c'est normal le Tao est sans désir. Par contre, vous voyez sous un jour nouveau, les déséquilibres vous sautent aux yeux,
votre vue n'est plus polluée par vos désirs. Vous pouvez alors commencer par rééquilibrer votre entourage, et votre vie va commencer à tourner plus rond. C'est cela l'équilibre du Tao. Pas de miracle, rien que du naturel ! En retour, vous vous sentirez tellement mieux que vous ne pourrez plus revenir en arrière, vous ne pourrez plus à nouveau vous encombrer de désirs. Ainsi, pour vous, la raison sera faîte d'intuition, de cœur, de Tao ! 

samedi 7 septembre 2019

Le Saint Homme



Le Tao est l'âme de la nature, la source de vie sur Terre. Le Saint Homme recherche la paix du Tao en lui et autour de lui. C'est donc avec zèle qu'il s'applique à être naturel pour lui-même et pour son environnement. Le Saint Homme se fond dans la nature, il s'harmonise. Il n'est pas rare de voir le Saint Homme faire des mouvements lents au pied d'un arbre : il fait communion avec la nature. 
Le Saint Homme sait que l'autre est guidé par son ego et non par le Tao, aussi, il communique non par la parole, mais par l'exemple. Il ne cherche pas à tout prix à convertir, mais aide celui qui cherche la paix intérieure. Car le Tao n'en veut à personne, mais celui-ci ne peut satisfaire tous les ego ! Aussi nombre de personnes s'épuisent à aller contre le Tao, contre leur naturel.
Le Saint Homme agit avec la nature ; quand il est temps de semer, il sème quand il est temps de récolter, il récolte. Et il agit dans l'instant présent sans trop ni réfléchir ni ressasser mais son action est spontanée, elle suit le Tao. Car de par le Tao, il n'est rien qui ne s'accomplisse. Aussi, le Saint Homme donne l'impression d'agir, mais en réalité c'est le Tao qui coule à travers lui. Et le Tao lui-même n'agit pas, il se contente de revenir à l'équilibre. Wu Wei, le Non Agir est donc le mode d'accomplissement du Tao et du Saint Homme.
L'homme ordinaire est rempli de désir, il veut une belle femme, une belle situation, une belle voiture, une belle maison... la plus grosse part de tarte ! Le Saint Homme, lui se sait Un avec le Tao sa
situation est donc celle du Tao et il s'en contente, mieux elle le comble, car il est sans désir. Aussi, le Saint Homme est d'une humilité sans faille. Il donne ce qu'il a et il reçoit du Tao, et après avoir reçu, il donne encore. Et il peut le faire parce qu'il n'attend rien pour lui, il est sans désir.
Le Saint Homme ne profite pas de la situation, il sait qu'il n'y est pour rien, aussi il ne s'en glorifie pas. Il laisse volontiers la gloire à un autre même s'il sait que c'est un cadeau empoisonné, cela fait partie de l'apprentissage de la vie, de l'école du Tao.
Humilité, Non Désir et Non Agir sont donc ce qui caractérise le Saint Homme. Habillé de ses vêtements simples vivant dans une humble demeure avec sa famille roulant dans une voiture d'occasion et laissant volontiers la plus belle part de tarte, il suit la vie avec confiance car il a foi dans le Tao. Et Lao Tseu nous dit :" la foi n'est pas la foi, si elle n'est pas totale".
La nature, le Tao,  ne peut se vouloir de mal à lui-même, c'est pourquoi le suivre est sans danger, même, c'est un refuge (à l'abri des cornes du rhinocéros nous dit Lao Tseu). C'est donc en toute confiance que le Saint-Homme endosse ces habits que sont le Non Désir et le Non Agir, et qu'il voit avec délice, où cela le mène. 
Ainsi, d'instant présent en instant présent, il non agit, ne cédant à aucun désir, spontanément n'écoutant que sa conscience harmonisé avec l'instant du Tao, le Saint Homme se laisse couler dans le flot de la vie, ne laissant aucune trace pour la postérité.

vendredi 30 août 2019

Wu wei



Wu wei ou encore le Non-Agir est un des piliers de l'oeuvre de Lao Tseu.
On pourrait croire qu'il s'agit de ne rien faire, de traîner la patte, d'être fainéant ! Mais pas du tout ! Le Saint Homme observe le Tao et voit qu'il procède par un retour à l'équilibre sans rien faire. Ainsi en ne faisant rien, le Saint aide le Tao à s'accomplir. Par exemple le Saint plante une graine, et laisse la nature faire l'arbre. Le Saint Homme ne s’enorgueillit surtout pas du résultat qui est le fruit du Tao à la croisée de la nature et de lui-même. Tout est Tao, seuls (et ils son nombreux) les ego s'en écartent. L'homme égotique a des désirs, des envies, des projets. Ceux-ci sont indépendants du Tao, et parfois il s'épuise à aller contre le Tao. Parfois, au contraire, tout lui semble facile, c'est

qu'il va dans le sens du Tao sans le savoir. Et lui, de s'enorgueillir, "vous avez vu ! Fastoche !" s’appropriant ainsi le fruit du Tao. 
Le wu wei dit : il ne sert à rien de lutter. Ainsi dans les arts martiaux Chinois on ne lutte pas contre son adversaire, on l'observe développer son énergie, on la canalise pour "l'aider" à chuter, et cela avec un minimum d'effort. Les moines des temples Shaolin son passés maîtres dans ce type d'exercices. Observant le Tao, ils ont développé nombreuses autres figures d'évitement.
Celui qui a vaincu son ego fait ce qu'il peut en harmonie avec le Tao. C'est pourquoi, lorsqu'une corvée se présente alors qu'il est en société, il n'hésite pas à en prendre la charge. Il sait en effet que lui le fera en harmonie avec le Tao, tandis que l'homme ordinaire risque de pester et de s'en prendre à la
 Terre entière.
Ainsi, le Saint Homme fait équipe avec le Tao, il s'harmonise, mieux il s'unit. Et cette union est en fait une retrouvaille, car seuls ses égarements égotiques de jeunesse l'avaient éloigné un temps du Tao. En effet le petit enfant naît par le Tao et baigne dans le Tao dès son plus jeune age. Pour avoir une idée du Wu Wei, il suffit d'observer la manière dont procède un nourrisson pour que tout tourne autour de lui... l'art de ne rien faire !
La spontanéité du Saint Homme est un point clé du Wu Wei car le Tao agit dans l'instant présent. Aussi, celui qui souhaite aider et suivre le Tao doit se rendre totalement et instantanément disponible, en un mot : spontané. Par cette spontanéité émane de lui un naturel profond, le Tao ne dénature pas, il révèle, il met en valeur, mais sans excès.
J'ai longtemps eu du mal avec le Non Agir, qui me semblait mystérieux par rapport au Non Désir. C'est que je ne comprenait pas bien les enjeu de l'ego. Dans le Non Agir, il s'agit de faire en s'effacent devant autrui. Il s'agit de lâcher prise et surtout de sa propre personne, de son propre ego. Bref ne pas avoir de désir de grandeur. L'humilité du Saint
Homme est donc un autre point clé du Wu Wei. Il faut bien comprendre que le Tao, et par voie de conséquence le Saint ne peuvent se prévaloir de leurs œuvres car la pierre angulaire de tout acte de retour est le vide, et rien n'est plus humble que le vide.

vendredi 16 août 2019

Etre présent



Nombre de philosophies dont celle de  Lao Tseu recommandent de vivre dans le présent. Mais pour nous occidentaux qui vivons avec nos soucis et tracas quotidiens, il est très difficile de ne pas nous laisser prendre par nos pensées et ainsi laisser filer le présent et toutes les leçons et délices qu'il est prêt à nous offrir !
Pourtant, je connais deux exceptions à ce triste constat. La première c'est le petit enfant (de six mois à cinq ans) qui est entièrement ouvert à toute nouvelle expérience, très attentif et réceptif à tout ce qui se propose à lui. Il est partant pour tout, et s'il n'obtient pas ce qu'il désire il hurle à la mort ! C'est que le désir est déjà présent en lui et le fait déraper... Mais qui pourrait en vouloir à un gamin de cinq ans. Aussi, on lui passe ses caprices, d'autant que vivant dans le présent, il passe très rapidement à autre chose.
La deuxième exception est le fou. Je vous parlerai de celui que je connais bien : le bipolaire dans ces phases d'euphorie. Le bipolaire oscille entre deux phases : l'une de déprime sévère allant jusqu'à l'insomnie complète sur plusieurs semaines, l'autre d'euphorie que je vais détailler. En phase de
déprime le bipolaire est constamment dans ses tracas et soucis, il se demande ce qu'il pourrait bien faire pour aller mieux il désirerait tant aller mieux qu'il est en pleine spirale vicieuse liée au désir. Il n'en a bien sûr pas conscience et sombre dans les bas fonds du désir. Il est très difficile pour lui de sortir de cet état où il se donnerait volontiers la mort s'il était suicidaire. 
Pourtant, les saisons passent et arrive le printemps, l'humeur change et le désir se fait moins fort. Le bipolaire commence à reprendre goût à la vie. Petit à petit il s'intéresse de nouveau aux petits détails qui rendent la vie agréable. Et il y est beaucoup plus sensible que l'homme ordinaire parce qu'il en a été privé pendant toute sa phase de déprime, qui est saisonnière mais qui peut parfois durer plusieurs années. Il va alors tenter de vivre pleinement l'instant présent. Et ainsi, si lui est pleinement dans l'instant, ses proches
vont croire qu'il passe du coq à l’âne et le trouver très incohérent. Le pire est que le bipolaire n'est pas nécessairement exempt de désir, et va donc s'irriter facilement sur ce qui le contrarie. Il va alors partir dans des discours proches de la logorrhée rendant son entourage encore plus confus. 
Le bipolaire, c'est un petit enfant de cinq ans qui a quarante ans ! Ça fait désordre, et ça finit à l'asile psychiatrique.
Pourtant, dans ces phases de communion avec la nature le bipolaire engrange une expérience très forte qui le marque pour le restant de ses jours. On peut dire qu'il vit l'instant présent au point de s'y brûler. Si l'on pouvait vivre l'instant sans se brûler auprès du désir. Ce serait sans doute ça l'éveil !
Alors essayons de vivre l'instant sans en abuser dans un doux amour de la vie, en communion avec le monde. C'est un juste milieu à trouver : l'art d'être présent.  

vendredi 19 juillet 2019

La Vertu



Tao Te King signifie Classique de la Voie (Tao) et de la Vertu (Te), ou peut-être, Classique de la Vertu de la Voie. Car dans l'esprit de Lao Tseu les vertus sont misérables au regard de la Vertu qui est celle du Tao, celle de la Voie. 
Les vertus des philosophes sont issues de la morale, de ce qui est bien par opposition au mal. Elles deviennent ainsi dogmatiques et n'ont pas la souplesse du Tao. On parle aussi de vertus par exemple pour une plante, cette vertu est un fait. la plante est bonne pour la santé d'un organe on ne peut le nier. Et bien ce que dit Lao Tseu c'est que le Tao possède une vertu Universelle valable pour les dix-mille êtres (pour la multitude), celle de la Voie, celle du Tao.
En se conformant à ce qui est naturel, en se contentant d'être le reflet de la nature, en ne désirant rien d'autre, et en n'agissant pas contre la nature, on fait tout simplement ce qui est bon pour le cosmos. Et
cette bonne action est gratifiante, vertueuse. C'est là le secret du Tao.
Ainsi peut on parler du Saint Homme qui suit la Voie du Tao, qui se fond dans la nature, qui ne s'approprie pas ce qu'il fait, qui donne aux autres ce qu'il reçoit, et qui de ce fait reçoit encore (du Tao). Le Saint Homme est pure harmonie.
On pourrait croire qu'il est difficile d'atteindre ce but (celui du Saint Homme) mais en réalité Lao Tseu nous confie quelque chose de précieux : la voie du Tao est la plus large, la plus facile. Observer la Nature, et lâcher prise de tout ce que l'on désire, devenir un homme sans ego, sans fierté, voilà ce que tout homme peut atteindre. 
Et pourtant l'homme ordinaire préfère les richesses, la renommée, le pouvoir et le savoir. C'est que l'on se laisse facilement flatter par toutes ces choses. Le Saint Homme lui, dispose des mânes infinies
de la nature, est connu pour être simple, agit par le non-agir du Tao, et connait toutes les arcanes de l'instant présent. Et ce faisant, il fait preuve de toute la vertu du Tao.
Le Tao donne tout, pourquoi en vouloir plus ?
On comprend dès lors pourquoi Lao Tseu fait fi des petites vertus des philosophes. Une seule attitude permet de se confronter à toutes les vicissitudes de la vie. De ressortir grandi au regard du cosmos même si souvent il faut passer pour un parfait abruti au regard du vulgaire.
Car la voie se partage peu, c'est l'amer constat que fait Lao Tseu : peu nombreux sont ceux qui le comprennent. C'est là la mesure de son succès certes ! Aussi, la vertu ne se mesure pas à l'aune de nos amis, fussent-ils très bon ! C'est l'harmonie entre soi et le Cosmos qui reflète la Vertu.
Généralement, quand les frissons sont là, l'harmonie n'est pas loin. Et il n'y a pas de mot pour dire cela : Allah, Yawé, Jupiter, Shiva, Jésus, Tao... ne sont que des mots. La Vertu, elle est indicible. Elle se pratique, voilà tout.
Voilà pourquoi Lao Tseu préfère aller sans but comme le petit enfant qui se fond encore dans la nature et l'instant présent.

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